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La tête de l'emploi visuel

Publié le 18 juin 2012 par Chroneric

A la télévision, il faut aussi avoir la tête de l'emploi. Vous avez remarqué comment la majorité des animateurs et présentateurs du petit écran sont bien assortis avec la chaîne pour laquelle ils travaillent ?

Par exemple, on ne pourrait pas concevoir de voir Claire Chazal ailleurs que sur TF1, cela serait surprenant. Son image ne fait qu'un avec la chaîne, on sent qu'elle est bien dans la politique de l'entreprise. Elle colle avec la ligne directrice. C'est pareil avec Carole Rousseau, Jacques Legros ou Arthur.

Sur le service public, on retrouve le même principe. Laurent Delahousse ou Marie Drucker sont des personnalités complètement en phase avec la chaîne et les valeurs qu'elle représente. Laurent Delahousse était pressenti pour partir sur la Une mais je n'y croyais pas une seconde, il n'est pas fait pour cette chaîne.

Sur Canal+, Michel Denisot est son digne représentant. Il était d'ailleurs là au début de la chaîne dans les années 80. Ce serait une trahison de sa part de partir vers d'autres horizons. Il est désormais un pilier de la chaîne. Sur M6, autre "grande" chaîne, l'exemple typique c'est Mac Lesgy. Il ne pourrait quitter la petite chaîne qui monte sans provoquer l'étonnement, voire même la déception. Il est l'un de ceux qui font le succès de la sixième chaîne.

Il y aurait plein d'exemples comme ça. Mais, ces constats ne se mettent en place qu'après plusieurs années. La communion entre l'identité d'une chaîne de télévision et l'identité d'un présentateur se construit avec le temps. On ne pourrait pas par exemple constater ce principe avec les jeunes animateurs qui font leur apparition de temps en temps. N'ayant pas encore fait leur trou, ils peuvent à tout moment changer. C'est d'ailleurs à ça, entre autres, que le mercato de l'été sert. Il sert aux vedettes du petit écran à trouver leur voie.

On ne peut pas rester à un endroit si on ne s'y plait pas, si on est en désaccord avec les objectifs fixés. Il y a un bel exemple pour illustrer mon propos, c'est le cas Julien Courbet. Pendant des années, il a aidé des gens sur la première chaîne avec des affaires complexes entre voisins ou victimes d'arnaques et autres litiges épineux. Et un jour, il en a eu marre de cette pression du chiffre et de l'audimat. Il est parti sur la Deux. Pourtant, je suppose qu'il gagne un peu moins, mais son éthique a été plus forte. Maintenant, il doit se sentir plus apaisé, plus à l'aise et plus libre de ses actes et paroles. D'ailleurs, il fait beaucoup plus le guignol qu'avant, il se lâche, son bonheur est visible.

En fait, nos présentateurs préférés sont comme la plupart des salariés, il faut avoir l'esprit "corporate" pour rester dans une entreprise, aimer y travailler et être fier d'en faire partie. Mais c'est aussi un luxe. Nombre de nos concitoyens ont un travail alimentaire, ils n'ont pas le choix et le mercato, en dehors du sport et du showbiz est beaucoup plus casse-gueule.


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