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Contre une société des projets, pour un monde du don

Publié le 19 juin 2012 par Tchekfou @Vivien_hoch

Puis le fruit du projet parental entre dans le Système. Il développe peu à peu son propre projet personnel, qu’il intègre au projet d’école. Car chaque école a son projet, selon les lois Jospin (comme celle de socialiser l’enfant en dehors de son milieu familial). Pour les ignorants de ce bidule administratif, le projet de l’école consiste en l’adhésion signataire obligatoire et parfaitement libre des profs aux détails du système en vigueur (on se marre quand même), et à la conséquente organisation teutonno-planificatrice. Le projet de l’enfant, donc, se conjugue harmonieusement avec le projet de l’école.

L’enfant développant son projet personnel, il comprends bien profond que sa vie dépend de lui et de lui seul, qu’il est responsable de son destin, et qu’il doit se construire un avenir, tout çà. Alors on lui inculque une liberté de manoeuvre totale, juste limitée à une interaction gênante avec les projets des autres voisins monônes. Passé le bac -gare de triage préalable à la première marche de l’ascenseur social pipeauté- le projet professionnel devient le sujet du moment. “Qu’est-ce que tu veux faire, quel métier, quel revenu ? Aider les autres, vivre dehors ou innover, c’est pas des projets c’est trop libre mon gars/ma fille”, voilà le discours que notre chef de projet professionnel se tape entre deux séance d’apnée vidéo  ou de jeux projeté 3D histoire de fuir les rails. Au mieux, notre pion va demander l’aide d’un chef de projet d’orientation péris-scolaire…

Une fois périlleusement lancé dans le business par des projets d’insertion, notre monôme galère forcément un peu… Et si  le projet professionnel foire -il est essentiel de ne pas l’avouer-, c’est juste que les éléments de pilotage n’étaient pas en place. Un bilan de compétence, un point psycho relancera le chômeur, et surtout le projet du rombier à dossier de l’ANPE-ASSEDIC Réunis. Histoire de faire comme à la télé, le projet professionnel s’adaptera au projet de vie d’adulte, voire même se combiner conjugalement avec un ou plusieurs autres projets de vie et professionnels.

Si d’aventures notre citoyen se perdait dans l’Eglise de France, il tomberait à coup sûr dans un des projets diocésains qui traînent ici et là, de pastorale ou de découpage zonal… Même le très classique Mgr Centène, mon respectable voisin évêque de Vannes, s’est fait piéger par un projet couillon par, si mes informations sont exactes, un retraité de grande zécole ayant fait preuve de sa compétence catéchétique par ses enfants à la ramasse sur la pratique des Sacrements…

Ne reste plus que le projet de fin de vie, dernier bastion encore non planifié au grand scandale des francs-maçons avertis et des contrôleurs de vie pointilleux. Voilà donc que l’euthanasie, lemme subséquent de l’avortement et version moderne du nationale-socialiste eugénisme se pointe. Projet d’endormissement, la piquouse planifiée, l’étouffement en rendez-vous, projet de libre droit, la maitrise de la vie, la maitrise de la Création… Projet, projet, projet…

Ce monde en est resté à la Création par la Genèse, “dominez la Terre et soumettez-là”, mais en a oublié la faiblesse et le projet d’Eve d’être comme des Dieux (point évoqué là). Et ce péché des origines, cette volonté malsaine d’orgueil et de puissance, voilà qu’ils sont encore là, dans les purs projets que ce monde moderne impose. Ces projets de pure volonté, au détriment d’un détachement spirituel, d’une attitude fondamentale d’acceptation du don de Dieu, du don de Dieu par l’Esprit et par la Création qu’Il donne.

Dans cette vision uniquement projective , dans cet orgueil permanent qui fait de nous des soldats de nos cultures et de nos envies, il n’est plus de place pour l’acceptation muette, pour l’Adoration, pour le renoncement. Car c’est bien là la clé de notre bonheur : cette grâce d’accepter ce qui est -qui ne signifie pas la reddition-, d’Adorer -notre espérance trinitaire- et d’aimer malgré ce qui nous dépasse.

Pour l’observation de la Nature et la silencieuse écoute de Dieu, pour un abandon qui tiendrait plus de Marie à la Croix que de Pierre à Getsémani.

Pour une vision du monde du don, de Dieu et de Sa nature, plus qu’une auto-construction humaine…


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