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James Siegel : Storyteller

Publié le 02 septembre 2012 par Corboland78

120902 James Siegel Livre.jpgJames Siegel est directeur et administrateur d’une des plus grandes agences de publicité aux Etats-Unis. Storyteller, paru fin 2011, est son quatrième roman sorti en France.

Tom Valle, la quarantaine, est journaliste. Après avoir été déchu de son titre de journaliste star d’un grand quotidien new-yorkais quand on a découvert qu’il bidonnait ses articles, inventant de toute pièce ses enquêtes, il se retrouve exilé à Littleton, une petite ville de Californie, où par bienveillance le journal local l’accepte dans son équipe pour rédiger la rubrique « chiens écrasés ». Son passé lui colle aux basques, comme une marque indélébile connue de tous, et il passe pour le menteur du village.

Jusqu’au jour où, interviewant la centenaire de la maison de retraite à l’occasion de son anniversaire, celle-ci lui révèle que son fils mort est revenu la voir. Tom Valle s’intéresse à cette histoire qui pour tous n’est que propos d’une vieille femme sénile. A peu de temps de là, un accident de la circulation entre deux voitures fait un mort. Un détail trouble le journaliste, l’incitant à enquêter pour découvrir, que le mort était castré et que son identité est fausse, par ailleurs le conducteur de la seconde voiture qui n’était pas blessé, a donné un nom et une adresse inconnus des services administratifs.

Tout cela est bien troublant mais à Littleton, qu’on soit shérif ou rédacteur en chef de la feuille de chou locale, on n’est pas du genre à s’imaginer des choses pour autant, surtout quand les soupçons émanent d’un journaliste baratineur connu pour ses articles inventés. Tom Valle va donc se lancer seul dans une enquête dont l’origine remonte à 1954 mais il est loin d’en imaginer l’ampleur et les conséquences, pour lui, pour ses proches, pour les Etats-Unis et pour le Monde !

Bien entendu je ne vous révèle rien de plus puisqu’il s’agit d’un thriller et seule votre lecture vous en donnera l’épilogue. Les critiques ont cité (voir le dos du livre) Les hommes du président, L’Affaire Pélican ou Blow Out comme références. J’ai vu les films, mais je n’ai pas lu les livres dont ils sont inspirés, or ici nous parlons d’un bouquin, ce qui n’est pas du tout la même chose. Je vois bien le rapport entres ces références et Storyteller, mais je n’irai pas le mettre à ce même niveau.

Ceci dit, j’ai beaucoup aimé le roman de James Siegel. Il se lit très bien, très vite et on a hâte d’arriver au point final, qui d’ailleurs ressemble à des points de suspension. Les chapitres sont extrêmement courts, 56 pour 462 pages, et l’auteur abuse du saut à la ligne, ce qui a pour effet positif d’accélérer le rythme de la lecture en créant une fausse impression de vitesse ou de suspense, mais l’effet négatif, c’est qu’on a en main un faux gros pavé inutile. Les éditeurs adorent les thrillers bien épais, mais est-ce l’avis des lecteurs qui se trimballent des bouquins d’un kilo dans leurs sacs ? La question mérite d’être posée.

Néanmoins, je répète que j’ai aimé le livre, j’ai apprécié le ton de l’écriture, cet humour désabusé, ainsi que les dialogues qui m’ont paru bien tournés et pourtant c’était casse-gueule car Tom Valle discute souvent avec malades dans les vapes sous médocs… Le seul point qui me laisse un peu dubitatif – mais c’est aussi certainement le charme de ce thriller – c’est que l’enquête de Tom Valle est assez plan-plan au regard des enjeux et de l’adversaire auquel il s’attaque. La fin du livre est aussi une réflexion sur les secrets d’état et le Monde tel qu’il va, mais est-ce réellement une révélation ?   

« -Nous avons beau nous préoccuper d’exporter la démocratie – ces temps-ci, on dirait que notre politique étrangère se limite à ça, à cette croisade-, qui protège la démocratie dans notre propre démocratie ? Ces neuf vieillards cacochymes de la Cour suprême ? Qui protège les Etats-Unis aujourd’hui à part des quotidiens médiocres comme USA Today ? Ca fait peur, non ? Mais je suis sérieux. Qu’on le veuille ou non, la démocratie est entre les petites mains moites de la presse populaire. Même si nous n’en avons pas conscience. Même si nous ne voulons pas que ce soit comme ça. Je dis nous mais je pourrais être plus précis : c’est la vérité qui est en première ligne, c’est elle qui reçoit toujours la première balle. »

120902 James Siegel.jpg
James Siegel  Storyteller  Cherche Midi

  


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