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Mythes économiques : le capitalisme détruit l'environnement

Publié le 09 juillet 2012 par Copeau @Contrepoints

Le mythe du jour : Le capitalisme entraînerait inévitablement la destruction de l’environnement.

Par le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.

Mythes économiques : le capitalisme détruit l'environnement
Si les régimes capitalistes étaient néfastes pour l’environnement, nous nous attendrions à observer une performance environnementale supérieure dans les pays socialistes, ce qui n’est absolument pas le cas. En fait, les endroits les plus pollués de la terre sont situés dans des anciens ou présents pays socialistes tels que l’ancienne Union Soviétique, la Chine, la Pologne, la Tchéquoslovaquie et l’Allemagne de l’Est.

Ces observations ne sont pas surprenantes. L’une des pierres angulaires du capitalisme est la protection des droits de propriété. Or, par définition, les pays socialistes ne reconnaissent pas la propriété privée. Quand personne n’est propriétaire d’un terrain, personne n’y fait attention. Les économistes ont nommé ce phénomène « la tragédie des biens communs ». L’exemple typique illustrant ce phénomène est celui d’un champ commun à tout un village, dans lequel chaque éleveur vient faire paître son propre troupeau. Pour chaque éleveur, le bénéfice à ajouter une nouvelle bête dans son troupeau est très grand alors que le coûts, soit l’herbe consommée par la bête dans le champs, est réparti à l’ensemble des éleveurs puisque le champs appartient à tout le monde. Chaque éleveur a donc un incitatif à avoir le plus de bêtes possible dans son troupeau puisqu’il récolte les bénéfices et partage les coûts. Rapidement, chaque éleveur emmène autant d’animaux que possible paître dans le champ commun et le champ devient vite une mare de boue où plus rien ne pousse. Si chaque éleveur avait un droit de propriété concernant une portion du champs, chaque éleveur aurait un incitatif à adapter la taille de son troupeau de façon à ce que l’herbe continue de pousser, assurant ainsi la pérennité de la ressource.

La pollution est ce qu’on appelle une externalité négative de la production de biens et services. Nous pourrions éliminer toute la pollution humaine en ne produisant plus rien, mais comme cela occasionnerait une immense baisse de notre niveau de vie, il y a un niveau de pollution que nous sommes prêts à tolérer pour nous assurer un niveau de vie décent. Comment déterminer ce niveau? C’est là que les droits de propriété entrent en jeu. Si vous polluez votre propre propriété, cela ne regarde que vous. Si la pollution que vous générez endommage la propriété de votre voisin, vous devrez dédommager ce dernier.

En fait, la plupart des problèmes environnementaux sont causés par une mauvaise définition et protection des droits de propriété. Les nappes d’eau polluées, les poissons en surpêche et les coupes à blanc de forêts vierges sont tous des problèmes découlant de l’absence de droits de propriété privée (je décrivais un bon nombre d’exemples de cela dans cet article).

Un bon exemple de problème environnemental résultant d’une mauvaise définition des droits de propriété est la déforestation de la forêt amazonienne. Une bonne partie de cette forêt n’est la propriété de personne, ce qui n’incite pas la population à en prendre soin. L’absence de droits de propriété facilite grandement la tâche aux grileiros, qui brûlent ces forêts pour les convertir en terres agricoles. Il y a plusieurs façons par lesquelles des droits de propriété pourraient régler ce problème. Tout d’abord, le gouvernement devrait reconnaître les droits de propriétés des sociétés indigènes qui ont établit domicile dans ces forêts depuis longtemps. En Amazonie, leur population est en constant déclin alors qu’ils se font exproprier leurs terres. Ni l’État, ni les corporations, ni les grileiros n’ont la légitimité de s’approprier ces territoires par la force puisqu’ils sont la propriété de ces tribus. Deuxièmement, les agriculteurs et éleveurs opérant en Amazonie sont reconnus pour leur très faible productivité en raison du manque d’investissement résultant du simple fait que n’étant pas propriétaires de leur terre, ils opèrent illégalement. Pour cette raison, ils doivent sans cesse se déplacer et agrandir leur territoire ce qui implique une déforestation plus importante. Avec des droits de propriété bien définis, ceux-ci seraient en meilleure position pour investir dans leur propriété afin d’améliorer leurs rendements et pourraient obtenir du financement pour le faire. Troisièmement, avec des droits de propriété bien établis, d’autres utilisateurs de la forêt pourraient en acquérir certaines portions. Par exemple, il est bien connu que la déforestation nuit aux précipitations, ce qui est mauvais pour la production hydroélectrique. Les producteurs d’hydroélectricité pourraient donc acquérir des parcelles de terre à cet effet et les maintenir boisées. C’est similaire à ce qui a été fait au Costa Rica, où les producteurs hydroélectriques paient les propriétaires forestiers pour ne pas couper les arbres. Ce genre de mesure a contribué à réduire le taux de déforestation. Il serait aussi dans l’intérêt des entreprises d’écotourisme d’acquérir des territoires pour préserver leurs opérations. Les compagnies pharmaceutiques pourraient aussi acquérir des terrains, car ces forêts bio-diversifiées pourraient mener à des découvertes médicales très lucratives. Ce fut notamment le cas pour l’Aspirin et le Taxol.

Même problème avec la forêt Québécoise, dénoncé par Richard Desjardins dans son film « L’Erreur Boréale » de 1999. Au Canada, l’exploitation forestière se fait majoritairement sur les terres de la Couronne (90% au Canada, 80% au Québec, contre 37% sur les terres publiques aux États-Unis), en échange de droits de coupe payés aux gouvernements par l’industrie forestière. Le niveau des royautés exigées par le gouvernement est si bas que les américains ont longtemps prétendu que le Canada pratiquait du « dumping » en vendant son bois à un prix inférieur au marché et imposant un tarif douanier de 29% en 2002 pour compenser leurs producteurs locaux. Les bas prix stimulent la demande et la demande stimule la production. Comme les entreprises forestières ne sont pas propriétaires des territoires sur lesquels elles opèrent, elles n’ont aucun incitatif à bien gérer la coupe de façon à préserver la ressource. Elles étaient plutôt incitées à procéder à des « coupes à blanc », et c’est ce qu’elles ont fait. Devant cette situation, le gouvernement a réduit les niveaux de récolte en 2005, mais les coupes à blanc se poursuivent quand même, transformant l’Abitibi en désert. Le problème est que l’État veut les redevances pour financer ses dépenses, mais n’a aucun intérêt à préserver la forêt à long terme. De plus, le gouvernement est complètement déconnecté du marché et fixe arbitrairement les royautés et les droits de coupe. En attribuant ou vendant des droits de propriété aux entreprises forestières, celles-ci auraient eu un intérêt à la préserver et à replanter après la coupe. Ces forêts seraient en quelque sorte devenues des terres agricoles, comme c’est le cas pour les forêts privées aux États-Unis et ailleurs.

Autre exemple : la désertification qui a frappé le Sahel africain. Les spécialistes reconnaissent que la désertification est généralement liée à une surexploitation du sol par des pratiques d’élevage inappropriées ou des habitudes de déforestation excessive qui ruinent l’équilibre écologique du milieu naturel. Mais pourquoi de telles pratiques ? Il s’agit le plus souvent de régions d’économie tribale à populations non sédentaires où la terre et ses ressources sont traitées comme un bien collectif. Dans un tel système ceux qui vont chercher le bois n’ont aucune raison de faire attention à ne pas couper plus de branchages qu’il ne leur en faudrait réellement pour couvrir leurs besoins immédiats. On coupe carrément le buisson et on l’emporte, car sinon, on n’a aucune garantie que quelqu’un d’autre ne le fera pas. Autrement dit, on ne voit pas pourquoi quelqu’un se préoccuperait de planter de nouveaux arbustes, d’entretenir ceux qui existent, ou encore de développer l’irrigation, puisque investir dans ce type d’activité aboutit tout simplement à rendre disponible une ressource que d’autres peuvent ensuite gaspiller. Il y a quelques années, les experts de la N.A.S.A. furent intrigués par une photographie prise par un de leurs satellites. Au milieu de l’énorme tache brune du désert, ils distinguaient une tache verte surprenante. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Une visite sur le terrain leur donna la réponse : tout autour de la tache verte il y avait un simple fil de fer barbelé délimitant une propriété privée! Même au milieu du désert, une simple barrière suffisait à faire renaître la vie.

D’autre part, les droits de propriété ont fait des miracles concernant la protection de la vie sauvage au Zimbabwe. Dans ce pays, les fermiers et autres propriétaires terriens, n’avaient pas le droit de bénéficier économiquement de la chasse de certaines espèces animales. Certains de ces animaux causaient beaucoup de dommages à leurs troupeaux et à leurs récoltes. Le comportement qui résultait de cette dynamique consistait simplement à ce que ces propriétaires tuent ces animaux et laissent pourrir les carcasses sur place. Réalisant l’ampleur de la catastrophe et son incapacité à remédier à la situation, le gouvernement a attribué des droits de propriété sur la vie sauvage en 1975. C’est alors que la vie sauvage, qui était en déclin depuis des décennies, s’est mise à proliférer sur les territoires privés du pays. Les propriétaires terriens ont alors formé des zones protégées dédiées, entre autres, à l’industrie du safari touristique. Plusieurs espèces menacées d’extinction ont été sauvées et ont alors vu leur population augmenter significativement (par exemple : le rhinocéros noir). Cependant, suite aux problèmes politiques survenus au Zimbabwe depuis le début des années 2000s, créant chaos et anarchie au pays, ces propriétés privées ont été violées et saccagées. La population affamée s’est mise à chasser tout ce qui bouge pour subsister. Des superficies énormes de forêt ont été rasées. En fait, la propriété privée n’est plus protégée au Zimbabwe, au grand détriment de la vie sauvage du Sud de l’Afrique.

Nous pourrions aussi prendre en exemple le bison américain et l’éléphant africain, qui avaient tous deux été pratiquement éradiqués de la surface du globe. Ce ne sont pas des programmes de conservation gouvernementaux qui les ont sauvés de l’extinction, mais bien les droits de propriété. Des entrepreneurs du Texas ont réalisés que ces bêtes avaient une valeur commerciale et, en poursuivant leurs propres intérêts, ont permi d’éviter leur extinction. Le Texas comporte maintenant environ 125 espèces d’animaux exotiques en voie d’extinction répartis à travers 5,000 ranchs. L’industrie emploie 14,000 personnes. Ces populations d’antilopes et d’éléphants africains sont en augmentation au Texas alors qu’elles continuent de décliner dans leur Afrique native, où les droits de propriété sur ces animaux sont flous (pour d’autres exemples, voir ce site).

Par ailleurs, l’autre raison pour laquelle les pays plus capitalistes ont une meilleure performance environnementale est qu’ils sont généralement plus riches et plus innovateurs. Les produits plus respectueux de l’environnement, tels que l’électricité éolienne, les aliments « bio », les véhicules hybrides et les systèmes géothermiques, coûtent plus cher et ne sont pas abordables pour les pays pauvres. Ce sont aussi des technologies plus avancées que les produits conventionnels plus polluants. Donc, en favorisant la création de richesse et l’innovation, les nations plus capitalistes favorisent l’adoption de solutions plus écologiques.

http://minarchiste.wordpress.com/2010/12/06/est-ce-que-le-capitalisme-implique-la-destruction-de-l%e2%80%99environnement/

http://www.perc.org/

http://mises.org/daily/5983/To-Protect-and-Conserve

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