Magazine Poésie

Fable de Jean de LA FONTAINE : Les deux Mulets

Par Unpeudetao

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé ;
   L’autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
   Il marchait d’un pas relevé,
   Et faisait sonner sa sonnette ;
   Quand, l’ennemi se présentant,
   Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
   Le saisit au frein, et l’arrête.
   Le Mulet, en se défendant,
Se sent percé de coups, il gémit, il soupire :
Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire ;
   Et moi j’y tombe, et je péris.
   Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
   Tu ne serais pas si malade.

Jean de LA FONTAINE (1621-1695).

*****************************************************


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Unpeudetao 369 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazine