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Relancer rapidement la croissance dans la zone Euro ou ... mourir ?

Publié le 11 juillet 2012 par Slovar
Les nombreux plans de rigueur de la zone Euro vont accroître le chômage de façon exponentielle, et pourraient même faire exploser l'économie mondiale avertit l'OIT. Alors, on fait quoi ?  
Relancer rapidement la croissance dans la zone Euro ou ... mourir ?

En Europe, les économistes « bon teint » et les organisations d'employeurs, reprenant les préconisations de l'OCDE réclament une plus grande flexibilité/fluidité de leurs marchés du travail, se résumant essentiellement ... à rendre plus facile et moins coûteux les licenciements, au nom de la compétitivité. L'objectif étant double, puisqu'il s'agirait de lutter contre les productions des pays à bas salaires et de privilégier l'exportation au détriment de la consommation intérieure.
Jeu de c..., puisque chaque pays s'engage dans une course sans fin où celui qui gagne aujourd'hui sera dépassé demain par celui qui réduira encore plus les conditions de vie et de travail de leurs salariés.  Cette ultime perversité du capitalisme mondialisé conduit bien entendu à faire travailler les salariés toujours plus, pour un salaire moindre, et surtout faire fondre les effectifs dans les entreprises ! 
Coût de l'opération : On dénombre aujourd'hui pas moins de 17,4 millions de chômeurs dans la zone Euro et si l'on en croît le très sérieux OIT, si les gouvernements continuent à ne penser qu'en termes de rigueur et de coupes budgétaires, le nombre de chômeurs pourrait atteindre 22 millions dans les quatre prochaines années à venir !
Face à ce qui s'annonce comme la plus grande catastrophe sociale qu'ai jamais connu l'Europe, Angela Merkel, qui reste persuadée que son pays peut vendre du Made in Germany à tour de bras, en visite en Indonésie, vient de déclarer que : « (...) l'Europe devrait se dépêcher de signer un accord de libre-échange avec l'Asie du Sud-Est pour être compétitive (...) »  Au fait que l'Asean : « (...) représente le troisième partenaire de l'UE dans le monde, hors Europe, avec des échanges représentant plus de 206 milliards d'euros en 2011 (...) »
Probablement intéressant pour les ventes de machines outils et les berlines de haut de gamme ... allemandes, mais fossoyeur pour les autres productions européennes lorsqu'on connaît les conditions de travail et les rémunérations des salariés d'indonésie, des Philippines, de la Malaisie, de la Thailande et du Vietnam !
Pendant ce temps là, la lecture du dernier  rapport de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) est franchement inquiétante. En effet, l'OIT met en garde contre l'absence de relance économique de la zone Euro expliquant qu'à terme, la paupérisation des populations pourrait être porteuse de : « (...) contagion à l’ensemble de l’économie mondiale »
Extraits : « A moins que des mesures ciblées soient prises pour améliorer les investissements dans l’économie réelle, la crise économique s’aggravera et la reprise en matière d’emplois ne se produira pas. Nous avons besoin également d’un nouveau consensus mondial nous menant sur une nouvelle voie vers une croissance riche en emplois et la mondialisation. Les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods ainsi que le G20 ont la responsabilité de se montrer en pointe dans ce domaine (...) A court terme, les conséquences d’une récession prolongée du marché du travail seraient particulièrement graves pour les jeunes demandeurs d’emploi (...) »
Et l'OIT de préciser que : « (...) Les pertes d’emplois ont été particulièrement sévères dans le sud de l’Europe, mais même l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et Malte – les seuls pays où l’emploi s’est accru depuis 2008 – enregistrent des signes d’une situation du marché du travail qui aurait cessé de s’améliorer (...) »
Ce qui n'a pas empêché dit le rapport que : « (...) les économies de la zone euro où le chômage augmente ont diminué les ressources consacrées à l’aide aux demandeurs d’emploi (...) »
L'OIT ne se limite pas au simple constat puisqu'il suggère des solutions à activer rapidement
« Réparer le système financier doit être subordonnée à la restauration du crédit pour les petites entreprises. Faire payer les plans de sauvetage aux actionnaires serait non seulement une question de justice mais permettrait aussi de limiter le recours aux contribuables ou à de nouvelles mesures d’austérité.
Promouvoir l’investissement et le soutien aux demandeurs d’emploi, en particulier aux jeunes travailleurs. Une «garantie-jeunes», à un coût estimé à moins de 0,5 pour cent des dépenses des gouvernements dans la zone euro pourrait être rapidement mise en place. Pour la financer, certains défendent l’idée d’un recentrage des fonds structurels européens et la mobilisation de la Banque européenne d’investissement.
Gérer les différences de compétitivité entre les pays de la zone euro. Cela ouvre une nouvelle opportunité de dialogue social pour s’assurer que les revenus du travail augmentent au même rythme que la productivité dans les économies fortes, que la modération salariale dans les pays en déficit est complétée par des politiques destinées à renforcer les bases industrielles; et qu’on évite une spirale négative, préjudiciable aux salaires et aux droits des travailleurs »
On ne peut qu'être d'accord avec le rapport de l'OIT sur le fait que l'ultra concurrence à laquelle sont de plus en plus soumis les salariés d'Europe entre eux ne peut que mener au désastre.
Aujoutons un problème que l'Europe refuse d'étudier sérieusement : Son incapacité à empêcher l'invasion de produits venant des pays pratiquant le moins disant social. Ces mêmes pays qui, sont friands de transferts technologiques, et ont d'autres ambitions que celle de continuer d'acheter des produits conçus ou en provenance d'Europe.
Alors, les dirigeants de la zone Euro, Allemagne comprise choisiront-ils de privilégier à tout prix : Le retour le plus immédiat à l'équilibre de leurs comptes quoi qu'il puisse en coûter à leurs populations, où accepteront-ils une vraie réflexion sur les moyens d'éviter une explosion économique et sociale ?  
Comme beaucoup d'entre vous, nous sommes au regret de penser que c'est la première option qui sera très probablement retenue. Et qu'il faudra que les peuples se mettent vraiment en colère pour qu'on veuille bien arrêter le massacre !  
Crédit et copyright photo Sénégal Business

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