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Route One / France

Par Videopaper

Route One / France


J'ai revu " Route One / USA" de Robert Kramer. Réactiver mon regard. Revenir aux sources. Se ressourcer. Un peu de désespérance aussi à voir qu’en 22 ans, l'Amérique ( le monde ?) n'a pas réellement changé : misère, ségrégation sociale, WASP dominateurs, conservateurs fanatiques, travail aliénant.... Mais ce qui est poignant c'est les rencontres de ces pépites Humaines qui, dans la fange du Monde Capitaliste, font briller la solidarité, l'espoir, l'entraide, le partage, et si le monde ne changera pas, du moins elles auront ouvert des brèches de bonheur, apporté des brisures de lumière.


Beauté des plans et beauté de l'image. Filmé avec une Aaton super 16  (et gonflė en  35 MM),  l'argentique nous offre sa grande dynamique, et surtout et surtout sa matière. Cette espèce de densité de lumière, ce coulis  de couleurs, cette viscosité de la réalité, qui rassasie le regard. Image organique,  minérale, vivante, porteuse d'émotion. L'image numérique reste, à mes yeux,  moins goûteuse, plus rêche, plus sèche.
En comparaison le film " La pluie et le beau  temps» d’Ariane Doublet (film qui fait partie de sa belle  «Suite Normande «) tourné en XDCAM je suppose, offre une image vide, voire distante alors que l'on filme des gens, leur histoire. Au delà de l'absence de profondeur de champs et de la faible dynamique,  cette image vidéo semble plate, frêle, fragile ;  on ne la croit pas capable d'étayer le propos, de soutenir  l'histoire. Comme une absence elle se greffe sur le regard. Le média et l'image sont intimement liés,  leur union est la matière du regard.
Par curiosité et intérêt j'ai regardé, analysé «Route One / Usa»  sous Résolve 9 ( bien que sachant que  j’étais loin, très loin des originaux...).  Mon premier étonnement  est qu’aucune balance des blancs est juste. Ce n'est pas des gros écarts,  juste une petit dominante, mais face à la précision chirurgicale que l'on peut avoir en étalonnage numérique, cela surprend....et quand je la rétablis et bien 8 fois sur 10 le décalage était plus plaisant ! Comme quoi l'imprécision est porteuse d'esthétisme...
Autres étonnement, l’image très peu saturée et pourtant les couleurs ont une belle présence. Jamais de noirs écrasés, jamais de blancs clippės ( le wavefom du 5D souvent me désole, car la  moindre d'erreur donne des noirs écrasés), et puis des niveaux jamais élevé toujours autour de 70%  (est ce le processus de masterisation ? ) et pourtant l'image n'est pas sombre et contrastėe juste ce qu'il faut.... Du mal à revenir au 5D....peut être que la BMD ou la C100 (à défaut d'Alexa !!!! ) me soulagera de ce spleen argentique ?
Avec l'ami Raymond (Depardon) un parcours en France, se solde par des belles photos léchées, faites à la chambre grand format. Un rien figé, un rien maniérė,  la Touche Culturelle Française je suppose, cette espèce de suffisance Française qui voit le monde au travers d’un désir esthétique prétentieux et donneur de leçon... Contraste avec «Route One», vision dynamique d'une société, analyse en mouvement, sans pédantisme. Montrer. Juste montrer. Bâtir la réalité à partir du regard et non de son interprétation. Donner à voir l'illusion du monde, et non donner l'illusion de voir le monde. Peut être  aussi que si il y avait 5000 km entre le nord et le sud de la France, nous aurions des Kramer plutôt que des Depardon. À nous de tracer cette route d'images.

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