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Jean-Claude Van Damme « is back » et ça décoiffe grave !

Publié le 27 août 2012 par Kamizole

Jean-Claude Van Damme « is back » et ça décoiffe grave !

Puristes qui savez sans doute autant que moi que JCVD parle un étrange sabir mêlant français et anglais ne lisez surtout pas ces lignes ni moins encore l’article qui est consacré à son grand retour cinématographique sur le blog Big Browser LE JEU DE L’OIE – Van Damme : « Méchant c’est une chose, mais végétarien putain ? » (22 août 2012). J’aurais l’occasion de vous expliquer brièvement l’histoire de l’oie Edith - encore qu’il dise plus facilement « my goose » - laquelle explique qu’il fût devenu végétarien. Quelqu’un devrait néanmoins lui rappeler qu’Hitler aussi fut végétarien…

Je souhaitais m’épargner du travail et ne me sentais pas le courage d’ouvrir le lien pour lire l’intégralité de l’interview donnée aux Inrocks JCVD nous a accordé un long entretien à l’occasion de la sortie d’Expendables 2, où il nous parle de cinéma, rien que de cinéma.  22 août 2012). Mais comme bien souvent ma curiosité l’emporta sur ma paresse et pour toute dire, je préférai aller puiser directement à la source plutôt que passer par le filtre forcément réducteur de quelques extraits si significatifs qu’ils fussent. N’ayez crainte, je résumerais l’essentiel - si ! si ! si ! J’en suis tout à fait capable quand je le souhaite - et ne m’attarderais que sur les questions qui auront particulièrement aiguisé ma veine critique.

Or donc, il explique qu’il n’avait pu - se consacrant au montage d’un autre film - accepter de participer au tournage « d’Expen-dable » alors qu’il a sollicité le metteur en scène pour tourner « Expensable 2 ». Cela dira sans doute quelque chose à certain(e)s de mes lecteurs-trices. Pour ma part, je n’ai vu aucun de ses films et n’en ai nulle envie, détestant particulièrement ce genre de films violents avec des explosions, des courses-poursuites, de l’hémoglobine en veux-tu-en voilà et leurs poussées d’adrénaline si ce n’est de testostérone.

Mais voilà-t-y pas que Jean-Claude Van Damme se pique désormais de posséder des qualités de psychologue pour analyser les person-nages qu’il interprète. Tout ça étant en partie la faute de Sylvester Stallone. JCVD voulant jouer un rôle de vilain : « Comme mon jeu d’acteur s’est pas mal amplifié avec les années, je me suis dit que je pourrais profiter d’une plus grande bipolarité dans mon jeu d’acteur ». Il ne se mouche pas avec le pied, le gugusse !

Il demande donc à Stallone quel genre de vilain pourrait lui convenir : « T’es un vilain, mais t’es comme nous, t’es juste on the other side. Tu as un code d’honneur et tout, mais tu aimes le pouvoir et l’argent, that’s why you’re a vilain ». « I dig it ! ». Je pense que vous n’aurez guère plus que moi - qui pourtant ne suis guère douée - besoin de traduction.

La suite est intéressante : « A partir de là, j’ai pu inventer au personnage un passé, une vie. Avec le temps j’ai appris que la première impression est la plus importante, au cinéma comme dans la vie réelle ». Fort bien s’il a besoin de « se monter tout un film » pour entrer dans la peau d’un personnage. Chacun sa méthode. Mais de mon avis, cela se gâte par la suite : « Donc, pour définir le carac-tère d’un personnage, il faut bien se concentrer sur cette première impression sur le public. Il faut des layers. Depuis la naissance jusqu’au présent ». S’il cible uniquement l’impact sur le public cela n’a plus rien à voir avec la profondeur du personnage et s’apparen-terait bien plutôt à une sorte de manipulation mentale.

Il parle donc d’un autre film qu’il vient de tourner, Ennemies Closer, où il incarne bien évidemment un méchant de chez méchant. Dirigé par Peter Hyams qui ne sut répondre à sa question «Attends, je suis un méchant, ok, mais pourquoi je suis un méchant ? » que par un pur truisme : « T’es méchant parce que t’es méchant ! »… Il le reprend de volée « Attends, tu deviens pas méchant parce que t’es méchant. Il y a forcément une raison - ce qui est parfaitement juste. Pourquoi je suis méchant ? Et puis pourquoi je suis végétarien aussi ? Méchant c’est une chose, mais végétarien putain ? ». Et de lui raconter l’histoire de son oie, Edith. Qui explique en même temps qu’il soit végétarien et qu’il ait suffisamment la haine - il incorporera d’ailleurs cette histoire au film.

Elle tient en peu de mots : « Quand je vivais à la ferme, avec ma grand-mère, j’avais une belle oie. Une belle oie blanche. Elle s’appelait Edith. Comme Edith Piaf. Tu sais : « moi je vois la vie en rose (…) Un jour, lors du réveillon de Noël, ma grand-mère me convie à table et me sert du foie gras. Je commence à le manger et là elle me dit « Edith est à ton goût ? ». Bien de quoi être révulsé, dégoûté à jamais de la viande et d’avoir la haine.

Je ne vous tiendrais pas plus le crachoir sur le reste de l’interview que les personnes intéressées peuvent lire à loisir. Je voudrais m’arrêter sur ce qu’il appelle sa « bipolarité ». Terme qui me paraît impropre au plus haut point. Ou va-t-on si les journalistes et les artistes s’emparent inconsidérément d’un terme qui a une signifi-cation précise en psychiatrie : la « maladie bipolaire » remplaçant effectivement l’ancienne « psychose maniaco-dépressive » qui comme son nom d’indique est un trouble particulièrement grave de la personnalité. Se caractérisant, pour faire court, par des alternances de périodes de dépressions qui peuvent prendre la forme d’une mélancolie particulièrement profonde suivis d'accès d’euphorie où le malade perd toute conscience de sa situation réelle. Le cas de personnes faisant des dépenses inconsidérées étant fréquemment invoqué dans la littérature médicale.

Une forme nettement plus légère et beaucoup plus courante - catégorie dans laquelle on situera les personnes considérées comme « lunatiques » par leur entourage qu’il fût familial, amical ou professionnel - correspond à ce que l’on nomme plus scientifiquement « cyclothymie » : variation de l’humeur, laquelle peut intervenir d’un jour à l’autre. Peut-être selon que l’on s’est levé du bon pied ou non ? Mais en aucun cas - maladie « bipolaire » ou cyclothymie - une personne ne peut être déprimée ou joyeuse en même temps ! Ces états se succédant plus ou moins rapidement dans le temps.

De fait, aussi bien Jean-Claude Van Damme que le journaliste des Inrocks qui l’interviewe font une confusion évidente avec un autre phénomène psychique : « l’ambivalence des sentiments » contra-dictions que l’on peut effectivement ressentir en même temps quand on est confronté à des personnes, des situations, etc. Que la psychanalyse - Freud à la suite de Bleuler - caractérise comme « la présence simultanée dans une relation à un même objet de tendances, d’attitudes et de sentiments opposés, par excellence l’amour et la haine ».

Je veux bien admettre que Jean-Claude Van Damme fût capable de comprendre et projeter ses propres sentiments ambivalents sur le personnage qu’il incarne ou ceux à qui il est confronté dans ses films. Mais qu’il ne nous la joue pas « bipolaire » ! Cela n’a aucun sens.


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