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Mémé Kamizole à Sarkozy : « Laissez la peur du (drapeau) rouge aux bêtes à cornes ! »

Publié le 02 mai 2012 par Kamizole

Mémé Kamizole à Sarkozy : « Laissez la peur du (drapeau) rouge aux bêtes à cornes ! »

(Jour N - 4) Slogan qui fleurit sur les affiches en mai 1968. Nicolas Sarkozy a voulu fêter le 1er mai et à sa manière - directement inspirée du Maréchal Pétain - en saluant la « valeur travail » qu’il n’a jamais respectée pendant les 5 piteuses de son mandat. Pour des raisons tenant uniquement à ma santé, je n’ai pu participer hier à la grande manif traditionnelle des syndicats ouvriers. Mais croyez bien que le cœur y était. Je ne suis ni n’ai jamais été communiste, même si je fus depuis 1968 adhérente à la CGT…

J’ai même participé à la création de la première section syndicale CGT de l’école d’infirmières Debrousse (rue des Balkans dans le XX° arrondissement) en décembre 1969. C’était tellement nouveau que l’Union locale de la CGT - dont je ne me souviens plus si elle était située rue Pelleport ou rue de la Cour des Noues, voies que j’empruntais chaque matin pour aller en stage à l’hôpital Tenon et bien plus souvent encore pour prendre le métro à Gambetta - fut obligée de demander à la Bourse du travail si nous avions bien le droit d’être syndiquées… Mais comme le statut d’étudiant nous était refusé, et que nous étions - fort modestement - rémunérées par l'AP - no problem.

Pour la toute petite histoire que certains me reprochent - comme si j’étais journaliste et ne devais me préoccuper que des événement politiques ! - mais qui permettent tout au contraire de bien situer « d’où je parle » : une nana de 64 ans et son vécu… En cette fin décembre 1969, nous avions connu à Paris et dans la Région parisienne une vague de froid assez inaccoutumée.

J’étais toujours militante de la JOC - à qui je dois beaucoup en matière d’humanisme chrétien - mais participais également à un groupe de travail à l’initiative d’un prêtre - Pierre Michelin - qui avait été viré de l’aumônerie du lycée de Dôle dans le Jura parce qu’il était PSU et nommé aumônier de l’Armée de l’Air (Bd Victor à Paris). Il se trouvait qu’à l’école - Debrousse B destinée à être fermée en 1970 - plusieurs élèves venaient du Jura et l’avaient apprécié…

Il organisait donc des rencontres entre les appelés du contingent et les élèves infirmières de Debrousse. J’avais, avec ma sœur, autant de copines dans les deux écoles. Nous participâmes donc à ces rencontres, qui avaient lieu le plus souvent en soirée. Mais en cette fin décembre 1969, fut organisé un week-end à Saint-Prix (Val d’Oise). J’étais loin de savoir à l’époque que je m'installerai à Montmorency dans le même Val d'Oise 15 ans après ! Le voyage fut totale galère, la neige étant tombée en abondance sur la Région parisienne et encore pire : les essuie-glaces du copain qui nous conduisait, tombés en rideau… Nous terminâmes le parcours avec des ficelles attachées, glaces ouvertes pour les actionner ! Arrivés à Saint-Prix, la voiture - une Dauphine - refusa obstinément de grimper la côte. Depuis, je n'ai jamais pu la franchir en vélo et avec grand peine en 2 CV.

Toujours est-il que c’est sans nul doute à l’occasion de ce refroidissement que j’attrapai une sacrée grippe. Le soir de la réunion à l’Union locale CGT, je me sentis de plus en plus envahie par la fièvre. Le lendemain matin, rien… Le fameux « V grippal » car j’avais de sérieuses courbatures et mis le double du temps normal pour rejoindre Tenon. Je tins toute la matinée en salle d’Op d’ORL où j’étais en stage. La grippe sévissait déjà, l’anesthésiste avec lequel nous travaillions d’habitude devait assurer la surveillance de 3 ou 4 blocs opératoires… Le lendemain, j’étais définitivement K.O. avec 40 °. C’est bien simple : la moitié de l’école d’infirmières soigna l’autre pendant le restant de la semaine, juste avant les congés de Noël…

Pour clore ce chapitre, une élève infirmière de Debrousse B que je ne connaissais que fort peu, eut un coup de foudre - partagé - pour un appelé qui, s’il m’en souvient, était cuisinier dans le civil… Elle fut aux anges. Ils se marièrent quand il fut dégagé de ses obligations militaires et qu’elle-même obtint son D.E. Je ne sus s’ils eurent beaucoup d’enfants mais j’espère du fond du cœur qu’ils furent heureux. Comme quoi, « les voies du Seigneur sont impénétrables »…

Nicolas Sarkozy ne connaît rien à rien à l’histoire du monde ouvrier sinon il n’oserait même pas proférer cette connerie - frappée du sceau du fascisme - à l’adresse des syndicats : "Posez le drapeau rouge" et "servir la France" (Europe 1, le 1er mai 2012). Rigolons un peu en songeant comment Nicolas Sarkozy a si bien « servi la France » pendant 5 ans : à moins de lui donner pour nom Eliane Bettencourt ? Et ses semblables.

:)

Le drapeau rouge n’est pas l’étendard du communisme mais celui de l’histoire de la classe ouvrière dans son ensemble. Celle à laquelle j’adhère autant viscéralement qu’intellectuellement depuis 50 ans. « Taché du sang des innocents »… de tous ceux qui ont péri sous les balles des réactionnaires, notamment lors de la répression de la Commune de Paris en 1871.

Je donnerais toutes les pétasses de la Cour de Sarko 1er pour une seule Louise Michel qui sut être à l’écoute non seulement des proscrits en Nouvelle Calédonie mais également des revendications de la population autochtone

Mémé Kamizole à Sarkozy : « Laissez la peur du (drapeau) rouge aux bêtes à cornes ! »


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