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Salaires : Pour Martin Hirsch mieux vaut augmenter le RSA que le SMIC !

Publié le 05 juin 2012 par Slovar
Selon Martin Hirsch, il serait préférable d'augmenter le RSA et pas le SMIC, car cette solution ne pénaliserait pas l'emploi, et serait plus économe pour les finances publiques. Ceux très nombreux qui touchent 1 096,94 € net par mois apprécieront !
Salaires : Pour Martin Hirsch mieux vaut augmenter le RSA que le SMIC !

Bien que le Comité national d’évaluation du Revenu de solidarité active ait indiqué dans son dernier rapport que le RSA ne remplit par sa mission, dans la mesure où : « (...) les effets sur l’emploi ne sont pas discernables et la réduction de la pauvreté est fortement limitée (...) » Cela n'empêche par Martin Hirsch son créateur de continuer à défendre et surveiller son « enfant chéri »
En effet, alors qu'il occupe toujours les fonctions de président de l'Agence du service civique qui n'est pas un succès foudroyant, il vient de décider prendre la parole dans le débat sur ... l'augmentation du SMIC.
On peut lire ses propositions dans une tribune publiée sur Les Echos
« Il existe incontestablement un problème de pouvoir d'achat des salariés les plus modestes, auquel il faut apporter une réponse. Mais le moyen apparemment le plus simple, l'augmentation du SMIC est-elle la méthode la plus efficace dont disposent les pouvoirs publics ? Il nous semble qu'il y a une alternative qui mériterait au moins d'être discutée et précisément expertisée à l'aune des questions suivantes : comment toucher les salariés les plus en difficulté ? comment ne pas pénaliser l'emploi ? comment être le plus économe pour les dépenses publiques ?
(...) Il existe désormais un instrument plus efficace, mieux ciblé : le revenu de solidarité active, justement conçu pour améliorer les ressources des salariés modestes sans peser sur le coût du travail. En augmentant le barème du RSA, il est possible d'aider davantage les salariés à temps partiel subi et ceux qui ont des charges de famille (...) Le coup de pouce du SMIC a une valeur de symbole. Il est cependant aussi symbolique, au sens de négligeable, pour les salariés les plus modestes. Si une promesse se doit d'être honorée, il serait néanmoins de bonne politique de mettre sur la table des partenaires sociaux un scénario alternatif ou complémentaire incluant le RSA, en l'illustrant par des cas types sur les familles et les salariés à temps partiel (...) Ce gouvernement, attentif à la parité et à la cause des femmes, sait bien que la plupart des salariés à temps partiel subi sont des femmes, ainsi que les foyers où une femme élève seule son enfant. Recourir au RSA, plutôt qu'à un coup de pouce dilué sur le SMIC, c'est prendre le parti des femmes et de la parité des revenus, là où il se pose de la manière la plus aiguë, en bas de l'échelle des salaires (...) »
Etonnant non comme raisonnement ? D'autant plus que ce qu'oublie Martin Hirsch c'est qu'avec sa démonstration il n'y aurait que 445.000 foyers concernés alors qu'une augmentation du SMIC concernerait directement plus de 2,5 millions de salariés nous explique L'Expansion
Ajoutons à celà la très pertinente remarque de FO qui signale que le : « niveau actuel, 1.100 euros net, n'est pas bien éloigné du seuil de pauvreté, 954 euros »
Mais le problème de Martin Hirsch n'est pas de s'occuper des salariés qui touchent le SMIC, il est plutôt de montrer du doigt son augmentation au fait qu'elle : « (...) surenchérit le coût du travail des personnes les moins qualifiées, celles qui sont le plus menacées par le chômage (...) » Ce qui est à priori faux puisque : 2,7 millions de salariés sont payés au Smic en France, dont 500.000 dans la Fonction publique et ne sont pas dans leur grande majorité peu ou pas qualifiés !
On pourra regretter que Martin Hirsch n'ait pas encore donné son avis sur la dernière déclaration de Laurence Parisot qui s'oppose comme lui à une augmentation du SMIC puisqu'elle : « empêcherait les embauches ». Celle-ci propose l'idée suivante : « qu'un salarié ayant passé un certain nombre d'années au SMIC bénéficie d'un entretien de carrière et d'une éventuelle réorientation »
En tous cas, si l'entretien et l'éventuelle réorientation aboutissent au chômage (rupture conventionnelle ?) suivi à terme du RSA, Laurence Parisot et Martin Hirsch pourront toujours converser courtoisement  de l'augmentation du RSA afin d'être : « le plus économe possible pour les dépenses publiques »
Crédit et copyright photo Le Point

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