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Terdav Trail World Tour, 21e étape: St Jean est en ligne de mire!

Publié le 13 mai 2012 par Sylvainbazin
Ce matin, je suis parti dans un etat d'esprit un peu particulier: cette étape marque la fin de la première partie de mon voyage. En effet, c'est la dernière que j'accomplis en totalité sur le territoire français, et c'est aussi celle qui précède le seul jour de repos que j'ai prévu sur ces six semaines de marche. Je suis un peu moins "concentré" qu'à l'habitude, je pense aussi que je vais retrouver mes parents, venus me voir ce soir à St Jean. La nuit a été plutôt reposante, dans cette confortable maison d'hôte de Lichos. J'y prends le petit déjeuner en compagnie des randonneurs que je n'avais pu rencontrer hier, puisqu'ils avaient déjà regagné leurs quartiers quand j'étais descendu dîner. Ils viennent de Grenoble et parcourent le tronçon Figeac- Roncevaux à raison d'une vingtaine de kilomètres quotidiens. Un peu surpris par la longueur de mes étapes et intéressés par ma démarche, ils me posent pas mal de questions, et nous discutons tout naturellement du matériel à employer ici. Chaussures montantes ou pas, rigides ou souples... Je prends un peu mon temps avant de repartir, et j'attaque très tranquillement le chemin. Les jambes répondent bien cela dit, et mon train se trouve vite assez rapide. La nature, la campagne, se font de plus en plus agréables au fil des kilomètres. Je prends l'option "par les crêtes" pour aller à la chapelle Olhaïby, et découvre ainsi les très bucoliques collines du pays basque. L'ensemble de mon parcours aujourd'hui, et surtout dans la matinée, sera ainsi: calme, uniquement "dérangé" par des engins agricoles, une alternance de sous-bois sauvages, de collines où patûrent vaches et brebis. Les seuls hameaux traversés offrent à mes yeux de belles maisons souvent bien mises en valeur par des volets colorés, et quelques églises. Je trottine, marche vite, comme m'en vient l'envie. Parfois, au contraire, je flâne un peu. Je salue presque systématiquement les animaux que je rencontre: chiens (en leur expliquant qu'ils ne devraient pas aboyer ainsi), chats, vaches, chevaux, moutons et même pélerins... Il y en a quelques uns d'ailleurs, puisque à l'approche de Saint-Jean les différentes voies françaises se rejoignent. J'entends aussi beaucoup coasser, mais ne vois malheureusement que quelques cadavres de ces gros crapauds buffles, une espèce certes invasive et "nuisible", que je trouve cependant sympathique (en partie à cause d'un dessin animé que j'aimais bien: Pancho et Rancho...). Cependant ces gros batraciens ont une grande tendance à dévorer leurs congénères et s'imposer sur les grenouilles "françaises". Je me sens donc plutôt l'esprit vagabondeur, et le corps léger, ce matin. Concernant ce dernier point, mon passage sur la balance de la maison d'hôte ce matin le confirme: je suis effectivement relativement svelte: 69 kgs, contre 7( lors de ma dernière pesée, avant mon départ. Cet écart, que j'ai subodoré les rares fois où je me suis regardé dans un miroir ces derniers temps, et aussi avec mes sensations, est tout de même important et révélateur des efforts fournis, tout de même. Dans les courses par étapes que j'ai effectuées auparavant, je n'avais jamais perdu autant de poids. Mais c'est aussi la première fois que j'enchaîne sans repos autant de très longues journées. Même la cuisine du Sud-ouest n'y suffit plus! Cependant, c'est sans doute un poids, même discret, que je traînais plus ou moins en trop...enfin je pense qu'il ne va pas falloir que je maigrisse bien davantage avant d'arriver à St Jacques. Cette parenthèse physiologique m'amène tout naturellement à ma mi-étape, où après avoir doublé mes randonneurs de ce matin (qui avancent finalement plutôt bien, certes ils ont pris un racourcis), je décide de prendre l'option uhart Mixe, le village qui parait le plus sûr pour trouver un endroit où se restaurer. Je ne suis pas déçu: le gîte de l'escargot offre une bonne cuisine régionale. Je peux ainsi me régaler d'une pipérade, sur une terrasse ensoleillée. J'y engage la conversation avec un cycliste hollandais, parti d'Amsterdam et qui a suivi la voie de Tour, passant d'abord par Chartres, puis Tours et Poitiers notamment. Il roule une soixantaine de kilomètres par jour et adore son voyage, les paysages et les rencontres, même si il avoue rencontrer finalement peu de "walkers" car il emprunte l'itinéraire cycliste, qui évite les chemins techniques. Il roule d'ailleurs sur un très beau vélo de voyage de facture hollandaise, bien sûr. Après cette rencontre sympathique et ce repas agréable dans un restaurant preque victime de son succès où la petite serveuse a bien du mal à gérer les différentes commandes, je me décide à reprendre le chemin. L'après-midi sera plus pénible: le paysage reste très agréable, mais mes pieds commencent à rechigner: j'ai à nouveau les talons en feu. Le soleil perce et la chaleur revient. Je peine davantage. Cependant, j'essaie tout de même de profiter de la nature et des villages. Les fleurs des champs, notamment les mauves orties, accompagnent délicatement ma progression. Je rencontre aussi quelques fiers moutons aux cornes impressionnantes, assis sur le chemin. Ils me laissent cependant passer! Mes parents, arrivés en train dans l'après-midi depuis Poitiers, m'attendent à la porte Saint-Jacques, à l'entrée de Saint-Jean Pied de Port. J'y parviens enfin juste après 19h. Le temps d'une appréciable douche et je dîne en leur compagnie pour un bien agréable intermède familial dans ce chemin de Saint-Jacques. Demain, je me repose à StJean...

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