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Taman negara

Publié le 23 mars 2008 par Jean-Michel Frappier
L'ère glacière n'a pas affecté la région de Taman negara et le climat humide protège la forêt vierge des incendies depuis plus de 130 millions d'années, se qui en fait l'une des plus vieilles et des dernières jungles encore parfaitement intactes de la planète, un endroit unique pour s'imaginer à quoi devait ressembler la terre au début des temps et le lieu idéal pour notre trip survivor. Le parc national fait plus de 4340 km2, c'est à dire près de x fois la superficie de Montréal. Des tigres aux dents pointues, de féroces léopards, des vipères venimeuses, d'énormes éléphants, des pythons mangeur d'hommes et tout les affreux insectes de nos pires cauchemars y vivent, prendre une marche ici c'est loin d'être de tout repos et ça, c'est vraiment un jungle trek! Malheureusement, la pluie s'est mise de la partie et l'on passe notre première journée dans un resto flottant à l'orée de la jungle sans pouvoir y pénétrer.
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Le soir venu on observe, mais surtout on entend certainement le plus con de tous les insectes, une sorte de mouche obèse, plus grosse qu'une coquerelle et qui fait un boucan d'enfer comme une cigale, mais en plus fort, qui passe toute la nuit à foncer frénétiquement dans notre fenêtre et que l'on retrouve par dizaine chaque matin certainement mort d'une commotion cérébrale ou d'épuisement. Il y a aussi le muezzin qui chante en plein milieu de la nuit, habituellement c'est assez jolie, ca fait exotique et ça nous rappel à quel point on est loin de chez nous, mais ici la ville est très très petite disons que c'est un tantinet amateur comme chant, la première fois on a cru que quelqu'un se faisait assassiner!
On croise les doigts pour que le dicton après la pluie le beau temps soit vrai parce que regarder un suicide collectif d'insecte, écouter la pluie tomber et prendre le thé au bord de la rivière c'est pas se qu?il y a de plus excitant.
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Le lendemain matin, le soleil est de retour, on prend une barque pour traverser la rivière et l'on s'aventure dans la forêt incroyablement dense. Tout est gigantesque, on a l'impression d'être des nains à côté des arbres centenaires, il faut tasser des lianes et des feuilles plus grosses que nous pour suivre les sentiers, les fourmis sont sorties tout droit de la période jurassique et les toiles d'araignée sont gigantesques, faite que l'on ne croise pas leur propriétaire. On commence à se demander si l'on aurait dû prendre un guide, on pense aux tribus qui vivent encore ici, chassant à la sarbacane, et s?ils nous prenaient pour des bêtes sauvages, on ne veut pas finir dans un chaudron ou pire se faire capturer par des réducteurs de tête! Les buissons juste à côté de nous se mettent à bouger, on entend un bruit sourd qui nous fait figer sur place, ça y est un tigre, on voit déjà la première page, deux jeunes insouciants dévorés dans la jungle malaisienne. Vite, on sort notre couteau suisse, c'est mieux que rien, au moins on aura combattu, immobile, les muscles tendus on regarde le bosquet près à se battre en duel jusqu'à la mort! Deux jeunes courageux Québecois survivent à l'attaque d'un félin grâce à leur canif. Rapide comme l'éclaire notre adversaire sort de sa cachette................ c'est un magnifique faisan à tête bleue qui nous approche sa queue toute déployée, il est magnifique, de tous les animaux, jamais on ne saurait attendus à tombé sur un faisan! On l'engueule un peu pour nous avoir fait une telle frousse et l'on continue à s'enfoncer dans la jungle.
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Après plus de deux heures de marche, notre répulsif à moustique fait de moins en mois effet, on a les bras couverts de piqure qui gonfle à vus d'oeil et qui chauffe affreusement, mais le pire c'est les chevilles, bizarre on porte pourtant des pantalons. Tiens c'est quoi ces petit vers qui montent sur nos chaussures? Encore un bruit dans les buissons, on sort de nouveau notre couteau, pas de panique, c'est seulement un petit cochon sauvage, un deuxième, un troisième, ils sont tellement mignons, encore un autre et pour finir la maman, qui elle est beaucoup mois amicale, elle grogne et juste à voir son regard féroce on sait qu'il faut quitter rapidement! On doit s'arrêter un peu de courir, nos chevilles nous démangent de plus en plus, on relève nos jeans pour se gratter un peu et c'est la que l'on apprend que les petits vers noirs sont en réalité des sangsues qui se font un festin à l'intérieur de nos souliers! On a le réflexe d'arracher la première rapidement, ouch! le sang se met à gicler. On brule les autres avec un briquet pour les enlever, comme on avait lu dans un livre, ou es-ce que c'était dans rambo? Le sang coule autant, on poursuit notre route, couvert de piqure, trempé par la sueur et les pieds ensanglantés, on voulait de l'aventure, on est servis. Le dicton devrait plutôt être après la pluie les insectes parce que l'on a vraiment l'impression d'être un buffet all you can eat pour bestioles, allez servez vous il y en a pour tout le monde!
On arrive enfin à notre destination, une série de longs ponts suspendus dans les arbres à plus de 40 mètres du sol d'où l'on peut observer la végétation du haut des airs.
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Toute cette marche valait vraiment le coup, c'est superbe! Pour rentrer on prend le chemin le plus simple sans faire de détour, notre nuit à la survivor,on l'oublis assez vite, on n'aurait certainement pas survécu.

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LES COMMENTAIRES (1)

Par ico
posté le 25 novembre à 11:06
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Bonjour, sympa votre récit, je voulais savoir si vous aviez pris un traitement anti-palu ou autre à l'époque ?

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