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Endettons nous, Folleville

Publié le 16 septembre 2012 par Egea

La semaine qui vient de passer aura des conséquences sur l’économie européenne et son avenir politique, nous y reviendrons, mais surtout sur les grandes données financières et économiques mondiales. La conclusion est claire : il est urgent de s'endetter.

Endettons nous, Folleville
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1/ En effet, le 6 septembre, Mario Draghi, directeur de la Banque centrale Européenne, annonçait qu'il procéderait à une action "illimitée" pour racheter de la dette des États de la zone euro, surtout si les taux exigés par les marchés sont trop élevés.

2/ Huit jours plus tard, Ben Bernanke, le directeur de la Réserve Fédérale américaine, lançait un nouveau plan de Quantitative Easing, destiné cette fois aux titres liés à l'immobilier américain (à hauteur de 40 Milliards de dollars par mois...), là encore sans limite de temps ou de valeur cumulé des rachats.

3/ Le point clef n'est donc pas dans la succession de nouvelles du côté européen (décision du tribunal de Karlsruhe, assouplissement au Portugal, ...), mais dans le couplage transatlantique des interventions des banques centrales, utilisant des outils "non conventionnels" pour casser la crise.

4/ En utilisant la théorie économique standard, on ne comprends pas ces interventions : en effet, dans un marché gorgé de dettes (privées et publiques : on oublie souvent les premières, au moins aussi importantes que les secondes), Dra-nanke a décidé de rajouter de la dette à la dette. Que les précédentes interventions similaires n'aient donné que peu d’effet ne surprendra que les incultes : il y a eu un phénomène de trappe à liquidité (même si à la différence de la théorie de Keynes, cette relance n'est pas le fait de l’État mais de banques centrales : on admettra que la différence est ténue).

5/ C'est donc une logique simili-keynésienne qui est poursuivie : En fait, peut importe la dette ou le surcroît de dette : il s'agit en effet de relancer la confiance, en estimant qu'on relancera par là la croissance, et ensuite l'inflation. Autrement dit, en faisant marcher la planche à billet à plein régime (car l'annonce de notre duo, ne vous y trompez pas, n'est rien d'autre que de la création monétaire à cadence accélérée), on estime qu'on tuera la dette par l'inflation. Muraille de dette, dites-vous ? Il y aura une montagne d'inflation pour la tuer, ce n'est pas grave.

6/ La décision que vous ou que moi devons donc logiquement prendre est la suivante : empruntez pour acheter des valeurs solides (or, immobilier). Les prix sont hauts ? ils ne le sont qu'en valeur faciale, qui paraîtra minimale dans un ou deux ans, quand on aura pris 10 ou 20 % d'inflation annuelle... Et dans cinq ou dix ans, quand vous devrez payer 3% d'intérêt pour des emprunts en valeur 2012 sachant qu'alors les prix auront été multipliés par deux et les taux par trois, vous serez content de votre appartement.

Il ne reste plus qu'à convaincre votre banquier : or, comme il n'est pas sot, il a déjà compris ce que vous vouliez faire. Pourquoi croyez vous que les crédits se tarissent partout ?

O. Kempf


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