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Où il est question des Polonais

Publié le 10 juillet 2012 par Corboland78

L’esprit farci de références littéraires emmagasinées dans ma tendre enfance, romans d’aventures et fictions semant l’effroi, j’ai longtemps pensé que nos forêts étaient le refuge secret de Polonais échappés des goulags et autres persécutions régnant derrière le Rideau de Fer.

Dans les bouquins que je lisais gamin, il y avait souvent des gentils – en petit nombre - contraints de se cacher pour ne pas subir les foudres d’un gros méchant commandant une armée de séides prêts à commettre les pires besognes pour affirmer le pouvoir du gros méchant. Les gentils se planquaient dans des souterrains ou des forêts profondes et avec le temps, ils en connaissaient les moindres recoins ce qui leur permettait d’échapper aux incursions malfaisantes des armées du  gros méchant qui semblait n’avoir comme but dans la vie que de trucider ces malheureux.

Les gentils ne pouvant vivre que dans le secret pour ne pas se faire repérer, ils usaient des stratagèmes les plus divers pour passer inaperçus, déguisements appropriés, mots de passe vachement secrets, mouvements codés des doigts, cris d’oiseaux (la chouette ayant souvent leur préférence) ou signes cabalistiques tracés sur les murs et les arbres, genre cailloux du Petit Poucet, pour ne pas s’égarer dans leurs lieux de vie à priori hostiles, mais en réalité rudement sympathiques où cabanes en bois et cavernes sacrément bien aménagées côtoyaient des ruisseaux charmants et gazouillants. Ce n’est pas Robin des Bois qui me contredira.

Or, ce sont ces signes tracés sur les murs et les arbres par les gentils, associés à ce que mes propres yeux voyaient lors de promenades en forêts, qui m’évoquaient les Polonais. Tout cela était bien flou dans mon esprit, mais si vous me lisez depuis longtemps vous serez d’accord avec moi pour reconnaître que c’est souvent le cas chez moi. J’avais beau tourner le problème dans tous les sens, pourquoi des Polonais viendraient-ils se planquer dans nos bois ? Car il ne pouvait pas y avoir de doute. Vous-mêmes d’ailleurs, avez vu ces signes.

Combien de fois quand on se balade dans nos campagnes, forêts et autres endroits déserts de populations, sommes-nous tombés sur ce signe peint sur un mur ou un arbre, une courte barre horizontale rouge surmontée de la même en blanc, comme le signe égal, dans ces deux teintes, blanc et rouge, c'est-à-dire exactement la représentation du drapeau polonais ! Ah ! Ne me dites pas que vous ne l’avez jamais vu.

Et qui irait peindre des drapeaux polonais dans nos campagnes, si ce n’étaient des Polonais ? Hein ? Je reconnais aussi, qu’à choisir un drapeau, le polonais est plus simple et rapide à peindre que celui de la Grande-Bretagne, d’accord. J’aurais pu vivre avec cette croyance ainsi longtemps encore si le Rideau de Fer ne s’était pas écroulé. Mais c’est alors que j’ai subodoré une autre explication car bien que le rideau ait été décousu depuis belle lurette, les drapeaux polonais se sont mis à fleurir de plus en plus. Il n’y a plus un sentier, un chemin des douaniers, une allée cavalière ou un passage entre les buissons qui ne soit affublé de son drapeau polonais.

Désormais je sais à quoi correspondent et servent ces traces colorées, mais allez savoir pourquoi, je trouve l’explication beaucoup moins exaltante et riche de mystère que les grandes randonnées tricotées par mon imagination d’enfant.    

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