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Conseil municipal : "Si vous voulez la guerre ..."

Publié le 25 juin 2012 par Bordeaux7

Écrit par Bordeaux7   

Lundi, 25 Juin 2012 20:43

Conseil municipal :
Ouvert à 15h, le conseil municipal de Bordeaux d’hier n’a réellement commencé à se pencher sur son ordre du jour que vers... 17h30, après une belle série d’empoignades, d’échanges de noms d’oiseaux et même une suspension de séance.

Souvent tendue, l’ambiance en conseil municipal de Bordeaux atteint toutefois rarement un tel niveau d’animosité. De retour de maladie (il était absent en conseil de communauté urbaine vendredi), Alain Juppé a très vite montré qu’il était particulièrement remonté et, à vrai dire, prêt à en découdre. Motif : deux lettres envoyées par la ministre et députée Michèle Delaunay à des membres du gouvernement à propos de sujets d’actualité bordelais : la situation du foyer d’hébergement d’urgence Leydet (qui va être rénové pour améliorer les conditions d’accueil mais va perdre des places au passage) et la série de disparitions dans la Garonne. Dans le premier cas, Michèle Delaunay a écrit une lettre à Cécile Duflot pour «l’alerter» de la situation, dans le second, elle a demandé à Manuel Valls de venir en personne sur les bords de Garonne. Alain Juppé n’a pas du tout apprécié de ne pas avoir été informé de l’envoi de ces courriers. «Je tiens à dénoncer ce comportement très peu républicain, qui vient démontrer sa volonté d’embêter la municipalité de Bordeaux, a déclaré le maire. écrire à un ministre sans prévenir le maire est contraire à toute éthique républicaine, qui veut que l’état respecte les élus locaux. Mais peut-être sommes nous entrés dans une nouvelle ère...»
Très agacé, Alain Juppé avait donc décidé de faire des mises au point sur ces deux sujets en préambule de l’ordre du jour du Conseil municipal. Sans prévenir l’opposition, qui a découvert en séance qu’un débat aurait donc lieu sur ces deux questions. Alors que le socialiste Matthieu Rouveyre - dont les interventions, comme celles de Jacques Respaud, ont le don d’agacer le maire - prenait la parole d’entrée de jeu pour s’en étonner, Alain Juppé est immédiatement sorti de ses gonds. «Si je vous ai pris au dépourvu je m’en réjouis, ça vous aura évité de faire une conférence de presse avant de venir ! Madame Delaunay m’a t-elle prévenu, elle, qu’elle allait écrire au Ministre ? Pas du tout ! (...) Si vous voulez la guerre, vous allez avoir la guerre ! Je ne vais pas me laisser faire !»
Les débats sur le foyer Leydet et la situation de l’hébergement d’urgence se sont poursuivis sur un ton belliqueux pendant environ une heure. Le thème suivant - la série de noyades - n’avait évidemment rien pour calmer l’ambiance. Dénonçant dans le courrier envoyé par Michèle Delaunay à Manuel Valls «une opération politique là aussi assez misérable», Alain Juppé a rappelé les mesures prises par la ville et la préfecture pour tenter de prévenir de nouveaux accidents. «On ne vous tient évidemment pas responsable», a déclaré Matthieu Rouveyre avant d’ajouter un «mais» qui a fait rugir la majorité municipale.
« J’ai failli lui en coller une »

La gauche a en effet exprimé son désaccord avec certaines mesures, comme la fermeture des épiceries de nuit à 22h (qui est la conséquence d’un arrêté préfectoral). Le ton est encore monté, jusqu’au paroxysme : alors que Jacques Respaud renchérissait sur ce thème, l’adjoint au maire Jean-Louis David est descendu de la tribune pour le faire taire. Brouhaha, éclats de voix... et suspension de séance, indispensable pour calmer les esprits. «J’ai bien failli lui en coller une» reconnaissait Jean-Louis David quelques minutes plus tard, dans le couloir. L’élu, très impliqué dans ce dossier, explique ne pas avoir supporté que l’opposition insinue que la ville ne fait rien, ou s’y prend mal, pour limiter les risques. à gauche, tout le monde semblait surpris de la violence des réactions, en particulier de la nervosité du maire. «On voit bien qu’il est fébrile, certainement encore un peu malade», estimait Matthieu Rouveyre pendant la pause, assez incrédule. Un quart d’heure plus tard, tout le monde a repris sa place dans le calme, presque un peu sonné. L’ordre du jour pouvait commencer.• S. Lemaire


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