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Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner

Publié le 25 juillet 2012 par Christophefaurie
Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner Livre d’entretiens réalisés et présentés par Patrice van Eersel (Albin Michel, 2012). Dominique a déjà commenté ce livre. Que puis-je ajouter à son commentaire ?
Les nouvelles techniques d’imagerie montrent que presque tout ce que l’on croyait sur le cerveau est faux. Comme le dit Dominique, notre cerveau est éminemment malléable et social. C’est une très bonne nouvelle. D’abord, parce que même avec une fraction de cerveau l’homme peut se réinventer. Ensuite parce que la société est en elle-même une forme de thérapeutique, et que rétablir entre nous un lien social sain ferait probablement cesser une des grandes souffrances de notre temps. Le cerveau, en fait, n’arrête pas de se détruire et de se reconstruire, de se recâbler, en réaction aux stimulations de son environnement. L’homme est conçu pour entrer en résonnance avec ses proches. Il est empathique, et même altruiste, par nature. Mieux : le nourrisson sculpte son cerveau par imitation. Mais cela est aussi une raison de racisme : la notion de « nous et les autres » apparaît très tôt dans nos têtes. Et aussi d’indifférence : nous éprouvons de la souffrance avec l’autre, et voulons la faire cesser. Si c’est impossible, il nous faut nier la cause de nos maux. Il semblerait qu’il y ait une forme de gymnastique du cerveau, « apprendre, aimer, agir, méditer rend vigoureux nos neurones et leurs synapses ». Gymnastique continue et répétée. Attitude critique : la curiosité. Car le neurone qui ne sert pas crève. La médiation serait-elle une forme de curiosité ? Elle renforce optimisme et système immunitaire. Et attention à garder une bonne condition physique : le corps sain est nécessaire à l’esprit sain. Et réciproquement : être gentil et détendu guérirait des crises cardiaques ! Et les gens ayant une vie conforme à leurs désirs ne développeraient pas Alzeimer… Le sujet est extraordinairement passionnant, Patrice van Eersel écrit fort bien, et pourtant ce livre m’a frustré, dès son troisième chapitre. Tout d’abord, il est un peu répétitif : ses interviewés tendent à dire la même chose. Ensuite, je les trouve peu convaincants quand ils s’éloignent de la science et s’aventurent dans des considérations plus ou moins philosophiques. En particulier, la théorie sur le mimétisme de J.M. Oughourlian, nous désirons ce que l’autre a, semble capable de prouver tout et son contraire. Je trouve aussi que leur amour de la médiation et des moines de toute espèce a quelque chose de mécanique, et d’un peu ridicule. On en arrive à juger le moine à son nombre d’heures de médiations, comme un pilote d’avion ! Finalement, je goûte peu leur critique désabusée de la société moderne. Cette critique (et leurs nombreuses retraites) me paraît une excuse confortable pour l’inaction, un coupable manque d’empathie. (C’est aussi un des reproches que je fais à Konrad Lorenz, le copain de Dominique : j’aurais préféré qu’il critique moins notre société, et qu’il se demande plus en quoi les théories dont il était si fier alors qu’elles étaient liées au nazisme, avaient pu pêcher. Ce faisant, il aurait certainement produit de grandes découvertes.)

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