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Nicolas le guerrier

Publié le 12 août 2012 par Malesherbes

Charles de Gaulle, fondateur de la V° République, a toujours considéré la politique étrangère comme son domaine réservé. Ses successeurs se sont empressés de l’imiter et Nicolas Sarkozy n’a pas dérogé à cette habitude, confinant son ministre des Affaires étrangères dans un rôle de figurant. Inutile de rappeler toutes les circonstances où le malheureux Bernard Kouchner s’est vu désavoué, voire ridiculisé.

 
Le 7  août, Nicolas Sarkozy s’est exprimé sur la crise syrienne, comme n’importe quel citoyen peut le faire, mais il s’est arrogé le droit de publier une déclaration commune avec l’un des leaders de l’opposition syrienne. Mettant à profit sa notoriété d’ancien président pour interférer avec la politique étrangère de la France, il n’a visiblement pas pris acte du désaveu que lui a infligé le peuple français,

La scène politico-médiatique est encombrée de nombreux experts, le plus souvent auto-proclamés, qui nous dispensent leurs avis prétendument éclairés. Dans son appréciation de certains leaders arabes, les erreurs de Nicokas Sarkozy auraient dû l’inciter à s’abstenir de tout commentaire sur le sujet :

- Deux mois après son entrée en fonctions, il s’est appuyé sur le dicateur égyptien Moubarak pour créer puis tenter de faire vivre une fantomatique Union pour la Méditerrannée.

- En décembre 2007, il a reçu en grandes pompes le tyran libyen Kadhafi, responsable entre autres des attentats contre la PanAm  en 1988 et contre UTA en 1989.

- Il a invité le président syrien, Bachar al Assad, digne héritier de son père, ordonnateur en 1980 du massacre de Hama, à assister au défilé du 14 juillet 2008 à Paris.

On reste confondu devant tant de claivoyance et de sens politique.

 
Mais il y a pis. En réalité, président ou non, Sarkozy demeure Nicolas le matamore, celui qui en 2008 lançait au Guilvinec au pêcheur qui l’insultat « C'est toi qui a dit ça ? Bah descends un peu le dire ! ». Ainsi, Kadhafi lui avait manqué. Il a donc fallu le punir. Maintenant, Assad oublie les honneurs que lui a faits Sarkozy. Celui-ci lui crie en quelque sorte : « Attends un peu qu’on s’explique ! »

J’ai toujours été reconnaissant  à Jacques Chirac de nous avoir tenus en dehors de l’intervention en Irak, supposant qu’il en aurait été différemment avec son successeur. Ce qui jusqu’ici n’était qu’une impression est devenu maintenant une conviction : Sarkozy aimerait faire subir à Assad le sort de Kadhafi.


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