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Frais de scolarité, endettement et endoctrinement

Publié le 03 septembre 2012 par Eldon

Les universités françaises sont le parent pauvre de l’éducation: locaux vétustes, formations théoriques et trop générales, baisse dan les classements internationaux,….

Admettons et difficile de dire le contraire. Idée géniale: on va les rendre autonomes, pour qu’elles soient plus proches de la réalité, qu’elles aient plus de marges de manoeuvres, qu’elles soient plus dynamiques, plus souples et s’adaptent mieux à la réalité du terrain, et patati et patata.  Ça a été fait en 2007. L’autonomie, pourquoi pas. Mais quid des moyens?

A priori pas assez et les clignotants sont vite passés au rouge: près de 20 grandes universités risquent de faire face à des déficits conséquents en 2012. Selon un audit de la Cour des Comptes rendu public il y a quelques jours, il manquerait près de 120 millions d’euros au budget de l’enseignement supérieur. Concrètement, les établissements en difficulté disposeraient d’une trésorerie proche voire inférieure à un mois de fonctionnement, bien en deça du seuil de prudence. Depuis deux ans, les budgets sont de plus en plus serrés et le nombre d’universités en difficulté financière ne cesse de croître. En novembre 2011, 8 établissements étaient en déficit et le ministre de l’enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, se félicitait alors que la «très grande majorité soit en bonne santé financière» et blâmait les quelques moutons noirs pour leur mauvaise gestion.

Bon ben qu’est-ce qu’il faut faire?

-  réduire les dépenses: surtout d’investissement pour pouvoir assurer celles de fonctionnement. Que devient alors la prétendue plus-value de l’autonomie?

- créer une saine concurrence entre les universités: « L’objectif est de faire émerger une dizaine de « campus d’excellence », capables de rivaliser avec les plus grandes universités du monde, a dit  en mai Laurent Wauquiez. Et d’attirer les meilleurs étudiants étrangers. » Et les autres?

- assurer une collaboration avec le privé, c’est à dire les entreprises. Joliment dit ça donne « partenariat », création de fondations, mécénat,…. Par exemple, avec six millions d’euros récoltés en moins de deux ans, la fondation Bordeaux Université est l’une des plus dynamiques sur les 40 créées à ce jour. Parmi ses partenaires fondateurs : le groupe pharmaceutique Sanofi et le Fonds des Premiers Grands Crus de Bordeaux, qui versera 1,3 million d’euros en trois ans. « J’ai réussi à convaincre les châteaux Lafite Rothschild, Cheval Blanc, Petrus et autres de coopérer avec nous, dit Jean-René Fourtou, président de la fondation. C’est excellent pour notre image internationale ! »Bien joué Jean-René! En fait il s’agit d’une privatisation à moyen terme , ni plus ni moins.

- augmenter les frais de scolarité: c’était gros comme une maison. Lisez l’article « Les stratégies  de manipulation des masses« . On crée un problème et après on présente  une solution comme étant la seule possible. TINA is back! demandez aux étudiants québecois ce qu’ils en pensent… C’est pas encore le cas mais c’es sûr avant , allez, trois ans, vous allez voir.

A court moyen terme ça donnera quoi: 80% d’une classe d’âge parviendra au bac et combien pourront se payer des frais de scolarité en plus du côut de la vie étudiante??? Combien? Combien?

Le résultat: beaucoup ne parviendront pas à faire des études. Les autres? Diplômés et libres? Non, non ,non. Endroctinés. Formatés dans un mode de pensée. Je laisse Nomand Baillargeon vous l’expliquer. Vous allez voir, c’est facile à comprendre.

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Entendons nous bien. Il ne s’agit pas de cesser d’être exigeant et que vouloir que les examens ne soient pas une validation de compétences et que donc il n’y ait pas une sélection. Il ne s’agit pas de contester que les Universités doivent être  dynamiques et que les entreprises ne puissent contribuer à la formation qui est censée aboutir à un travail.  Il ne s’agit pas de ne pas pousser des apprenants au mieux de leurs possibilités et de celles que nous leurs créons pour peu qu’ils y adhèrent, quitte à ce que ça forme une élite. Mais on ne peut admettre qu’un Etat délaisse le secteur de l’enseignement et pire  le privatise car c’est ce qui va arriver. La norme sera bientôt que des étudiants aient des dettes énormes avant d’arriver sur le marché du travail comme aux Etats-Unis.

Rappelons qu’ après les «subprime», certains voient dans l’endettement des étudiants américains la prochaine grave crise susceptible de secouer fortement l’Amérique. Celui-ci a atteint la  des 1000 milliards de dollars. C’est beaucoup plus que l’endettement dû aux cartes de crédit. Mise en perspective, la dette privée des étudiants outre-Atlantique est supérieure à la dette publique hongroise. Les Américains fraîchement diplômés des universités du pays ont accumulé une dette moyenne de 25 000 dollars. Ce constat provoque la colère des milieux estudiantins. Le mouvement «Occupy Colleges» organise une vaste mobilisation dans les universités et exhorte les politiques à rendre les études universitaires gratuites. (« Le Figaro »)

Mais surtout, et nous rejoignons complètement Normand Baillargeon, c’est qu’on va créer un endoctrinement absolument néfaste et pernicieux à terme pour tout le monde car ceux qui sortiront diplômés après ce parcours non seulement livresque mais surtout financier auront développé une manière d’être certainement pas altruiste.

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