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Le Messager – Le coût d’une élection

Publié le 08 mai 2012 par Lababole

Céno Dessinateur - La Babole : Le coût d'une élection

 (Source : Le Messager – David Gossart)

Enveloppes, urnes, essence, téléphone, affiches, croissants… Organiser une élection, ça coûte : à la préfecture, aux mairies, et aux équipes de campagne.

Policiers municipaux le jour des élections, tournée des bureaux de vote, préparation des listes électorales, envoi des cartes d’électeurs… Les coûts cachés en heures de travail sont difficiles à chiffrer globalement : chaque commune les gère différemment entre volontariat, heures supp, récup… La Roche-sur-Foron a en tout cas mobilisé sept agents administratifs le jour du scrutin, et 1 300 panneaux électoraux ont été posés par les services techniques sur 13 sites. Dur aussi de chiffrer l’essence et l’électricité consommées.

Quant aux enveloppes de vote, si elles sont parfois de différents bleus, c’est que la préfecture réapprovisionne les mairies selon les besoins de leurs stocks. Différentes générations d’enveloppes se bousculent donc parfois dans vos bureaux de vote.

Un panneau électoral : 88 €

Mais en mairie, l’élection coûte parfois bel et bien des espèces sonnantes et trébuchantes. Par exemple à Scionzier, où la création d’un quatrième bureau de vote a nécessité l’achat de deux urnes et deux isoloirs, auxquels il faut ajouter 10 panneaux électoraux et 20 « fourreaux » pour les panneaux.
Soit 2 600 € au total.

Un panneau électoral en métal (qui reçoit deux affiches), c’est 88 €. Et l’urne en plexiglas avec compteur, plus petite que les antiques et grosses urnes d’avant, c’est 262 € HT. Les isoloirs eux s’échelonnent au prix catalogue entre 168 et 300 €. Les plus chers sont ceux pour handicapés, plus larges d’entrée et à la tablette plus basse.

Auparavant, les communes devaient envoyer des lots d’étiquettes au nom de leurs électeurs pour faciliter l’envoi de la propagande électorale. Ce n’est plus le cas, ce qui leur économise des centaines de planches de 24 étiquettes autocollantes à 11 € les 2 400 étiquettes. Scionzier avait besoin de près de 7 boîtes. Certaines communes, pour économiser du tampon encreur, se sont aussi acheté des enveloppes pré-imprimées à leur en-tête. Sans oublier les envois papier de convocations diverses, ou les immanquables retours postaux de courrier de propagande non distribués.

Si à Nancy-sur-Cluses, chaque élu venu prêter main forte est arrivé avec son sandwich, d’autres communes plus grosses, selon le nombre de bénévoles trouvés, ont dû compter une dépense « frais de bouche ». Quelques dizaines d’euros de croissants du matin ou des coups de 300 € de traiteur le midi. Et pour celles qui se sont rachetées un code électoral : c’est 100 € les quatre environ.

UMP : 2 000 € d’affichettes

Du côté des partis, les affiches et programmes sont fournies par le siège national. Reste quand même les tracts, déplacements, affiches d’annonces de réunions publiques… Le Modem a fait sa campagne avec l’huile de coude, nous explique le trésorier Jean-Marc Louche : tractages et réunions ont été pris en charge par les bénévoles. Le car pour aller à la réunion Bosson-Benhamias à Cornier a été payé par les voyageurs. Seul le car pour le meeting de François Bayrou à Lyon a été payé par le trésorier national au titre de la campagne.

Du côté de l’UMP, on détaille volontiers les comptes. Sur la Haute-Savoie, les affichettes rajoutées sous les panneaux, c’est 2 000 €. Les pots et autres frais de réception : 1 500 €. Les locations de voiture pour transporter un ministre en visite depuis l’aéroport quand il n’y a pas de bénévole disponible : 1 000 €. Les bus pour les meetings : 7 000 €. La « vie » de la permanence : 600 €. Téléphone 540 €, le web 500 €. Portable pour les permanences : 700 € (crédits de communication). Par ailleurs le loyer de la permanence est de 900 €.

Mais Serge Hazard, secrétaire général adjoint, se félicite en face de ces dépenses du nombre d’adhésions pris depuis le début d’année : « On a pris 750 en 4 mois, on en avait 3 000 fin décembre. On a aussi 150 renouvellements depuis le 1er tour. On va finir la présidentielle à 4 000 ».
Sur 30 € d’adhésion, la fédé 74 en récupère en gros la moitié. Et il convient de rappeler que les élus encartés, maires, parlementaires… sont ponctionnés de 5 % de leurs indemnités, que Paris reversent intégralement aux fédérations. Avec 7 parlementaires, la Fédé 74 « vit bien ».


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