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rubj,kiki et onda

Publié le 24 mars 2008 par Véronique Bessard

Les parfums de Vero Kern sont crées avec les tripes et le cœur et non pas avec une stratégie commerciale et dans l’espoir trivial de plaire à tout le monde, cela se sent…

rubj est un parfum lent et lourd, indolent comme l’Andalousie. Il fait renaître dans ma mémoire Marbella, une terrasse blanche, un petit déjeuner avec des toasts à la marmelade d’orange, les yeux perdus dans le bleu de la mer. Ecoutez ! On entend juste le frémissement vert des feuillages sous la caresse d’une petite brise parfumée par les orangers en fleurs. C’est la douceur de vivre, les longues siestes dans un hamac tendu entre deux palmiers, pendant que la nature travaille à ses cadeaux. Ode à l’oranger amer et à ses trésors, rubj est un parfum de Méditerranée, de douceur et de générosité.

kiki dans un tourbillon de lavande et de notes poudrées dégage la tristesse du burlesque, celle d’un clown ou d’un travesti exubérant et trop maquillé qui cache mal son immense solitude. Vous savez…cette gaîté forcée du désespoir. La lavande bleue, froide et fruitée comme une grosse poire juteuse y est juste relevée d’une touche de safran et enveloppée dans un nuage de poudre sucrée, le tout souligné d’un trait noir de patchouli, comme du khôl…une réinterprétation du thème gourmand qui ouvre de belles perspectives. Deux beaux parfums…

Mais mon inclinaison naturelle pour les notes boisée et pour le ténébreux vétiver fait de onda mon préféré. Je suis tombée amoureuse ! Pourtant c’est un cas difficile ; il chercherait à déplaire qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
Sur la peau, onda libère des notes rudes,brutes,sèches, où se mêlent bois, miel, épices, réglisse, racines, tabac, térébenthine, cuir, cirage,encaustique…L’ensemble dégage une impression de rusticité, de force sauvage qui fascine immédiatement. On imagine l’atelier d’un peintre. L’odeur âcre et violente des vernis et des pigments sature la mansarde où l’artiste s’active, mais il y flotte aussi comme un parfum de liberté. Une impression que tout est possible. Une savonnette traîne sur le bord d’un évier écaillé. Ça sent le tabac froid, la peau d’homme et l’envie de brûler la vie par les deux bouts. Quand la nuit tombe, attiré par les lumières de la ville, le peintre, à l’aide de la petite savonnette parfumée au gingembre se fait une toilette sommaire avant de sortir traîner dans les bars. Dans l’atmosphère enfumée, il apercevra peut être un écrivain (Hemingway…Henry Miller ?), crevant de faim, mais noircissant d’une écriture nerveuse des pages entières …Mais…Revenons à la réalité…

onda possède la beauté d’un bijou barbare découvert dans la profondeur de la terre. Il déploie d’étranges effluves qui nous font entrer dans un monde onirique et magique. Cela pourrait être le parfum de Viviane la fée ou de Morgane…Certainement pas un parfum pour un premier rendez-vous mais à coup sûr un parfum addictif et un des plus captivants que je connaisse.

Ces trois extraits de parfum ont une tenue impressionnante et une goutte sur le poignet dure des siècles.Magnifique !De la vraie parfumerie d’Art!


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