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Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures / Non, il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures

Publié le 14 mai 2012 par Micheltabanou

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Jules Ferry fut un colonialiste forcené et viscéralement raciste en se voulant un des plus fervents, acharnés, bâtisseurs de “l’Empire français”. Il a renforcé la mainmise sur les “terres” déjà conquises et, surtout, et n'a cessé d’en arracher à d’autres nations et continents : Tunisie, Congo, Madagascar, conquête de l’Indochine. Il fut un “républicain” au service de la prédation financière et industrielle, avec les industries de l'acier et de l'armement inextricablement liées en permettant à une caste de privilégiés prédateurs de bâtir d’énormes et rapides fortunes. Et cela, évidemment, au mépris de la volonté des populations locales.

Sa féroce obstination, dans la conquête de l’Indochine, le fit surnommer “Le Tonkinois”. Habituellement, biographies, manuels scolaires, documentaires, en occultent avec soin ravages et obscurantismes. Près de 120 années plus tard ce fait perdure malgré la publication d'écrits critiques et la résurgences de documents de l'époque qui sont sans appel. Car ce "laïc intransigeant", sur le territoire de la mère-patrie, encourageait l’envoi du missionnaire chrétien, évangélisateur de barbares, dans les fourgons de ses bataillons coloniaux. Il existe même des publications hagiographiques où cet aspect de sa personnalité et de sa politique hyperviolentes, dans le mensonge, le délire devrait-on dire, est totalement gommé, censuré… Ses discours, et déclarations sur sa politique coloniale, représentent une cynique actualisation de l’argumentaire des croisades remontant au XI° siècle. Renonçant à coloniser pour « répandre la parole évangélique », mais pour : « civiliser les races inférieures »...

En témoignent les célèbres débats parlementaires des 28 et 30 juillet 1885 :

 Jules Ferry: " Messieurs, il y a … un second ordre d’idées que je dois également aborder [...] : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. [...]

" Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. [...]

" Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. [...]

" … De nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation."

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Au cours des mêmes débats, Clemenceau s’était illustré par une courageuse et cinglante réaction (30 juillet 1885), sauvant l’honneur de l’assemblée nationale :

"Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit. Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. […]

" Regardez l'histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l'oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l'histoire de votre civilisation ! […]

"Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. […]

"Non, il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu'à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n'essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. […]

" Parler à ce propos de civilisation, c'est joindre à la violence l'hypocrisie. "

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Post Scriptum : La notion de races inférieures a à l'époque pignon sur rue, dans le grand travail de classement des espèces entamé par Buffon au 18ème siècle, l'espèce humaine a tout naturellement sa place. Cette classification humaine fait partie des savoirs de base inculqués aux écoliers, aux lycéens, aux étudiants et à tous les gens cultivés. Cela conduira à des présentations "en chair et en os", véritables "zoos humains". La mécanique coloniale d'infériorisation de l'indigène par l'image se met alors en marche: ils sont des sauvages. Le darwinisme social, vulgarisé et réinterprété par un Vacher de Lapouge au tournant du siècle, trouve sa traduction visuelle de distinction entre « races primitives » et « races civilisées » dans ces exhibitions à caractère ethnologique.

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