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Les fleurs du mal

Publié le 26 août 2012 par Lheretique

Lorenzaccio, sous la plume d'Alfred de Musset disait que Florence était une rose sur un tas de fumier. A cette époque, pour des Musset ou des Baudelaire, les fleurs du mal sont surtout la beauté qui émane du mal. A notre époque, il me semble que notre mélange s'est déplacé sur un terrain quasi-exclusivement mora.

Tenez, commentons le scandale Lance Armstrong : ses 7 victoires au Tour de France de cyclisme, je les ai toujours jugées plus que louches. Le dopage ne fait pas de doute. Ce type s'est donc enrichi de manière malhonnête. Et pourtant, il finance aussi une fondation destinée à lever des fonds pour lutter contre le cancer et investir dans la recherche.

Au Mexique, les pires maffieux financent des oeuvres sociales grâce à l'argent de la drogue et la prostitution et le drame, s'ils disparaissent c'est qu'il n'y a aucune structure pour se substituer à leur présence "sociale".

Apporter la liberté à un peuple et chasser son tyran, en principe c'est bien. Et pourtant...l'Irak n'a plus d'hôpitaux, son industrie est devenue inexistante et il connaît une violence endémique infiniment supérieure à celle qui existait sous la dictature de Saddam Hussein.

D'un point de vue philosophique, Bien et Mal, radicalement opposés ne devraient pas être solubles l'un dans l'autre. Et pourtant...

A refaire l'étymologie du mot Diable, je trouve l'adjectif διάβολος,  celui qui inspire la haine en grec ancien mais derrière l'adjectif il y a aussi le verbe διάβαλλω jeter d'un côté et de l'autre (par suite désunir). Le verbe a aussi le sens de tromper. C'est d'ailleurs le sens original du suffixe (une préposition) διά : en divisant, en séparant. Mais notre verbe signifie aussi passer à travers, détourner.

Il y a donc l'idée d'un chemin qui ne va pas vraiment droit dans ce mot. Les Grecs utilisaient d'ailleurs ce verbe surtout pour évoquer les traversées de leurs navires en Méditerranée, or, avec les vents contraires et le climat changeant, je devine que le chemin n'était pas vraiment direct.

Au fond, le mal, ce n'est pas ce qui se mélange au bien : le mal, c'est sa propre association avec le bien. Nous vivrions autrement dans un monde bien plus simple.

Aristote dans son Éthique à Nicomaque s'est justement échiné à décortiquer les divers niveaux d'intentionnalité dans les actions, déterminant celles qui lui semblaient volontaires et celles qui ne l'étaient pas.

Et c'est ce paradoxe de constater qu'une bonne intention n'atteint pas nécessairement son but. A moins qu'elle ait été définie à tort comme bonne...Bonne de quel point de vue ? De celui de l'agent de l'action ou de celui qui en subit les effets ? Subtile dialectique grammaticale entre l'agent et l'objet...Agir sur l'autre c'est fatalement en faire son objet d'une manière ou d'une autre...


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