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Réflexions..

Par Ananda

 


Toute dérision devrait commencer par la dérision de soi-même.

En un sens, dominance et domination doivent être renvoyées dos à dos : en effet, chacune des deux est une prison, à sa manière.

Les gens à qui l’on reconnait une autorité, pour autant, restent des êtres humains. Il faut savoir les regarder au-delà de leur sacro-saint pouvoir.

Ils impressionnent et ont les moyens d’intimider, d’obtenir ce qu’ils veulent.

Mais c’est tout. Si l’on les traverse en profondeur de notre regard, on s’aperçoit qu’ils pèsent aussi peu que les autres, que nous-mêmes. Le poids d’une feuille.

Ils ont les mêmes faiblesses et les mêmes talons d’Achille que nous.

Comme nous (voire plus que nous encore), ils sont vaniteux, avides de reconnaissance, de sexe, de richesses, de paraître, de contrôle sur les autres. Comme nous, ils sont bouffis d’orgueil et incapables de se regarder tels qu’ils sont. Comme nous, ils sont esclaves de leurs propres illusions, de leur égoïsme, de leurs idées reçues, de leurs formatages.

Penser à cela contribue grandement à les démythifier.

On peut, certes, les admirer le cas échéant, pour les grandes choses qu’ils réalisent. Mais ne jamais oublier qu’ils ne sont rien d’autre que des Hommes.

Ma mémoire me dit « tu es encore en ce temps-là, là-bas » ; ma perception directe me dit « tu es ici, maintenant ». Il y a des moments où je « m’emmêle les pinceaux », où je me demande qui croire.

L’émergence de la conscience réflexive, chez l’Homme, aurait-elle un sens, un but ? Et dans l’affirmative, lequel ? Pourquoi ne serait-ce pas celui de donner au monde une dimension supplémentaire ?

Le monde d’avant l’être humain était un monde sans conscience (du moins tel que nous entendons ce terme). Est-ce à dire qu’il était exempt de sentiment d’exister, de tout désir de se regarder être, de se mieux connaître ?

Chacun doit trouver sa vérité…pourvu qu’il ne cherche pas à l’imposer aux autres !

Le Système n’a pas intérêt à ce que les gens s’intéressent à ce qui les entoure, l’observent et y réfléchissent.

Comme tout système, il formate et l’individualisme forcené, presque autistique l’arrange très bien. Il fait feu de tout bois (le travail, l’hyperconsommation, l’hédonisme, la télévision, la psychanalyse et tous les crédos du « développement personnel », le Net, les consoles de jeux, l’atomisation de la société en une mosaïque de solitudes)pour zombifier et narcissiser au maximum la créature humaine. Ainsi, en la détournant de l’intérêt pour ce qui l’entoure, la détourne-t-il soigneusement de l’observation et de la réflexion et ainsi, ce faisant, se perpétue-t-il encore bien plus efficacement que par les moyens coercitifs plus classiques.

Le Français est affligé d’une maladie de l’esprit critique. C’est cette affection qui fait de lui l’être « jamais content » qu’on connait.

L’Homme est une bête affublée d’une intelligence qu’elle ne mérite pas.

Décoloniser les esprits, c’est apprendre aux Blancs à cesser d’être persuadés que le monde ne tournerait pas sans eux et qu’il est normal qu’il tourne par eux et pour eux, à se dépouiller enfin de leur identité dominante qui leur colle tellement à la peau qu’ils ne se rendent même pas compte à quel point, justement, elle leur colle à la peau.

Autant dire qu’on en est loin.

Plus on est puissant, plus on tend à l’autosatisfaction et à l’orgueil, plus on se ferme à toute remise en cause. C’est pour ainsi dire un réflexe.

Or jamais l’Occident n’a été plus puissant, plus « universel » et donc, plus convaincu de sa légitimité idéologique. Science, abondance et démocratie sont devenus les nouveaux crédos évangéliques.

Le défaut d’empathie est la plus grande catastrophe humaine.

Car tout commence avec la faculté de se mettre à la place de l’autre.

C’est le manque ou le refus d’empathie qui fait décréter que l’autre n’est pas u Homme, qui, en l’excluant de la sphère de l’humain, libère toutes les capacités de lui nuire.

Seule, la contemplation permet la reconquête de l’étonnement. Seule, elle ouvre le chemin vers cet émerveillement de la conscience hypersensible, presque extatique que l’on connaissait à l’aurore de notre vie.

L’action fuit, suit les rapides de la ruée du Temps. L’action survole.

La contemplation, elle, en s’arrêtant sur les choses, nous rend leur vraie couleur, leur vraie texture, leur odeur réelle ; elle nous restitue toute leur profondeur claire, leur densité, leur façon de se relier au monde. En bref, leur plénitude, elle –même issue de la plénitude de notre attention. Car, au profond de nous, l’être qui découvre, l’être vierge ne meurt jamais. Dans les pires de cas, il ne fait qu’entrer en hibernation.

La contemplation est un temple.

P. Laranco.


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