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Louis Vuitton - Marc Jacobs au musée des Arts Décoratifs

Publié le 09 juin 2012 par Mpbernet

Steamer, Keepall, Neverfull, Lockit…. Vous voyez de quoi je veux parler ?

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Bon, j’avoue, je suis fan totale des sacs Vuitton, depuis 1983.

Je n’en achète pas d’autres, à raison d’un tous les trois ans en moyenne.

Donc à la fois enchantée et pas totalement objective, en allant voir toute seule l’exposition du musée des Arts Décoratifs (merci à Popeline, Les Petites Mains de me l'avoir signalée) consacrée à Louis Vuitton et Marc Jacobs, le directeur artistique choisi par Bernard Arnault (le patron du Groupe LVMH) en 1997 pour insuffler un style plus dynamique à la maison de maroquinerie plus que centenaire, et plutôt classée « bon chic – bon genre ».

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Cet événement commercialo-artistique est une célébration croisée – comme on dirait d'une fertilisation croisée – entre deux talents innovateurs. Louis Vuitton a inventé la malle de voyage idéale : légère, robuste et étanche, en apportant (notamment) une innovation toute bête : jusque là, les malles présentaient un couvercle bombé, avec Louis Vuitton elles deviennent plates, ce qui permet de les empiler les unes sur les autres, et de tenir moins de place dans les cabines des bateaux.

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Marc Jacobs crée pour Louis Vuitton, et aussi pour sa griffe propre. Un hyper créatif, toujours en avance, jamais décalé.

Une ambition artistique qui constitue une réussite industrielle et commerciale à l’échelle du monde – mais je n’oublie pas que le succès de Louis Vuitton a démarré bien avant l’arrivée de Marc Jacobs, merci à Monsieur Racamier !

Les marques de fabrique sont reconnues à partir de 1857. Louis Vuitton va tout faire pour déjouer les copies et autres contrefaçons de ses articles fonctionnels, solides, très bien finis, faits sur mesure, et à prix accessible. C’est toujours le cas aujourd’hui …

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Louis Vuitton a débuté en tant qu'apprenti chez "Maréchal", rue Saint Honoré à Paris.
Durant dix-sept ans, il apprend les rouages du métier de "layetier-coffretrier-emballeur" qui consiste à emballer les paquets des gens aisés. Mais Louis Vuitton est un visionnaire. Il sent que le monde est en train de changer.

La révolution industrielle approche, la garde-robe des femmes s’accroit avec les monstrueuses et élégantissimes crinolines qui  requièrent un emballage spécifique, les chapeaux des messieurs aussi.

On voyage beaucoup, on est invité pour des « Séries » chez Napoléon III et l’Impératrice Eugénie ... Tout est dans le paraître pour une nouvelle classe d’industriels entreprenants. En 1877, Louis Vuitton dépose une toile rayée, puis son célèbre motif damier 10 ans plus tard. Ce n'est qu'en 1896, quatre ans après sa mort que son fils Georges Vuitton créera le fameux monogramme LV. Un mythe est né.

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La première partie de l’exposition plonge dans cet univers : la femme « comme il faut » doit changer de toilette plusieurs fois par jour. Les petites filles reçoivent en cadeau des poupées dotées d’un incroyable trousseau logé …dans une malle, bien entendu ! Evocation pleine de nostalgie d’une époque de progrès industriel s’exprimant dans les expositions universelles.

Un étage au-dessus et on passe sans transition au 21ème siècle, celui de Marc Jacobs, ce surdoué de la création new-yorkais qui adore Paris et met en œuvre, contrairement au courant classique « Maison de haute couture – maroquinerie » une collection totalement déjantée, directement dérivée, mais de façon presque invisible et dans le sens inverse : « maroquinerie – haute couture » du logo devenu mythique LVMH.

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Très éclairant est à cet égard la confrontation de deux murs : celui des fantasmes et des obsessions de Marc Jacobs, et celui de leur traduction en sacs loufoques. Parmi ces concepts, on ne peut pas passer à côté du fétichisme, des femmes fatales comme Liz Taylor, Mia Farrow dans Rosemary’s baby, Barbara Streisand, une femme panthère, vue comme prédatrice … Un rien dérangeant. On retrouvera des infirmières bâillonnées de dentelle noire monogrammée, des chaussures absolument importables et sublimes, des étoffes de guipure aux LV arachnéens …

Cependant, la ligne de maroquinerie reste, toutes proportions gardées,  empreinte d’une grande rigueur et les créateurs que Marc Jacobs appelle à ses côtés laissent de durables impressions : Takeshi Murakami, Richard Prince, Stephen Sprouse.

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Pour la maison Louis Vuitton, depuis l’origine, on décline et respecte en tout l’Âme du voyage.

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Et d’ailleurs, en consultant le catalogue, et par rapport à d’autres spécialistes de sacs à main que je ne nommerai pas, les sacs Vuitton sont vendus à des prix moins onéreux ( à partir  de 800 euros,  pour un sac de grand format)  Sans oublier tout de même que l’essentiel de la production est en toile plastifiée ….Mais, et je peux en témoigner, ces sacs durent des décennies car  tout est dans la finition, artisanale, et made in France.

Louis Vuitton – Marc Jacobs Exposition au Musée des Arts Décoratifs- 107 rue de Rivoli,  jusqu’au 16 septembre 2012
du mardi au dimanche de 11 h à 18 h (Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h)


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