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Bayrou, Mélenchon, Royal : même combat

Publié le 12 juin 2012 par Davidme

Dimanche dernier avait lieu le premier tour des élections législatives. Si les résultats laissent augurer une victoire nette de la gauche. Il faudra revenir un jour sur le détail des résultats pour se rendre compte à quel point la droite extrême (sarko-buissonisée) et l'extrême droite (marinisée) sont aussi parmi les grands vainqueurs de cette séquence électorale de 2012. Arrêtons-nous plutôt aujourd'hui sur les trois cas les plus marquants de ce premier tour : Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon.
Bayrou, Mélenchon, Royal : même combat
Ces trois personnalités sortent sonnées de ce premier tour. Ségolène Royal est en ballotage compliqué contre un hiérarque socialiste local soutenu par la droite qui n'a pas supporté de ne pas être investit par le PS. Rappelons que même si Royal n'avait pas été candidate à la Rochelle, cette circonscription était réservée à une femme. Du coup, contrairement à ce qu'il prétend, Olivier Falorni ne s'est pas fait voler son investiture par Ségolène Royal. François Bayrou est, lui, dans une triangulaire avec le PS et l'UMP et a toutes les chances de perdre son siège de député. François Bayrou qui a fait un choix courageux et républicain entre les deux tours de la présidentielle, qui a porté haut les couleurs de l'opposition à Sarkozy et à la dérive droitière actuelle dans son livre "Abus de pouvoir", et qui a quoi qu'on pense de son programme politique une voix importante dans le paysage politique français pourrait, dimanche soir, plus siéger à l'assemblée. Enfin, Jean-Luc Mélenchon. Le président du Parti de Gauche a perdu son pari de se retrouver en duel face à Marine Le Pen. Sa stratégie politique n'a peut-être pas toujours été la meilleure, mais on ne peut pas lui contester une audace, un panache et des convictions profondes qui le font mener des combats salutaires pour notre République. Entendre certains socialistes se réjouir de sa défaite, dans une circonscription où les pratiques clientélistes du PS ont ouvert un boulevard à Marine le Pen, laisse pantois. Pis, ces réactions pathétiques démontrent à quel point le combat de Mélenchon est salutaire et à quel point il aurait été important de le voir siéger à l'assemblée.
Bayrou, Mélenchon, Royal : même combat
Dans les trois cas, une erreur et une interrogation. L'erreur concerne surtout François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon. Il est incompréhensible que le PS ait décidé finalement de présenter un candidat contre ces deux personnalités. L'une et l'autre dans des styles différents auraient permis d'améliorer la politique du PS et de la majorité gouvernementale. En contestant, en proposant et en apportant une voix et un regard différents, ils auraient contribué de manière intéressante à l'élaboration de l'œuvre du gouvernement. Sans être dans la majorité, mais en étant dans le dialogue avec elle. Cet état de fait est regrettable et il est certain que les débats à l'Assemblée nationale seront moins passionnants sans Bayrou et Mélenchon.
Reste l'interrogation. Elle concerne le cas Ségolène Royal. La façon dont Olivier Falorni et certains socialistes locaux traitent Ségolène aujourd'hui rappelle les critiques qu'hier, en 2007, les leaders socialistes (de Fabius à Aubry en passant par DSK ou Moscovici) parlaient de leur candidate. Et l'interrogation est la suivante : quelle est leur part de responsabilité dans le combat difficile que doit mener aujourd'hui Ségolène Royal ?
Elle est très importante. L'exemplarité pour un leader politique est cruciale. Ils ont montré un mauvais exemple hier, un front anti-Royal est d'ores et déjà en train de se constituer si elle était élu pour l'empêcher de devenir présidente de l'Assemblée, c'est le mauvais exemple d'aujourd'hui. Du coup, les militants locaux font pareil. Falorni a été exclu du PS, certes, mais le mauvais exemple est plus fort.
Bayrou, Mélenchon, Royal : même combat
Plus inquiétant encore dans la possible non-élection de ces trois personnalités à l'Assemblée est le fait que dans des styles différents Royal, Bayrou et Mélenchon sont des personnes singulières qui n'hésitent pas à penser contre eux-mêmes et à lancer des débats épineux. Cela sert toujours dans un parlement. Des personnalités qui n'hésitent pas à bousculer les choses, à tempéter, à renverser un peu la table pour faire avancer les choses, c'est même crucial dans une assemblée et dans un dialogue au sein d'une majorité (Royal) ou en dehors de celle-ci (Mélenchon, Bayrou).
Dans ces trois combats, il y a des responsabilités personnelles des candidats, mais elles sont mineures devant les responsabilités politiques. Là dessus aussi il faudra revenir au cas où Bayrou et Royal ne gagnent pas dimanche.


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