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Crise(s)

Publié le 05 juin 2012 par Gerard

 

En moins de cinq ans, soit depuis la crise américaine des subprimes de 2007, le monde est passé du krach de la finance dérégulée et de la fière assurance de sa doxa ultralibérale au retournement des marchés contre les Etats qui, pour les renflouer, ont du creuser leur propre déficit public (crise de la dette souveraine ouverte depuis 2011). C’est ainsi qu’on est entré dans « la crise de la dette », qui peut être considérée comme la mise en cause par les marchés des moyens qui ont permi de les sauver. Or la mise en lumière de cette « crise de la dette » fait apparaître de douloureuses vérités : la dette structurelle des Etats est née, depuis la fin des années 80, de l’abandon abrupt de la progressivité de l’impôt pour les tranches élevées. L'enrichissement faramineux des plus riches a directement occasionné la pauvreté des plus pauvres. Une tendance programmée pour durer, jusqu'à buter sur la colère populaire. Colère qui, elle aussi, a été prévue. Comme disait David Rockefeller, "Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir du privé me semble le plus à même de le faire".

On le voit déjà avec les cas grecs et espagnols, le remède de l’austérité s’avère être un poison plus mortel que le mal, une solution qui finit d'évidence par constituer le problème ; il en ira de même partout. En cause : principalement la rigidité d’une zone euro mal née dès le départ (trop forte disparité nord-sud dans un cadre trop contraint), et l’impossibilité de la Banque Centrale Européenne de financer directement les Etats (elle prête à 1% ce que les banques re-prêtent aux Etats à 5 ou 20% selon les cas). Quant au pouvoir de sanction, « la règle d’or », qui place désormais toute nation sous la tutelle de la Commission européenne, elle ne fait qu’aggraver l’effondrement social, perpétue et aggrave la crise, dénie aux peuples toute souveraineté démocratique. Cette crise sociale, économique et démocratique impose le retour du quart exclu : le politique, sous toutes ses formes d’action possibles.


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