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François Fillon doit gérer l'après-défaite électorale

Publié le 22 mars 2008 par Exprimeo
François Fillon retrouve des troupes orageuses car le lendemain des municipales apporte des réveils douloureux pour les battus qui ont envie de demander des comptes à leurs leaders politiques. Dans beaucoup d'Etats, la coutume politique veut qu'une défaite à une élection emblématique entraînerait le retrait inéluctable de la vie politique active. Dans d'autres pays, la défaite ferait partie au contraire d'un parcours " initiatique " incontournable voire même salutaire puisque de nature à tester la tenacité des intéressés. Au-delà de cet éventail de situations, l'enjeu réside dans les caractéristiques mêmes de la défaite. Avant et pendant une campagne électorale, il y a toujours un certain nombre de conseils qui sont classiquement présentés comme " des recettes de victoires ". Ils devraient surtout être présentés comme des " médicaments contre la défaite définitive ". Il y a en effet un certain nombre de comportements qui n'insultent pas l'avenir. Ces comportements sont les suivants : 1) quand vous ne savez pas quel est le meilleur moyen de gagner des voix, faites d'abord ce que vous croyez juste ; 2) ne vous lancez pas dans des attaques personnelles qui non seulement rendront votre adversaire sympathique mais qui donneront le sentiment que vous êtes quelqu'un d'agressif, défaut qui vous suivra durablement ; 3) chaque fois que vous avez un doute choisissez la méthode " SVM " (soyez vous-mêmes). Au-delà de ces attitudes, il existe aussi d'autres facteurs importants pour permettre un retour rapide. Tout d'abord, l'analyse calme et rationnelle des raisons de la défaite permet toujours de tirer des enseignements très instructifs. Plusieurs critères méritent une attention particulière : 1) quel a été le sentiment général au sein de la population qui a fondé la victoire de votre adversaire ? 2) ce sentiment général est-il susceptible de connaître des évolutions et si oui lesquelles ? 3) le résultat s'explique-t-il par des électeurs indécis au nombre considérablement plus élevé que d'ordinaire ? 4) Si la réponse est positive à la question précédente, qu'est ce qui a pu conduire autant d'électeurs à devenir des " indécis " ? 5) Y a-t-il eu des erreurs manifestes dans votre campagne électorale et si oui lesquelles ? Toutes ces questions doivent conduire à une analyse critique vous permettant de dégager une conclusion importante : où est né l'avantage significatif de votre concurrent ? A partir de cette identification débute votre stratégie de ré-implication dans le débat politique. Aux Etats-Unis, cette réintégration dans le débat politique porte le nom de la stratégie du " moi aussi ". Elle consiste à corriger l'ancrage initial de votre image de marque en indiquant toutes les mesures que " vous aussi " vous auriez mises en oeuvre comme le fait votre concurrent en qualité d'élu. L'autre thèse, parfois complémentaire d'ailleurs, consiste à débusquer " vos électeurs qui s'ignorent ". Il s'agit de provoquer un regret chez les indécis. Comme il est possible de le constater, la réintégration dans la compétition dépend de la qualité de l'analyse des causes de la défaite. Ces causes vous donnent des indications sur les corrections à opérer. Les Etats-Unis d'Amérique sont réputés pour être les moins compatissants pour les perdants. En 1980, les élections au Sénat et à la Chambre des Représentants ont été une vraie rupture face aux coutumes électorales. Le rejet de Jimmy Carter et l'adhésion populaire en faveur de Reagan ont entraîné des secousses électorales profondes. Le raz de marée reaganien avait emporté des démocrates supposés invincibles. 10 ans plus tard, beaucoup d'entre eux avaient retrouvé leurs fonctions électives. Ceux qui avaient su identifier les raisons de la défaite furent les premiers à revenir à des postes de responsabilité qu'ils ont assumé avec encore plus de performance qu'avant leur défaite. C'est ce cursus de l'après-défaite qui est engagé par de nombreux candidats défaits le 16 mars. Le 1er sentiment consiste à demander des comptes à leurs leaders nationaux. La côte d'amour de Nicolas Sarkozy est très faible actuellement chez les vaincus du 16 mars. Il lui faudra donne rbeaucoup d'efforts pour retrouver la situation de l'été 2007 auprès de ses relais locaux.

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