Magazine France

Pourquoi François Hollande sera bientôt obligé de serrer la main d’Alexis Tsipras

Publié le 16 juin 2012 par Mister Gdec

Pourquoi François Hollande sera bientôt obligé de serrer la main d’Alexis Tsipras«Nous ouvrons la route de l’espoir» (slogan de Siriza)

Comme je n’aime pas le foot et que je n’oublie pas que ce commentateur « sportif » a signé les phrases les plus racistes que l’art suranné du commentaire footballistique ait connu, je ne vous parlerai pas aujourd’hui avec l’affectation qui sied de la mort de Thierry Roland, qui m’indiffère totalement, mais des élections législatives grecques. Le sujet me semble en effet davantage de nature à changer la face du monde et le cours de l’histoire. Les technocrates bruxellois et autres pontes d’institutions tutélaires européennes tel le FMI ne s’y trompent pas, qui restent l’œil vissé sur ceux qu’ils écrasent de leur violent mépris, comme celui de Madame Lagarde il y a peu.

Rien ne semble arrêter la folie idéologique destructrice de ces gens là : suicides quotidiens pour raisons financières, pénurie de médicaments, augmentation du nombre de SDF, chômage qui explose… Presque un quart de la population grecque est aujourd’hui sans emploi, soit une augmentation de 37,8% en un an, et les jeunes sont ceux qui paient le plus lourd tribu au veau d’or avec un taux impressionnant de 52,8%. Mais qu’importe pour ces tenants d’un libéralisme outrancier, les grecs n’ont qu’à crever, du moment qu’ils respectent les conditions imposées par le mémorandum . C’est sur le thème du refus de cette logique austéritaire négationniste de l’humanisme le plus élémentaire que Syriza a bâti sa stratégie politique et son combat. Et les grecs risquent fort de l’en remercier dimanche car malgré les efforts consentis après le énième plan d’austérité subi, la récession est toujours là, depuis 5 ans. Cette logique de restriction budgétaire se montre donc bien peu efficace et totalement contre-productive. Elle démontre en Grèce très clairement ses limites. Syriza pourrait donc bien de rafler la mise dimanche, et si c’est le cas, les bourses s’affoler. La sortie de l’euro de la Grèce n’est en effet pas sans conséquences. A tel point que Bruxelles a fait miroiter, contrairement à ce qu’il martèle depuis des mois, qu’il accepterait de renégocier le mémorandum avec le prochain gouvernement grec… Comme quoi, quand on veut, on peut. Et cela ne fait que renforcer ceux qui le réclament, en Grèce.

En France, au Front de Gauche, nous n’oublions pas que le 21 mai, François Hollande a refusé de rencontrer Alexis Tsipras, le leader de Syriza, soi disant «pour des raisons de protocole». Il risque fort d’avoir à le regretter en se voyant obligé de lui serrer la main, en temps qu’homologue cette fois, et ne pourra plus se réfugier derrière de telles arguties fallacieuses. Celui qui a prétendu pendant la campagne présidentielle incarner le combat contre la finance débridée et cette logique d’austérité désastreuse ferait bien mieux de s’inspirer de la combativité de Syriza, que de calquer son action sur l’étalon de la règle d’or du SPD allemand…

Comme le dit cet article de Slate dans lequel j’ai puisé pour écrire ce billet, « vingt ans après, la rigueur légendaire de Margaret Thatcher: «There is no alternative.» a encore de beaux jours devant elle, avec de tels combattants… au sabre de bois.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Mister Gdec 134609 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte