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Réformes : l’importance du capital politique

Publié le 11 juillet 2012 par Unmondelibre
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Bien que la préoccupation soit actuellement que les gouvernements puissent ne pas gérer leur fardeau budgétaire uniquement avec une mutualisation limitée des dettes, je perçois le problème quelque peu différemment.

Solidarité ?

Ma crainte est que, avec une mutualisation importante des dettes, le processus de réforme des états membres s’arrête dans son élan.Nous savons que les fédérations qui réussissent sont caractérisées par des liens régionaux, sans garanties de sauvetage, comme aux Etats-Unis, par exemple. La crise actuelle prend racine dans le comportement irresponsable des Etats membres européens. La croissance démesurée des dépenses publiques a conduit certains à accumuler trop de dette publique.

Réduire les dépenses est une tâche difficile dans les démocraties modernes, mais elle n’est pas impossible. Les social-démocraties du Nord telles que la Finlande ou la Suède, ont réussi. Le Canada (désormais considéré comme un pays relativement résistant face à la crise mondiale) l’a fait dans les années 1990 ; et, plus récemment, la Lettonie et l’Estonie se sont serrés la ceinture.

Une mutualisation importante des dettes réduirait grandement les incitations des états membres à mettre en ordre leurs finances publiques. Les classes politiques sont court-termistes presque par définition, et il faudra une direction et un engagement extraordinaires pour restaurer les finances publiques sans l’assistance de la discipline du marché.

Les électeurs allemands sont sceptiques à l’égard de la “solidarité” européenne, car ils sentent bien qu’ils paieront la note. Cependant, une crainte plus substantielle – et moins subjective – à propos de la mutualisation est qu’elle va bercer le système de l’illusion de la sécurité. L’aléa moral est une composante importante de la crise actuelle.

Le cas Italien

La plupart des Italiens comprennent que la crise est le résultat d’une mauvaise gestion des finances publiques, et que les dépenses publiques sont démesurée : 800 milliards de dollars par an, en comptant les intérêts de la dette. Les Italiens sont également conscients qu’ils payent leurs services publics au tarif suédois, sans bénéficier de la qualité suédoise. Les histoires à propos des gâchis d’argent public font quotidiennement les choux gras des médias. La population ne croit pas que cela soit « juste la manière d’être italienne ». Les Italiens savant qu’ils ont besoin de changement au moins depuis le début des années 1990, lorsqu’il est devenu évident que l’intervention étendue de l’État dans l’économie nourrissait la corruption.

Cependant, ce dont l’Italie a le plus besoin, c’est de capital politique. Nous traversons une de ces périodes de l’histoire une société peut être incroyablement lucide à propos du diagnostic de ses propres maux, mais ne dispose pas du médecin pour administrer le remède. La crise que traverse l’Europe pourrait alimenter l’extrémisme populiste en Italie, simplement parce que le pays semble incapable d’offrir une réponse politique différente. Beppe Grillo, un comédien converti à la politique, réunit environ 20% des suffrages. Silvio Berlusconi, après quelque mois de silence bienveillant, est désormais de retour dans l’arène politique et cherche à tirer profit de l’incertitude en promettant à l’Italie une sortie rapide de l’euro.

Le gouvernement technocratique dirigé par Mario Monti a effectué un bon diagnostic, mais appliqué le mauvais traitement. Les réformes ont été trop lentes, et les contribuables italiens pressés comme des citrons en vertu de la croyance selon laquelle la consolidation fiscale via les augmentations d’impôt était la sortie de secours la plus rapide et la plus pratique.

La vieille garde politique italienne manque de légitimité du fait des scandales qui entourent Berlusconi et également du fait qu’elle ait traversé les vingt dernières années sans avoir traité les problèmes structurels. Les technocrates du gouvernement manquent également de légitimité. Personne ne les a élu et ils ne se sont pas révélés particulièrement efficaces ; ou justes, dans leur action gouvernementale.

Ainsi, les Italiens pourraient bien voter pour l’improbable option populiste, alors même qu’ils ont une vision plus claire de la crise que ce que pourrait laisser entrevoir leurs préférences électorales.

Albert Mingardi est directeur général de l’Institut Bruno Leoni, un think tank économique base à Milan, et analyste au Cato Institute à Washington DC.


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