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Deux petits tours et puits sans fond

Publié le 13 mai 2012 par Chroneric

Voilà, maintenant Nicolas Sarkozy n'est plus notre président mais un ancien président parmi tant d'autres. Vivant de plus en plus vieux et le mandat étant court, à ce rythme le Conseil constitutionnel manquera de chaises dans cinq ans. Il fait partie désormais des sages et obtient en même temps le statut très convoité d'ancien président. Oui, un statut. Je n'ai pas peur d'employer ce terme.

Que remarque-t-on à chaque fois que l'élu quitte le palais de l'Elysée ? Il devient soudainement plus sympathique. Ce fut flagrant avec Jacques Chirac qui n'a jamais été autant aimé depuis qu'il ne fait plus de bêtises au pouvoir. Il a même été regretté lorsque son successeur Nicolas Sarkozy a pris sa place et plus encore après un an ou deux de réformes impopulaires de celui-ci. Mais voilà maintenant ce dernier subit le même sort. Ces derniers jours, il nous est apparu comme par magie plus humain, davantage digne d'occuper la fonction. Il est devenu présidentiable ! J'avais presque de la peine à le voir partir, c'est vous dire. C'est tout juste si on oublie ce qui s'est passé avant.

Arrêtons-nous un instant sur le cas Charles de Gaulle. Aujourd'hui, tout le monde le prend en référence, en modèle. De Gaulle par ci, de Gaulle par là, et voilà qu'untel de droite est gaulliste, qu'untel de gauche est gaulliste. Bref, le créateur de la cinquième république passe presque pour un saint. Mais, dans la réalité, est-il si exempt de taches ? N'y a t'il pas ça et là quelques sombres affaires ou maladresses de sa part ?

Quant à Valéry Giscard d'Estaing, dont le mandat est mainte et mainte fois moqué, il n'est pas épargné non plus par un regain de sympathie alors que l'affaire des bijoux de Bokassa refait de temps en temps surface sous forme de plaisanterie. Il est maintenant très apprécié pour ces analyses politiques et économiques aussi bien au niveau national que sur la scène internationale. Son avis vaut quasiment parole d'évangile auprès des journalistes et autres analystes politiques. Cela a été très marquant pendant les évènements européens, les frasques du couple franco-allemand ou le début de la crise économique.

Au vu de tout ça, je pense au final que le Français n'est pas aussi intolérant que l'on veuille bien nous faire croire. Il aime râler ou polémiquer mais c'est pour se donner de la constance et prouver que nous sommes en République. Cela fait partie de la bonne marche de la démocratie. Mais tout ça c'est du spectacle. Le Français finit par éprouver de la sympathie sinon de l'empathie aux grands retraités de ce monde. Le Français est un bon vivant qui s'intéresse toujours au côté prestigieux, voire "people", de la fonction de président de la République. Le Français est friand d'anecdotes et aime voir nos anciens élus comme des humoristes en herbe.

C'est aussi bien comme ça : gardons une bonne image de ceux que l'on a aimé détester car ça leur permet d'entrer dans la postérité, le but ultime de ces hommes.


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