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Plutôt brun que rouge !

Publié le 28 avril 2012 par Radicallibre77

C’est vers ce vieux reflexe de la droite française que Nicolas Sarkozy engage l’UMP et ses alliés.

Depuis les résultats du 1er tour des élections présidentielles, le 22 avril, le candidat de l’UMP, du Parti radical valoisien, du Nouveau centre et d’autres petits groupuscules de droite, a orienté sa campagne dans l’optique de donner satisfaction aux électeurs du Front national et de conquérir ainsi leurs suffrages.

A partir de là, tout est bon pour dénigrer, mentir, désinformer ou encore lancer des rumeurs sans fondement.

Le candidat Sarkozy, qui ne s’est pas distingué par la qualité de son engagement républicain durant son mandat, est conseillé par un ancien militant de l’extrême-droite, Patrick Buisson, qui mène la campagne présidentielle, en direct avec Sarkozy, après en avoir écarté les dirigeants humanistes de la majorité présidentielle de 2007.

La « droitisation » comme cela est appelé à l’UMP s’est donc rapidement imposée comme la ligne directrice de la campagne de ce second tour. Mais, d’une campagne habituelle de droite, sécuritaire et libérale, nous sommes passés à une campagne xénophobe et de discrimination entre Français.

Sarkozy a donc donné ce virage à sa campagne dans le seul but de séduire des électeurs qui ont choisi de donner leur vote à une candidate d’un parti qui, s’il participe au processus démocratique de la République, n’en est pas pour autant un parti républicain. Et par ce virage, le candidat de l’UMP nous montre aussi son peu d’attachement aux valeurs de la République que sont l’humanisme, l’universalisme, la fraternité et la laicité.

Après avoir, durant son mandat, ruiné les finances de la France, en augmentant la dette de 600 milliards d’euros. Après, avoir détruit des centaines de milliers d’emplois, au point de battre tous les records de chomage dans notre pays. Après avoir laissé s’accroitre le nombres de pauvres, qui sont aujourd’hui plus de 8 millions. Après avoir laissé la finance internationale dicter sa loi à la France, au travers du traité « Merkozy ». Après avoir humilié la France en recevant Kadhafi et El-assad avec faste. Après avoir envoyé à la mort des dizaines de jeunes Français à Kaboul. Nicolas Sarkozy s’apprête à vendre les principes de la République pour quelques voix et pour sauvegarder son pouvoir.

Que Sarkozy se sente obligé de s’abaisser à toutes les compromissions pour rester Chef de l’Etat français, cela peut se comprendre. Car la perte de son immunité présidentielle pourrait lui valoir quelques ennuis, notamment sur des questions comme le financement des campagnes présidentielles de 1995 (l’affaire Karachi) et 2007 (l’affaire Kadhafi).

Mais que des éléments, représentants la droite humaniste ou républicaine, comme Borloo ou Juppé, se disent solidaires et soutiens du candidat Sarkozy, représentent un véritable problème de déontologie politique.

Le temps de l’affrontement Gauche-Droite n’est plus celui, où cette dernière voulait faire peur aux classes moyennes en les faisant fantasmer sur l’arrivée de chars russes sur les Champs-élysées. Alors, il lui a fallu trouver un nouvel ennemi. Celui que lui a indiqué le FN est l’étranger et l’invasion de vagues d’immigrés, que faciliterait la gauche.

Une théorie qu’a repris toute la droite. Toute, en effet. Puisque nul, chez les centristes, chez les Radicaux valoisiens, chez les humanistes, chez les démocrate-chrétiens ou encore chez les derniers gaullistes, nul n’a osé contester ou s’opposer à cette politique. La frilosité de ces politiques face à la toute puissance sarkozyste est assez effrayante. En fait de frilosité, c’est plutôt un reniement aux principes qui ont guidé ces courants de pensée depuis l’après-guerre.

Un reniement pour des postes ? Des sièges ? Oui peut être !

Mais surtout parce qu’il existe à droite une certaine « cosanguinité » qui a fait disparaitre tout différence doctrinale entre les partis qui la compose. Ainsi un Borloo a la même base idéologique qu’un Sarkozy ou qu’un Guéant. Et la preuve en est faite par le soutien inconditionnel qu’il apporte au candidat de la droite et du centre, y compris ces derniers jours.

Ainsi, la droite, effrayée par l’arrivée de Socialistes, plus très rouges, au pouvoir, se jette à corps perdu, dans une aventure tragique, qui lui fera perdre son âme et la mènera vers une défaite assurée.

Défaite politique.

Défaite morale.


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