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Journée Mondiale de l’eau: la soif d’actions!

Publié le 22 mars 2008 par Anne-Sophie

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de l’eau. Alors que la Loire vient d’être polluée, que la Garonne est au plus bas, et que l’ONU vient de déclarer 2008 l’année des toilettes pour sauver des vies, sachez qu’un tiers de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable (2,4 milliards de personnes) ni n’a de latrines: 41% de la population mondiale n’a pas de toilettes “convenables” selon la définition de l’ONU, c’est-a-dire sans contact entre l’homme et les eaux usées.

Sachez aussi qu’en moyenne, un citoyen nord américain consomme 500 litres d’eau/jour et par personne et un Européen 200 à 300 litres, quand un Africain de la bande sahélienne dispose de 10 a 20 litres d’eau/jour à usage domestique…

Eau Malmo

Alors ça rime à quoi une journée mondiale de l’eau, dans ces circonstances?

Eh bien cette année c’est le thème de l’assainissement qui a été retenu (d’où les chiffres sur les toilettes). Comme le précise cet article de Nadia Loddo, “l’événement a pour but de tirer la sonnette d’alarme sur l’assainissement, un enjeu moins médiatisé que l’accès à l’eau potable mais tout aussi important. Dans les pays en voie de développement, 90% des eaux usées sont en effet rejetées dans les rivières sans traitement ce qui entraîne une pollution nocive pour l’homme et l’environnement. 40% des habitants de la planète ne disposent pas de système d’assainissement de leurs excréments.

Les conséquences de l’absence de traitement des eaux usées sont d’abord sanitaires. L’eau insalubre est la première cause de mortalité au monde avec de 5 et 8 millions de victimes par an du fait des maladies comme les diarrhées et le choléra, qui se transmettent par voie féco-orale. “1,8 million d’entre eux sont des enfants”, précise Véronique Lebourgois, de l’ONG Solidarités.

L’assainissement est aussi une question de dignité humaine, comme le souligne Jean Lapègue, chef programmes eau et assainissement à Action contre la faim. Pour les femmes, le manque de toilettes est souvent à l’origine de discriminations. “Dans certains cas, les petites filles ne sont pas autorisées à fréquenter l’école: elles ne peuvent pas uriner ou déféquer librement comme les hommes”, constate-t-il.”

Comment faire pour remédier à ce problème?

D’après l’ONU, il faudrait un investissement de 10 milliards de dollars par an pour diviser par deux la proportion de personnes privées d’assainissement en 2015. “C’est moins de 1% du budget militaire mondial de 2005, un tiers des dépenses en eau en bouteille et environ l’équivalent des dépenses en glaces des européens”, précise le site de la Journée mondiale de l’eau. Ainsi, il serait possible de couvrir les besoins de 100% de la population mondiale en une vingtaine d’années.

Reverser 1 % des factures d’eau aux populations qui sont privées de cette ressource: voilà aussi une proposition, objet de la pétition que les bénévoles d’Action contre la Faim (ACF) ont fait signer hier sur la place Wilson à Toulouse. Elle s’adresse aux “nouveaux élus” et à Veolia, la société qui gère l’eau dans la ville rose. “La loi Houdin de 2005 prévoit la possibilité pour les opérateurs de reverser 1 % de leurs recettes aux ONG. Cela pourrait représenter 120 millions d’euros par an”, d’après Benjamin, un bénévole (source).

Coalition Eau 2

A noter aussi, l’intiative Coalition Eau lancée par un regroupement d’ONG (WWF, les Amis de la Terre, le Secours Catholique, France Libertés ) qui a pour but un accès pour tous à l’eau potable (car aujourd’hui encore 1 personne sur 5 n’a pas accès à l’eau dans le monde!). En effet, au lendemain des municipales et à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, la Coalition souhaite officialiser son lancement tout récent, et informer les citoyens et interpeller les nouveaux élus de tous bords politique sur le rôle que ces derniers peuvent jouer dans l’accès à l’eau potable pour tous. Les élus peuvent intervenir sur leur commune (service public, lutte contre la pollution, qualité de l’eau, prix…), en France (loi sur le droit à l’eau) et dans les pays en voie de développement (loi Oudin permettant aux villes françaises d’aider les villes de ces pays ).

Enfin, sachez aussi qu’aux Etats-Unis, plusieurs villes se sont engagées comme San Francisco, Chicago ou Seattle très récemment, à interdire ou taxer l’eau en bouteille. Garrison Keillor, personalité publique américaine, a déclaré hier :

“Fini. Kaput. Ausgeschlossen. No more designer water. Water is water. If you want lemon flavoring, add a slice of lemon. You want bubbles, stick a straw in it and blow. (…) We ordered it in restaurants for the same reason we read books we don’t like and go to operas we don’t understand - we say to the waiter, ”Perrier,” to give a continental touch to our macaroni and cheese. Enough. Man is capable of reform once presented with the facts, and the fact is that bottling water and shipping it is a big waste of fuel, so stop already. The water that comes to your house through a pipe is good enough, and maybe better.”

En gros: “ça suffit. L’eau est de l’eau. Si vous souhaitez un goût citronné, ajoutez une rondelle de citron. Si vous soulez des bulles, soufflez dedans avec une paille! Nous l’avons commandée dans les restaurants de la manière que nous lisons les bouquins que nous n’aimons pas ou que nous allons dans les opérax que nous ne comprenons pas - on dit au serveur “Perrier” afin de donner un style européen à nos macaroni et notre fromage. C’en est assez. L’homme sait changer quand il est face aux faits, et les faits sont tels que l’embouteillage et le transport de l’eau est un grand gâchi de pétrole. L’eau qui arrive à votre robinet est assez bonne, et même meilleure”.

Allez, quelle personnalité en France va se prononcer sur cette question et s’engager à dénoncer les problèmes liés à l’eau? Et puis après tout, pourquoi ne serions nous pas tous des personnalités sur le sujet, n’est-ce pas…?;-)

++ Plus d’infos ++


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Jean
posté le 23 mars à 11:30
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Vous citez quelqu'un qui dit que "La loi (H)oudin de 2005 prévoit la possibilité pour les opérateurs de reverser 1 % de leurs recettes aux ONG" : c'est faux. La loi prévoit d'affecter au maximum 1% du budget du service de l'eau de la collectivité, ce qui est totalement différent! Charge à la collectivité et à l'entreprise de s'entendre pour savoir qui affecte quoi, mais la loi n'impose pas à l'entreprise de reverser une partie de ses recettes. Par ailleurs, les entreprises font déjà bcp pour les pays en voie de développement et pour l'accès à l'eau.

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