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Le nouveau président devant le mur des réformes

Publié le 07 mai 2012 par Rcoutouly

 

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Avant son élection, François Hollande n'a cessé  de marteler son exigence du "retour de la croissance", une nécessité si on veut que la France et l'Europe s'en sorte. Il s'agit là de la véritable faiblesse de son programme.

En effet, si l'ensemble des pays de l'OCDE vivent, depuis des décennies, avec des taux de croissance très faibles, ce n'est pas un hasard. Une persistance, sur une aussi longue période, de cette faible croissance n'est pas conjonctuelle, elle est structurelle.

Un seul chiffre permet de comprendre où se situe le problème: l'Europe a dû, en 2011, importer pour près de 500 milliards d'hydrocarbures. Chaque année, depuis des décennies, les pays européens donnent ainsi une part grandissante de leur richesse aux pays producteurs de pétrole et de gaz. Cette part est en forte augmentation devant le renchérissement du prix du baril. Dans ces conditions, il est rigoureusement impossible de faire redémarrer nos économies.

En effet, toutes nos structures économiques sont fondées sur l'usage de ces denrées: véhicules, chauffages, usines, ... Tous nos équipements et nos habitudes de vie sont basés sur la consommation des hydrocarbures.

Pour pouvoir espèrer "le retour de la croissance", il nous faut en effet trouver un moteur à cette croissance. L'histoire des révolutions industrielles est riche des leviers que les sociétés ont su trouver pour déclencher un cycle de croissance:  le textile et la machine à vapeur à la fin du XVIIIéme siècle,  le chemin de fer au milieu du XIXéme, l'électricité et le pétrole au début du XXéme siècle, la diffusion en masse des biens de consommation pendant les 30 Glorieuses.

Tous les défenseurs du retour à la croissance se révèlent bien vagues quand il s'agit de proposer des leviers pour la futur croissance. On parle d'économie du savoir sans jamais préciser comment cela va créer de la richesse. On parle des nano-technologies, de biologie du futur et autres concepts imprécis.

La solution, on pourra plutôt la trouver derrière un seul fait. La filière du recyclage est devenu importante dans l'économie allemande. 64% des déchets ménagers sont recyclés. Cette industrie du recyclage produit de l'électricité et des matières premières. Ainsi, l'Allemagne a pu réduire ses importations de métaux précieux de 5,3 milliards l'an dernier!

Voilà le seul et véritable levier sur lequel peut s'adosser un retour à la croissance: se donner les moyens de disposer de ressources renouvelables et dépendre de moins en moins de ressources fossiles importées, de plus en plus chers. 

Si cette piste était choisi, de manière prioritaire, par le président François Hollande, la France serait gagnante sur deux tableaux: elle fera à terme l'économie de l'achat de ressources fossiles qui la ruine, particulièrement les hydrocarbures. En déclanchant une politique volontariste de renouvellement des équipements pour sortir de ces dépendances (sobriété, efficacité énergétique, recyclage, renouvelable), elle lancera un cercle vertueux qui développera de l'activité, de l'emploi et de la croissance.


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