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Retraites: Hollande répare Sarkozy; l'UMP s'étrangle.

Publié le 07 juin 2012 par Pscauxcailly
Retraites: Hollande répare Sarkozy; l'UMP s'étrangle.

Pendant la campagne présidentielle, ils avaient hurlé et caricaturé les propositions du candidat Hollande. A les écouter, ce dernier allait ruiner la France en cassant la réforme des retraites mise en oeuvre sans concertation par Nicolas Sarkozy deux ans plus tôt.

Il n'en était rien. Et quand Hollande devenu président répara les excès dénoncés hier, les anciens Sarkozystes avaient quelques peines à poser leurs critiques: ils ne pouvaient pas hurler à la catastrophe puisque le gouvernement Ayrault n'avait pas annulé la réforme Woerth/Sarkozy.

Mercredi 6 juin 2012, le projet de décret était adopté en conseil des ministres.
A droite, on cria au « déni de démocratie » à à la « dérobade ». Les éléments de langage avaient calé à l'UMP. On entendit Eric Woerth, Bernard Accoyer et Valérie Pécresse répéter les mêmes termes en quelques heures. L'attaque était désespérée et désespérante. En cause, le refus du gouvernement, et de Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, de venir s'expliquer à l'Assemblée nationale: « Il y a eu une dérobade absolument scandaleuse de la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine hier qui a refusé de se rendre à la convocation de l'Assemblée parlementaire. Ça ne s'est jamais produit dans la République. Un ministre doit se rendre à la convocation du Parlement ». Une telle mauvaise foi est ... inédite: comme elle l'indique sur son site, l'Assemblée nationale « a suspendu ses travaux parlementaires dans la perspective de l'ouverture des périodes de campagne électorale » le 7 mars dernier au soir...

L'UMP avait-elle aussi oublié que l'élection présidentielle avait eu lieu il y a quatre semaines ? François Hollande ne faisait qu'appliquer son programme. Les Sarko-fans avaient-ils oublié comment la réforme de 2010 avait été négociée puis votée ?A l'époque, le ministre du travail Eric Woerth avait joué à cache-cache avec les partenaires sociaux pendant 4 mois avant de dévoiler, le 16 juin 2010, les contours de sa réforme. Il faisait publier des rapports alarmistes du Conseil d'Orientation des Retraites, multipliait les réunions, mais ne voulait jamais discuter de ses options. Tout le monde avait bien conscience que le régime des retraites était mal financé. A la presse seulement, Raymond Soubie, le conseiller social de Sarkozy, ou lui-même, faisaient fuiter des idées, sur le recul de l'âge de départ ou la pénibilité individuelle. Puis la réforme fut publiée et expédiée à l'Assemblée pendant l'été. Début septembre, elle était adoptée en urgence à l'Assemblée malgré des manifestations monstres.

Sur le fond, l'argumentaire UMPiste était erratique.
Dans un texte publié et distribué aux militants le 30 mai dernier, le parti surévaluait du double le coût de la réforme: « 5 milliards d’euros seront directement prélevés sur les feuilles de paie chaque année ». Une évaluation totalement fantaisiste également relayée le lendemain par Gilles Carrez, ancien rapporteur UMP du budget.

Mardi matin sur Europe 1, l'ancienne ministre du budget Valérie Pécresse s'empêtrait dans ses approximations: « Pour 100.000 personnes qui vont avoir la possibilité de partir plus tôt à la retraite, ce sont des millions de salariés français qui vont payer plusieurs centaines d'euros de cotisations retraite supplémentaires ». Seul François Fillon se distinguait de ces cris d'orfraie, en expliquant qu'au contraire, la mesure n'était qu'un petit « coup de canif » dans sa réforme... Il faudrait savoir...

De quoi parlait-on ?
Passé ces procès d'intention maladroits et mal argumentés, on pouvait enfin se pencher sur l'essentiel, le projet de décret (qu'il est prévu d'adopter sous 3 semaines).
1. Il s'agit d'une extension du dispositif « carrières longues » de 2003 aux Français ayant commencé à travailler à 19 ou 19 ans.
2. Ces derniers pourront bénéficier d'une pension à taux plein au titre du régime de base.
3. Seront inclus dans le calcul du nombre d'annuités d'assurance, deux trimestres validés au titre de l'ensemble des périodes de chômage et deux trimestres de congé maternité (pour l'ensemble), en sus des quatre trimestres pouvant déjà être validés au titre des arrêts maladie, maternité et accidents du travail.
4. Tous les statuts (salariés du secteur privé, commerçants et artisans, salariés et exploitants agricoles, fonctionnaires, professions libérales) sont concernés.
5. Le gouvernement renvoie aux partenaires sociaux la négociation des régimes complémentaires
6. Cette mesure entre en vigueur le 1er novembre prochain.

Le gouvernement estime que 110 000 personnes chaque année (soit un retraité sur cinq) seront concernées, pour un coût supplémentaire pour les régimes de base de 1,1 milliard d'euros en 2013 et 3 milliards en 2017. Un chiffrage auquel il faudra ajouter environ 2 milliards d'euros de surcoût annuel pour les régimes complémentaires. 

Un chiffrage en tout cas bien loin des délires de l'UMP (qui avançait respectivement 5 et 9 milliards d'euros supplémentaires par an !).

Pour le financer, le gouvernement a décidé « une augmentation des cotisations sociales 'retraite' qui s'établira pour la première année à 0,1 point pour les salariés et 0,1 point pour les employeurs » (soit +2%, et non pas 5 ou 7% comme annoncé par l'UMP)...

A droite, comment crier ?


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