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Le vrai travail

Publié le 27 avril 2012 par Malesherbes

Notre président a d'abord nié avoir parlé de vrai travail. Si vous ne l'avez pas entendu prononcer cette formule, vous pouvez vous reporter ici, où zorrodeconduite affiche la vidéo et le verbatim de cette intervention.Devant l'évidence, Nicolas a fini par admettre que cette expression " n'était pas heureuse". Comme quoi notre prince ne se rend pas toujours compte de ce qu'il dit. Mais maintenant, si nous revenions un peu à ce qu'il a raconté.

" Je vais vous expliquer ce que c'est que le vrai travail. C'est celui qui a construit toute sa vie sans demander rien à personne". Très aimable de sa part. En effet, je ne savais pas ce qu'était le vrai travail. Je connaissais le travail pénible, gratifiant, important, considérable, que sais-je ? Je n'avais encore jamais rencontré de vrai travail et encore moins de faux travail. Si, peut-être, celui censé être réalisé par les heureux titulaires d'emplois fictifs. Mais ce qui est remarquable, c'est la beauté de la syntaxe : " le vrai travail, c'est celui qui a construit toute sa vie... ". Généralement, ce sont des hommes qui construisent leur vie, pas le travail. Mais passons.

Il poursuit dans la même veine : " Le vrai travail [...] C'est celui qui connaît la crise, parce que quand il y a la crise, il est pénalisé, par le chômage partiel, par le carnet de commandes qui diminue ". En fait, Sarkozy est incapable de saisir les événements dans l'ordre où ils se produisent. Il peut d'abord y avoir une baisse du carnet de commandes et c'est cette baisse qui impose ensuite le chômage partiel. Et ce qu'il omet ensuite soigneusement de mentionner, c'est que le chômage partiel peut conduire à la cessation d'activité, au licenciement et au chômage total. Si l'on suit les méandres de ce qui tient lieu de pensée à notre président, le vrai travail, c'est le chômage. Tandis, sans doute, que le faux chômage, c'est le faux travail.

Au passage, on aura aussi appris ceci : " Le vrai travail, c'est celui qui se dit, oh, je n'ai pas un gros patrimoine, [...] Ce patrimoine-là, on ne me le volera pas parce que c'est le mien ! " Deux remarques : on découvre un travail qui parle, qui se dit des choses, et on ne volera pas le patrimoine. Donc, notre candidat préconise la suppression des droits de succession, qui constituent un vol des héritiers. Aurait-il oublié que ces droits assurent dans une société fondée sur l'égalité, une redistribution partielle des patrimoines, imposant à chacun de travailler pour gagner sa subsistance et évitant la floraison des " fils de ".


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