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Les rois de l'assistanat

Publié le 01 mai 2012 par Réverbères
Les rois de l'assistanatAffreux, sales et méchants © Ettore Scola, 1976
Que ce soit dans la bouche de Charles Michel, de Nicolas Sarkozy ou de l’inénarrable Marine Le Pen, la lutte contre l’assistanat est un des slogans à la mode. Ce serait à cause de lui que la « crise » menace nos sociétés fondées sur l’opulence. Cachez ces pauvres que je ne saurais voir !
Comme Wikipédia le précise, le terme d’assistanat désigne péjorativement un système de redistribution des richesses ou de solidarité, dont les effets pervers ruinent la fonction. L’intention – la solidarité – serait noble, mais les moyens mis en place pour l’atteindre conduiraient à des abus individuels et à la faillite de l’ensemble du système ! Les personnes – les pauvres, les défavorisés de la vie, les chômeurs, les étrangers venus ici chercher un peu de ce bien-être que leur pays ne pouvait leur offrir… – ne seraient que des profiteurs vivant au crochet de la société ! Ils ne chercheraient qu’à recevoir de l’argent en refusant de prendre leur vie en mains et de s’enrichir par le travail…
Pourfendre aveuglément l’assistanat est d’abord avoir une très mauvaise connaissance de la réalité, comme l’ont dénoncé très justement M. Samuel Laurent, du journal Le Monde, il y a déjà un an, et tout récemment M. Claude Emonts, Président de la Fédération des CPAS de Wallonie et du CPAS de Liège. Tant en France qu’en Belgique, ce discours anti-assistanat se fonde sur des préjugés, des rumeurs et des idées fausses. Cela n’exclut pas le fait qu’il y a sans doute des abus individuels, comme il y en a malheureusement à tout niveau de la société.
Ces abus ne sont pas nécessairement le fait de ceux que l’on croit ! En réalité, il est nécessaire de lutter contre l’assistanat, pas celui des pauvres, mais celui des riches ! Celui-là est un réel fléau.
M’inspirant d’une argumentation souvent défendue par Isabelle, nous pouvons constater que nos sociétés favorisent un assistanat inacceptable :
  • quand les États renflouent sans arrêt les caisses des banques qui ont des difficultés du fait de la mauvaise gestion de leurs responsables, fondée sur la seule approche financière du profit à court terme ;
  • quand de grandes entreprises ayant profité d’aides accordées par les États ou par l’Union européenne n’hésitent pas à fermer des sites entiers ou à se délocaliser, sans se préoccuper des ravages économiques et sociaux que cela engendre ;
  • quand des administrateurs de grandes entreprises s’accordent des augmentations sans commune mesure avec la réalité de leur travail ou, pire encore, des « parachutes dorés » pouvant leur garantir de substantiels revenus même en cas d’incompétence de leur part ;
  • quand les États se sentent obligés de mettre en place des mécanismes permettant aux grosses entreprises d’éluder l’impôt (intérêts notionnels…) avec comme seul résultat de gros dividendes distribués aux actionnaires qui se frottent les mains, sans même se demander si elles sont vraiment propres ;
  • quand des mandataires publics abusent de leur fonction pour cumuler différents mandats, y compris (et surtout) ceux qui sont les plus rentables ;
Bien sûr, ce sont les entreprises qui sont créatrices d’emploi et par là de cette « richesse » qui contribue au bien-être. Il faut donc effectivement aider les entreprises. Mais il faut le faire dans un cadre bien strict. Il faut le faire dans l’intérêt non pas de la production de profits financiers ne bénéficiant qu’à une minorité de personnes déjà riches. Il faut le faire pour le développement social, culturel et économique de toute la population pour mettre en place les conditions nécessaires à un réel bien-être de chacun, en commençant par les plus faibles et les plus démunis.

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