Magazine Journal intime

Gloire et déboires des rythmiques blanches

Par Sheily
J’ai promis résister à l’appel du Coca Zéro pour faire don de mon corps à la gym suédoise. Je peux désormais ajouter cet acte de bravoure à la longue liste de mes exploits urbains.

Avec des cours assurés par Jérémie (et Chloé en qualité d’hôtesse), je sens immédiatement que les soixante minutes suivantes seront intenses. D’autant plus que les autres élèves (une ribambelle de jeunes filles), semblent parfaitement rompues à l’exercice. Toutes possèdent d’ailleurs des cartes de forfaits annuels, contrairement à moi qui tremble de frayeur en souscrivant pour un unique cours d’essai. Courageuse, mais pas téméraire.

La salle se remplit progressivement mais raisonnablement, ce qui laisse penser que j’échapperai à tout malencontreux coup de pied ou de poing venu de nulle part. L’accident est si vite arrivé lorsqu’on pratique une activité physique.

Les portes se ferment à l’heure pile, puis après une brève présentation, Jérémie fait signe à Chloé de lancer le son. Je tique légèrement en entendant le premier morceau, mais tout le monde imite Jérémie qui commence à bouger son corps. Me voilà obligée de suivre le mouvement.

J’ondule avec aisance. Je cours sans rechigner. Je bondis avec souplesse. Je sue sans sourciller. Je termine toutes les séries de pompes et d’abdominaux (à l’exception d’un mouvement étrange que mon corps refuse de reproduire). Je m’étire sans fin. Puis je me détends avec délectation. Tandis que j’écoute la musique de relaxation, je sais que je vais prendre l’abonnement trimestriel : les Suédois savent faire apprécier les salles de sport.

A la fin du cours, Jérémie s’approche de moi : « J’ai oublié de le préciser, mais il ne faut surtout pas porter ces chaussons. Vous devez porter de vraies baskets pour amortir les chocs. Sinon votre dos va tout prendre à chaque saut». Je le regarde médusée : « Mais je n’ai que six paires de converses de différentes couleurs. Les baskets, c’est bien trop laid ! ». Et Jérémie de répondre : « Il va pourtant falloir en adopter. Prenez les moins chères, ça vous paraîtra moins douloureux ».

Quelle déception de devoir reléguer mes rythmiques blanches au placard ! Finis pour elles la vie en grande salle. Au lieu de gloire en cours de gym suédoise, elles finiront leur carrière en chaussons d’intérieur.

Et en plus je dois me débrouiller pour trouver des running dorées ou à paillettes… Un défi supplémentaire à relever.


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