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DOCTOR WHO – 7x01 : Asylum of the Daleks

Publié le 02 septembre 2012 par Sullivan

‘‘I thought you'd run out of ways to make me sick’’ – Le Docteur.
Note aux lecteurs : Quand la décision fut prise d’arrêter Le Village, il y a quelques mois de ça, j’ai dit un jour à Dominique : ‘‘ce qui me manquera vraiment, je crois, c’est d’écrire des reviews de Doctor Who’’. Donc bon, de toute évidence, ça ne va pas me manquer tant que ça. Ces reviews trouveront bientôt un hébergement définitif meilleur que ce petit blog, mais je crois qu’ils sont en train de terminer la plomberie avant d’ouvrir. Ce qui confirmerait qu’il y a bien de l’eau là-bas. Un scoop. Bref, je ne voulais pas vous faire attendre. Enjoy.

L’attente a paru un peu moins longue grâce à la Nuit Doctor Who diffusée en mai sur France 4, mais quand même : pas de nouvel épisode depuis Noël dernier, la plus longue période sans Doctor Who inédit depuis le retour de la série en 2005. Même la fameuse gap year des Specials avait été moins cruelle.

Asylum of the Daleks

Scénario : Steven Moffat ; réalisation : Nick Hurran.
Le Docteur, Amy et Rory sont réquisitionnés par le Parlement des Daleks (qui est très loin d’être celui des rêves). Le Dalek Premier Ministre demande au Docteur et à ses compagnons de les sauver quand il semblerait que la sécurité de leur asile, où ont été emprisonnés tous leurs blessés de guerre, les mutilés et les fous, ne soit plus assurée. Au sein de l’asile, le Docteur reçoit l’aide d’une jeune femme, Oswin Oswald, enfermée dans son vaisseau écrasé sur la planète. Réussira-t-il à la sauver ? Et surtout, d’où vient son lait ?

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Moffat et les Daleks

C’est la première fois que Steven Moffat écrit un épisode entièrement consacré aux Daleks, même s’il avait failli le faire au cours de la troisième saison. En effet, Russell T Davies lui avait proposé d’écrire l’épisode en deux parties ‘‘Daleks in Manhattan’’. Mais Moffat, occupé cette année-là par Jekyll, n’avait pas le temps d’écrire un double-épisode. Il se retira donc de cet assignement (pour notre plus grande malheur) et, pour se faire pardonner, proposa d’écrire l’épisode dont personne ne veut, celui sans le Docteur : ‘‘Blink’’ (pour notre plus grand bonheur).

La mission que s’est fixé le scénariste est de rendre à nouveau les Daleks effrayants, eux que leur énorme impact dans la culture britannique a un peu réduit au rang de figurines rigolotes. Pour ce faire, il revient en quelque sorte à la recette du tout premier épisode de la nouvelle série les mettant en scène, l’absolument génial ‘‘Dalek’’ : montrer ces créatures aussi abîmées que dérangées. L’asile permet de croiser toutes sortes de versions des Daleks, créées au fil des cinquante ans de vie de la série. Un regret, tout de même : les Daleks de bronze modernes semblent largement prédominants, même quand il s’agit de montrer des Daleks censés avoir survécus à des batailles de l’ancienne série (les allusions à Spiridon (l’épisode de 1973 “Planet Of The Daleks”), Kembel (ceux de 1965 “Mission To The Unknown” et “The Daleks’ Master Plan”) et enfin Exxilon (“Death To The Daleks”, qui remonte à 1974). La production s’est tout de même efforcée d’en rassembler le maximum, en utilisant des accessoires d’époque conservés par la BBC (le plus ancien avait affronté Patrick Troughton en 1967) et des répliques appartement à des fans, dont un fan très illustre, Russell T Davies, l’ancien showrunner de la série. Russell a donc bien fait de ne jamais se débarrasser du Dalek de sa maison de Manchester, comme il menaçait de le faire dans son livre « The Writer’s Tale ».
Si j’aurais bien aimé une séquence dans laquelle le Docteur aurait affronté des Daleks un peu plus en forme, il faut reconnaître que ces modèles au bord de s’effondrer aident joliment à construire la tension – ne serait-ce que parce qu’on ne sait plus très bien quand ils vont réussir à tirer, eux qui ont l’habitude d’annoncer et de mettre immédiatement à exécution le fameux ‘‘Exterminate !’’
Le sentiment d’angoisse est réel à quelques reprises, aussi porté par la possible du transformation d’Amy, et la séquence de l’hallucination, et renforcé par quelques séquences réellement horrifiques. Enfin, Moffat se permet un peu de teasing sur le sujet de la personnalité du Docteur – avec cette haine qu’il abriterait et qui fascinerait les Daleks au point qu’ils auraient des scrupules à l’éliminer pour de bon.
Le script de Steven Moffat fait aussi un détour par la planète d’origine des Daleks, Skaro, reproduite de façon impressionnante à l’image de celle qui était apparue dans le jeu vidéo récent City of the Daleks, et par leur Parlement. Comme prévu l’échelle de l’épisode est réellement spectaculaire, aidé aussi par le tournage de quelques scènes tournées cet hiver dans la neige des montagnes du Sud de l’Espagne.
J’étais surpris, et sans doute un peu déçu, que le début de ‘‘Asylum…’’ semble déjà annuler la fin de la saison précédente. C’est normal que des légendes existent selon lesquelles le Docteur aurait survécu, mais le voir déjà capturé par les Daleks, qui allaient forcément répandre aussitôt la nouvelle de son retour...
Sauf que l’épisode se permet une dernière surprise, en effaçant de la mémoire des Daleks leurs souvenirs du Docteur, renforçant au final son nouveau statut. Un final qui est aussi un moyen de contenir les Daleks, qui ont déjà essayé de détruire l’Univers entier à quelques reprises depuis le retour de la série en 2005. ‘‘Nous sommes devenus de plus en plus forts par crainte de vous,’’ dit le Dalek-Oswin au Docteur. Cette peur éteinte par le moment, ils vont sans doute revenir à des plans un peu moins extrêmes, qui ne justifieront plus leur extermination totale à chaque épisode – un aspect qui, il faut bien le dire devenait un peu lassant.

Le Docteur et ses Compagnons

Avec Amy et Rory, le Docteur a développé une relation inédite. Habituellement, il voyage quelques temps avec ses Compagnons, puis se sépare d’eux à tout jamais. Hasard, destinée et River Song se sont conjugués pour construire des rapports différents. Le Docteur est un véritable ami pour les Ponds, qui n’a pas pu se retenir de retourner les voir à la fin de ‘‘The Doctor, The Widow and The Wardrobe’’, et continue de passer les voir régulièrement. Un concept simple qui se complique quand l’ami en question voyage dans le temps, ce qu’illustrait la websérie préquelle Pond Life:

La révélation sur la cause profonde de la séparation d’Amy et de Rory n’aurait pas dû marcher. J’ai le sentiment que c’est attendu, et que je suis déjà passé par là via Scully dans X-Files. Sauf que voilà : ça arrive au moment où on ne s’y attend pas, par des dialogues bien écrits et superbement interprétés par Karen Gillan et Arthur Darvill. J’ai versé ma larmichette. Be damned, Moffat !

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Si Steven Moffat a annoncé des épisodes largement indépendants cette année, on sent bien que les Ponds, leur couple, et leur relation au Docteur, seront un fil, à suivre. Et puis, bien sûr, il y a Oswin Oswald... Sacré Moffat !
Pour toutes les discussions qu’il y a pu avoir ces derniers temps sur la couverture exagérée dont bénéficierait Doctor Who (le fan de série est un être névrosé et paradoxal qui se plaint continuellement soit que les séries sont négligées, soit qu’elles sont surexposées, sans juste milieu...) cette équipe sait drôlement bien garder un secret quand elle en a envie. Annoncée dans la Terre entière pour Noël, l’arrivée de la nouvelle comparse du Docteur, incarnée par Jenna-Louise Coleman, prend quatre mois d’avance. Difficile de tout-à-fait juger de son personnage pour l’heure, en l’absence de réelles interactions avec d’autres acteurs. Mais pour l’heure elle est clairement convaincante dans son jeu et instantanément sympathique.
La surprise finale amène Steven Moffat sur des territoires qu’il a déjà empruntés, avec la petite fille de la Bibliothèque, en particulier. Si bien qu’on peut la voir venir. Elle n’en reste pas moins efficace, en même temps qu’elle pose un mystère intéressant. Le Docteur croisera-t-il Oswin plus tôt dans sa ligne de temps ? La sauvera-t-il de cette fin ? Ou bien rencontrera-t-il plutôt un double ou une copie ? Cette fois, c’est normalement bien à Noël qu’on devrait avoir nos réponses.

En attendant, il nous reste quatre semaines pour profiter des derniers jours des Ponds.



Le Bilan : Steven Moffat revient à un style plus direct et linéaire, qui satisfera sans doute ceux qui sont davantage fans de ses anciens épisodes plutôt que des récits tentaculaires qu’il a proposé récemment. Il utilise les Daleks au mieux de leur forme pour un récit sur l’amour et la haine qui se trouvent en chacun de nous, s’entrechoquent et guident nos actions, sans qu’on puisse toujours bien distinguer lequel des deux sentiments est à l’œuvre. Bref, une façon d’ajouter à la mythologie de l’Univers Whovien sans oublier d’y mettre du sens et du cœur.

Le ravalement de façade de la semaine :
Cette saison, le logo de la série actualisé chaque semaine en tenant compte de la thématique de l’épisode. On retrouve donc un Doctor Who agrémenté des eggs globes sensoriels daleks.

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