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Tremplin vers la présidence

Publié le 03 juillet 2012 par Malesherbes

François Hollande vient à peine d’entrer en fonctions que déjà se manifestent à droite les ambitions en vue de l’élection présidentielle de 2017. Dès janvier 1969, dans ce que l’on a appelé l’appel de Rome, Georges Pompidou, premier ministre et futur successeur du président de Gaulle, déclare : « Ce n'est un mystère pour personne que je serai candidat à une élection à la présidence de la République ».

En 1972, le président Pompidou contraint à la démission son premier ministre, Jacques Chaban Delmas. À la mort de Pompidou, en 1974, Jacques Chirac, qui fut son poulain, rassemble dans son appel des 43 des députés et des ministres hostiles à Chaban Delmas et favorise ainsi l’élection à la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

Nommé premier ministre, Jacques Chirac présente le 25 août 1976 la démission de son gouvernement et déclare depuis Matignon : « Je ne dispose pas des moyens que j’estime aujourd’hui  nécessaires pour assumer efficacement mes fonctions de premier ministre ». Poursuivant sa route vers la présidence, il fonde le 5 décembre le Rassemblement pour la République et est son premier président. Le gouvernement Barre ordonne le 4 décembre l’évacuation du Parisien libéré occupé par le Syndicat du livre CGT, provoquant ainsi une grève des journaux qui privera d’écho médiatique la création du RPR.

Une loi du 31 décembre 1975 ayant rétabli la fonction de Maire de Paris, Chirac est élu à ce poste le 25 mars 1977. Il fait de cette mairie une place-forte, au budget important, et, presque à l’égal de Giscard, se pare du titre prestigieux de président. Mais il lui faudra attendre la mort de François Mitterrand pour atteindre enfin, en 1995, son objectif.

Le 17 novembre 2002 est fondée l’Union pour un Mouvement Populaire. Son premier président est Alain Juppé, remplacé le 28 novembre 2004 par Nicolas Sarkozy. Celui-ci, élu président de la République le 6 mai 2007, démissionne de la présidence de l’UMP. Le 25 juin, le président par intérim de l’UMP, Jean-Claude Gaudin, violant allègrement la Constitution qui définit le président comme celui de tous les Français, affirme : « nous considérons que, moralement, le président (de l'UMP) reste Nicolas Sarkozy ». En conséquence, le 7 juillet, le conseil national de l'UMP institue pour ce mouvement une direction collégiale. Instruit par les difficultés rencontrées par ses prédécesseurs, Sarkozy tient à rester le seul patron de l’UMP et à empêcher ainsi l’éclosion d’un futur concurrent.

Je ne pense pas que quelque congrès de l’UMP en ait à nouveau réformé les statuts mais il ne vous a pas échappé que les prétendants à sa direction parlent tout naturellement d’élire son président, poste pourtant supprimé en 2007. Ils confirment ainsi, a posteriori, que, loin d’être président de la France, Nicolas Sarkozy s’est souvent conduit en chef de parti, quand ce n’était pas en chef de clan. Malgré les dénégations des ténors de l’UMP, mêmes celles de Juppé, il est clair que ce qui se joue dès maintenant, c’est la primaire à droite en vue de 2017.


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