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FLORE OU LA RAGE DE VAINCRE - II : L'écorchée vive

Publié le 10 mars 2008 par Aurore @aurore
FLORE OU LA RAGE DE VAINCRE - II : L'écorchée vive Merci à TOI qui me liras jusqu'au bout sans défaillir...       FLASH-BACK -Chapître II : l'Ecorchée vive..... J'avais bien 13 ans lorsque le destin décida de me mettre à l'épreuve.Juste après mon dernier voyage en Angleterre offert par les soeurs, voyage d'apprentissage de la langue ou je veçus dans une famille. Souvenir des petis dejeuner, de la plage ou il faisait si froid, souvenir de Londres..souvenirs d'un accueil..d'une amie..l'orphelinet ferma définitivment ses portes pour accueillir des personnes âgées. Toutes les sours partirent sauf une soeur Sylvie de la cuisine. Pupille de l'Etat je me devais d'obéir aux choix de la très haute instance pour ma vie à venir. Comme si elle était la leur, je me devais d'étre sage mais surout résignée. C'est ainsi que je me retrouvais dans un foyer de jeunes adolescentes rue Bourbon à Moulins mais avant, faute de savoir ou l'on voulu me mettre la DDASS me plaça en intermittence de mon école "NOTRE-DAME" dans un foyer d'enfants déficients. J'avais une chambre seule et j'avais pour copines les infirmières et les enfants.  Un jour en rentrant de l’école, j'ai pris la poudre d'escampette, crise d'adolescence ? Non, refus, refus de retourner là-bas. Refus, cris et pleures de voir ces enfants dans cet état casiment abandonnés, j'hurlai à Dieu ma colère. Je filais à toute vitesse sans savoir vraiment où j'allais.Bien vite je fus rattrapée par une fourgonnette bleu. Bien vite ils m'empoignèrent et pour la première et seule fois de ma vie je me suis vue les poings liés par des bracelets métalliques.Je m'enfonçais dans mon silence. L'Etat prit alors la décision de me "placer" dans un foyer de jeune fille. Ma chambre était partagée avec trois autres filles qui allaient dans une école de couture, non loin. Moi, je traversais la ville à pieds chaque matin, midi, soir pour regagner mon domicile. Je parcourrais ainsi 12 km chaque jour. J'étais en quatrième mon cours favori fut le latin  je me délectais dans cette matière. Lorsque qu'arrivait le midi, j'entreprenais une course folle pour rejoindre le logis, la table... Le repas. Hélas, ce n'étaient plus que des déchets que je trouvais. Cette salle au rez de chaussé, juxtaposait la pièce de détente et la petite cuisine. Les appartements de la directrice donnaient sur cette dernière. " Tu n'avais qu'à te dépêcher si tu voulais manger. Tu traînes toujours, c'est de ta faute...» Il ne me restait plus qu'une seule chose à faire , rebrousser en direction des cours le ventre vide. Les soirs, il n'était pas question de bavarder, mes compagnes  m'avaient prise en grippe et souvent je retrouvais des ordures dans mon lit, ou alors mes copies de devoirs maison déchirées.  Je me levais durant la nuitée pour les rédiger de nouveau. Nous avions un surveillant de nuit. Il montait avec une lampe de poche, et de la bière dans ces poches la plupart du temps, il passait vers chacune d’entre nous. Je m'enfonçais dans ce lit de ferraille à la couverture râpeuse marron et je fermais très fort les yeux ainsi il croyait que je dormais. Je l'entendais lui et les autres rirent. Quelques fois il y avait un grand chahut, des hommes étaient là. Un jour l'une d'entre elles, enceinte se pressait vers le petit lavabo du grand dortoir, prenait son sein et en faisait couler un liquide blanc, du lait ... Oh, pourquoi l'orphelinat avait-il fermé ? Pourquoi étais-je ici? Je le savais, moi bien sur! Mon père n'avait pas voulu me reprendre, il s'était remarié. Quand à ma mère elle avait disparue. Mes sœurs étaient au loin et mon frère je n'en avais plus de nouvelles depuis fort longtemps.Mon refuge total fut l'école. Avec zèle et facilité j'apprenais les poèsies,les rôles de Molière en entier, j'eu même le droit d'aller à l'opéra le jeudi après midi! Mon professeur d'anglais qui était fort doué dans le théâtre me proposa des cours et d'entrer dans sa troupe pour un grand tournage dans un château à Bourbon Lancy. Il me fallait tenir, progresser durant une année entière. Ce que je fis en pensant très fort à "Faust de Goethe" qui dès à présent devint mon secret. Mon passage en troisième fut un succès.  Ma vie au foyer n'avait pas changé, c'était toujours la course à la montre. J'avais faim. Je m'aigrissais. Je tenais bon. Pour me faire un peu d'argent de poche je coiffais ces demoiselles le dimanche matin. Elles s'apprêtaient pour sortir, moi je m'apprêtais pour faire mes devoirs. Mon livre de chevet fut le "bourgeois gentilhomme". Tous les textes de tous les personnages je les dévorais. Le challenge était lancé : monter cette pièce seule, faire répéter "ma petite troupe" pour la fête de l'école. Mon professeur d'anglais en était très fier ainsi que le directeur de l'opéra de Moulins et moi j'étais au sommet de mes sensations. Ils disèrent que je devais demander après la troisième de rentrer à la grande école de Strasbourg. Ce fut un réel succès.  Cependant je dois avouer que j'ai volé oui j'ai volé à cette fête. Nous devions vendre des enveloppes et donner l'argent à Madame la supérieure. Moi je l'ai gardé, je l'ai gardé pour acheter des bonbons et faire du manège.  Le nom de voleuse ne colla aux oreilles. Juin arriva rapidement et l'examen du brevet aussi. J'avais été tellement rapide à répondre aux questions de l’épreuve française et mathématique, que j'étais certaine de l'avoir "loupé".  Habillée à l'extravagance, pantalon troué, bariolé de peinture fraiche, tee-shirt juste au dessus de mon nombril, je me haussais pour scruter la liste des lauréats. IL y avait bien mon nom, je me frottais les yeux, mais non j'avais vu juste. Un certain bonheur m'envahissait. Il me fallait maintenant attendre  deux long mois de vacances Michelle la directrice celle du foyer  me proposa de travailler dans un restaurant à Bourbon l'Archambault. Nous avions été deux à être choisies, Brigitte et moi même. Un certain monsieur Marceau de son nom nous fut présenté.Lhomme était d'allure asse forte cheveux châtains avec un regad rieux. Les adultes disaient qu'ils avaient le droit que nous risquions rien d'aider un peu en cuisine. Brigitte était déjà partie, lorsque Monsieur Marceau vint me chercher "Dépêche toi petite nous avons de la route à faire. Ne prends pas grand chose tu seras vêtue là-bas." Une Inquiétude et un certain dérangement s'installèrent en moi, je tremblais un peu. Le voyage se passa en silence. Il s'arrêta. Chercha mes lèvres. Soudainement je pensais que j'avais oublié mon livre de "Faust" il me le fallait car la représentation était en aout. Je lui demandais  de rebrousser chemin et que si il ne voulait pas je m'enfuirais. Il exécuta. Au foyer je cherchais des yeux la monitrice, personne il n'y avait personne. L'homme m'attendait. Je n'ai pu que revenir vers lui. Tapis au fond du siège, je serrai contre moi mon précieux livre.  Je faisais mine de réciter mes réparties afin de ne pas croiser son regard, afin de me faire oublier.   A l’approche du restaurant dans lequel je devais travailler, j’ai eu comme un sentiment de soulagement. Un certain tremblement en moi, indiquait mon émoi. La patronne me parut gentille, je la suivis timidement. De suite elle m’expliqua que je devais être souriante, gaie, que c’est tout ce qu’elle me demanderait. Elle me guida vers la cuisine où une pille d’assiette m’attendait. Sans avoir déchargée ma maigre valise, ni ma future chambre je me mis au travail. Je pensais en avoir fini avec tous ces torchons mouillés. Le responsable cuisinier me demanda de l’aider à préparer les entrées, puis de commencer le service. Le soir arriva, tard il était très tard, mes yeux de jeune adolescente se fermaient, enfin j’allais pouvoir me coucher. Une chambrette m’avait été désignée au premier dernier étage. J’eu à peine le temps de refermer la porte que l’homme était là derrière moi.il me coucha une main sur ma bouche posa son poids sur moi et de l’autre il écarta mes jambes. Je gigotais pour le soulever, je le poussais avec mes genoux .Il s’enfonça, se releva et dit :   «  Tu voies ce n’est pas si terrible que cela ! je reviendrai. »   J’avais mal au ventre, mal aux cuisses, mal de partout dans mon être, dans mon corps.Le sang coulait entre mes jambes. Me frotter, frotter, encore et encore plus fort, enlever cette odeur d’homme, retenir mon cœur, telle fût ma réaction.   Dés le lendemain je rendis visite à Brigitte qui travaillait dans le restaurant d’à côté. Accompagnée d’elle, je racontai mon histoire à son employeur qui pris les mesures pour me faire partir.   C’est ainsi que je regagnais le foyer de Bourgogne. Je fus interrogée, je fus ausculté, convoquée aussi devant le prieur de la ville de Moulins.   « Avait il enlevé son pantalon ? Qu’avait –il  sur sa jambe ? » « Rien » « Si, il a un tatouage tout le long de sa jambe, une croix, de plus ce Monsieur âgé de quarante cinq ans est le directeur du foyer des garçons, nous ne pouvons te croire. » Ainsi l'affaire fut éttouffée. Les années se succédèrent devant la dure réalité des foyers de jeunes filles, souvent pas très sérieuses, coucheries, duperies. Moi je gardais tout le bonheur que les soeurs de l'orphelinat m'avaient apporté et que bien soigneusement j'enveloppais dans mon cœur. J’obtins mon bac  Economie-Politique. Ma vie de Jeune femme commençait. AURORE -2008 (...Histoire...) ...A SUIVRE... un petit rappel ! CLIQUES SUR L'IMAGE On croit souvent que le bonheur  C'est peut etre pour demain Mais alors Si il est peut être pour demain  Il peut être aussi pour aujourd'hui !

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