De bon matin, j’achète une paire de rythmiques blanches, vérifie que mon certificat médical se trouve bien dans mon sac et annonce fièrement à tous mes rendez-vous de la journée que je me lance dans cette nouvelle aventure. A chacun d’y aller de son petit commentaire, l’un pour dire à quel point il entend parler des bienfaits de cette gym, l’autre pour me demander en quoi cela consiste etc.
Les heures se succèdent normalement, par séries de soixante minutes, tandis que ma motivation diminue : il fait froid, le cours commence tard, je dois y aller seule, les cours sont intensifs, je ne vais pas suivre la cadence… Solidaires, mes amies m’encouragent, d’autant que celles qui ne pratiquent pas encore tiennent à entendre un compte-rendu détaillé de la séance. Je les connais bien : leur courroux sera terrible si j’en viens à manquer à mes engagements. Pas question de me défiler donc : je décide d’assumer en adulte cette saine décision prise quelques jours plus tôt.
Jusqu’au coup de fil fatal, d’une personne que je ne nommerais pas pour garantir sa sécurité : « Laisse tomber le sport. Ce soir, c’est apéro ». Et moi d’aller noyer ma faiblesse dans du Coca Zéro…
Bilan de l’opération, mes rythmiques sont toujours d’une blancheur immaculée et mon certificat soigneusement plié. Pour me punir, je suis allée à la piscine trois jours d’affilés, ce qui m’a permis de réfléchir à tout cela. Et je retente l’expérience cette semaine, en prenant soin de ne pas décrocher mon téléphone ce jour-là.