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Retour sur la guerre puteolienne

Publié le 22 mars 2008 par Karedig @Karedig_GA
 

 
Plantons le décor pour ceux qui ignoreraient tout du Dallas de Puteaux. Une famille règne absolument sans partage sur la municipalité, les Ceccaldi-Raynaud. Le grand-père, Charles devient maire de Puteaux en 1969, en remplacement de l'ancien maire, malade. Il est alors dans la mouvance SFIO, mais aux élections de 1971, il n'a pas eu l'investiture socialiste, et ni une ni deux, il se tourne alors vers l'UDR (l'UMP de l'époque) et quelques anciens du SAC. Il est élu dans des conditions assez sombres (un colleur d'affiche tué par balles). En 2004, c'est sa fille, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, qui lui succède et comme elle ne veut plus rendre la place à son père, la guerre de famille est déclarée...
Depuis longtemps, un jeune militant proche du PS, s'oppose au "système Ceccaldi-Raynaud" : Christophe Grébert, tient un blog d'opposition qui fait parler de lui. L'ambiance est tendue et les coups bas pleuvent. Christophe est attaqué en diffamation pour un article de son blog, après une longue procédure il sera relaxé. Puis c'est au tour des Ceccaldi-Raynaud, père et fille, d'être attaqués pour diffamation pour avoir insinué sur le site officiel de la ville, que Christophe Grébert, qui ne fait pas mystère de son homosexualité, aurait des penchants pédophiles. Ils sont condamnés...
C'est dans cette ambiance joyeuse que se déroulent les municipales de 2008. La liste UMP conduite par Joëlle Ceccaldi-Raynaud arrive en tête, Christophe Grébert devient élu d'opposition, et le vieux Charles est le seul élu de sa liste dissidente. Mais un troisième Ceccaldi-Raynaud a fait son apparition : Vincent Franchi est élu sur la liste de maman Joëlle. Et Christophe Grébert dégaine le Code : l'article L 238 interdit à plus de deux ascendants ou descendants de siéger au conseil municipal d’une ville de plus de 500 habitants. Un Ceccaldi-Raynaud doit partir...
Pour agrémenter cette aimable histoire familiale, le premier conseil municipal doit être présidé par le doyen des élus qui n'est autre que Charles (82 ans). Cela promet pour l'ambiance... Mais un article dans Le Parisien affirme que c'est le plus mal élu (Charles) qui doit partir et que la préfecture confirme ce point. Vexé, papy fait de la résistance en écrivant aussitôt au Préfét pour flinguer son petit-fils : « Je m’étonne de la rapidité de cette confirmation contraire à la loi, selon les professeurs agrégés que j’ai consultés. Je vous prie en conséquence de prendre l'arrêté mettant fin aux fonctions de Monsieur Vincent Franchi ».
Finalement, vaincu, le grand-père Charles n'est même pas venu à l'ouverture du premier conseil municipal. Maman Joëlle a été élue maire de Puteaux, le fiston devient adjoint à l'enseignement, la culture et la jeunesse, tandis que les élus d'opposition n'ont aucun poste d'adjoint. les séances du conseil municipal promettent encore quelques belles empoignades.
 

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