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La deuxième femme

Publié le 12 juin 2012 par Malesherbes

Je ne viens pas vous parler ici d’un film sorti mercredi dernier. Son réalisateur est Umut Dag, né à Vienne, en Autriche, de parents kurdes et cette œuvre s’intitule Une seconde femme. Mon propos est de commenter un tweet de Madame Valérie Trierweiler et, si dans mon titre j’ai préféré l’adjectif deuxième à l’adjectif second, c’est pour ne pas écarter l’hypothèse du remplacement de l’actuelle compagne de notre président par une troisième femme. Je précise également que, dans le cas du film cité, cette épouse est une femme supplémentaire et non une remplaçante. 

Dans un précédent billet nommé La potiche, j’avais fait part de mes réflexions sur le rôle de celles que l’on appelle indument les premières dames. L’histoire abonde de ces épouses qui ont chaussé les pantoufles de leur mari décédé, ou écarté de la vie politique, et qui se sont fait élire après lui à la tête de leur État : Isabel Martinez Peron succède à son mari Juan Domingo à la tête de l’Argentine, tout comme Cristina Kirschner à son époux Nestor. Cory Acquino fut élue aux Philippines après l’assassinat de son mari Benigno, leader de l’opposition. L’hérédité fait aussi parfois l’affaire : Benazir Bhutto, fille d’Ali, devint comme lui en son temps, premier ministre au Pakistan et Megawati Soekarnoputri fut un lointain successeur de son père en Indonésie.

N’oublions pas non plus que, dans une démocratie occidentale plus que proche, la nôtre, le prince Jean faillit devenir président de l’Établissement Public d’Aménagement de la Défense, annonce faite le jour même où son vertueux père glorifiait l’avancement au mérite. Non ! Le conjoint de tout personnage politique, tout comme celui de tout autre salarié, n’est là que pour lui apporter une vie de famille. Le fait de partager son nom, lorsqu’ils sont unis par le mariage, ou ses déplacements, ou d’apparaître en sa compagnie, lui confère certes une notoriété mais devrait l’inciter à ne pas interférer avec son activité.

Or voilà que Valérie Trierweiler s’est permis, dans un tweet dont elle a confirmé être l’auteur, d’apporter son soutien à Olivier Falorni, le dissident socialiste qui affrontera Ségolène Royal à la Rochelle au second tour des législatives. Contrairement à ce qu’il avait promis précédemment, de ne pas se comporter en chef de parti, François Hollande soutient Ségolène Royal. Même si cette position constitue un débordement de la sphère privée sur le domaine public, on peut la comprendre. Ne pas la prendre aurait pu apparaître comme la volonté de régler  un compte avec celle qui lui avait donné quatre enfants.

Cet épisode illustre une nouvelle fois l’illusion qui consiste à vouloir distinguer vie publique et vie privée. On peut interpréter cette déclaration de Valérie Trierweiler comme la manifestation d’une femme jalouse, satisfaite de pouvoir nuire à celle qui l’a précédée dans la vie de François Hollande et soucieuse de dresser un pare-feu face aux relations que la politique maintient entre les deux membres du couple brisé.

A-t-elle songé, ne serait-ce qu’un instant, à la providentielle diversion qu’elle offrait ainsi à la droite, engluée dans ses contradictions face au Front national ?


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