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À quand un hôpital digne et humain ?

Publié le 26 août 2012 par Lheureuseimparfaite @LImparfaite

À quand un hôpital digne et humain ?Je ne décolère pas. J’ai vraiment beaucoup BEAUCOUP de mal avec le système hospitalier français. 2003 me laissait déjà un arrière-goût prononcé d’amertume. Souvenir oh combien douloureux de mon grand-père les mains ligotées aux barreaux de son lit, incapable de s’hydrater un minimum par cette chaleur étouffante de ce mois d’août caniculaire… Transbahuté ensuite comme un vulgaire paquet de services en services pour finalement atterrir dans une “maison de retraite” ou plutôt un mouroir-boîte-à-fric sous doté en personnel et en humanité. Quelques mois plus tard, la mort au bout du chemin…

Bis repetita quelques années plus tard avec ma grand-mère. Avec pas mal de questions sur le déroulement des évènements au bloc opératoire… Avec encore un manque de personnel et de moyen. Avec encore un manque cruel de dignité et une souffrance morale et physique énorme… Bref, des heures pénibles de déchéance jusqu’à la mort.

Et là on aurait pu espérer que cela se passe mieux, au moins une fois, rien qu’une toute petite fois. Mon père a certes construit sa perte. On ne peut pas dire qu’il se soit jamais soucié de sa santé, que son alimentation ait été équilibrée, que son hygiène de vie ait été irréprochable. Il a plus que tardé à se faire “soigner”. Ce n’est qu’à l’agonie, au bout de la 5ème nuit d’oedème pulmonaire qu’il a enfin accepté d’appeler les secours… Mais rien ne saurait justifier aujourd’hui qu’on le traite aussi mal.

Avec l’hospitalisation en urgence et l’intervention du SAMU nous avons découvert l’ampleur des dégâts. Les crises cardiaques passées inaperçues, les artères bouchées à l’extrême et le diabète astronomique.

Il semblait malgré tout y avoir une solution. Une opération. Lourde, risquée, mais qui offrait l’espoir de jours meilleurs.

Quadruple pontage cardiaque. Quatre gros vaisseaux sanguins irriguant le coeur qui nécessitait impérativement des dérivations sous peine de voire le coeur cesser de battre…

Bref. Des jours d’attentes tout d’abord pour arriver à trouver un chirurgien disponible. Forcément au plein milieu du mois d’août, qui plus est pendant ce fichu “week-end” prolongé du 15 août…

Bref. Une date est annoncée. L’opération planifiée. Les risques maintes fois répétés. 10 % de risques d’y rester sur la table d’op’ et encore 10 % d’y rester en raison de l’anesthésie générale… Restons optimiste. Reste tout de même 80 % de chances pour que tout se passe bien.

Bref. L’opération semble se dérouler sans problème. Elle s’achève après plus de 8 longues heures…

Sauf que là rien ne va plus. La “machine” est réparée mais la tête complètement saccagée. Son coeur fonctionne mais sa tête n’est plus là… BORDEL, c’est quoi ce foutu BORDEL !!! Incohérent, totalement incohérent, déboussolé, désorienté… Mon père se met à pleurer comme un petit garçon impuissant et terrifié. À juste 65 ans on dirait un vieillard de 90 ans. Cette suite opératoire n’avait pas été mentionnée, pas une seule fois envisagée…

Là où je ne décolère pas c’est face au comportement de certains médecins qui comme d’habitude ne communiquent absolument PAS au près des famille et qui continuent de prendre les “non-médecins” pour des crétins incultes. Ce qui m’agace c’est les discours à la con “mais tout va bien, les paramètres sont tout à fait normaux“… Ben voyons, le coeur bat mais vous avez juste foutu un gros bordel dans sa tête…

J’aimerais savoir : combien de temps son cerveau est-il resté privé d’oxygène pour que de telles dégradations apparaissent ???

Et puis à peine une semaine après lui avoir ouvert la cage thoracique, sorti le coeur de sa cavité naturelle vous le renvoyer là sans scrupule et sans prise en charge à la maison. Débrouillez-vous ma petite dame, récupérez votre “paquet” , nous on en a fini avec”.

Et comment va-t-elle se débrouiller ma pauvre petite maman avec cet homme qui n’est déjà plus ce qu’il était il y a encore à peine un mois.

Bref. Je suis triste, je suis inquiète, je suis en colère, je suis impuissante et écoeurée.

Attention. Je ne critique pas TOUS les médecins, ni les infirmières qui réalisent un travail formidable jour après jour.

Je déplore l’état de ce système hospitalier qui ne pense qu’à vider ses chambres pour vite les remplir de nouveaux patients, je déplore ce système qui ne prend en compte que des paramètres physiques et n’a pas le temps ni les moyens de respecter la dignité humaine, je déplore ce système qui répare mais ne sait plus soigner.


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