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Elements de langage pour le terrain du mariage

Publié le 17 septembre 2012 par Tchekfou @Vivien_hoch

Il serait ainsi urgent de se baser sur une définition commune et claire du mariage humain, qui permette une message fort et recevable par nos contemporains. J’en propose une ci-dessous, celle d’un époux et père de famille ayant un peu baroudé et lu, illettré en philo, juste armé de son bon sens, et sans doute très approximative.

A cette définition, il faut établir quelques éléments de langages pour la ligne de front :

  • rappeler, comme l’a très bien fait Mgr Barbarin, l’accueil pour les personnes de toutes tendance, dans leur histoire et leurs situation, tout en n’occultant pas la vérité des faits et des choses, chrétiennes ou purement laïques,
  • pas de définition du mariage comme d’abord un rempart pour les enfants : il est d’abord l’accomplissement naturel et social de l’homme et de la femme dans un don mutuel et l’aventure de la fidélité. A noter que les hommes et les femmes sont eux-mêmes des petits lorsque non éduqués à l’amour vrai,
  • “noter” l’impact désastreux de l’instabilité  et de la dénaturation du mariage sur les hommes, les femmes et les enfants. On parle là notamment du divorce, de l’homosexualité, etc… Les études ne manquent pas (ici par exemple) et il est de fait très politiquement incorrect d’en parler, très “rebelle attitude” de dire cette vérité.
  • pas d’agitation autour des éventuelles conséquences hypothétiques (polygamie, inceste) : le refus du mariage homosexuel doit être total et en lui même et non à cause d’un point Godwin malvenu et assez flou. La polygamie et l’inceste ne sont pas le sujet ! Cette logique de manipulation doit être refusée, car elle impose d’elle même un terrain d’entente alors qu’il s’agit de refuser toute dénaturation du mariage lui-même.
  • parler de changements de nature similaire (analogie de raisonnement) : le CDI qui deviendrait un CDD ou une sous-traitance du fait d’habiles lobbyistes, la couverture sociale qui ne couvrirait plus les familles par égalitarisme avec les célibataires, l’obligation de soin qui disparaitrait etc… Dans ce cadre de changement de définition, les parties doivent a-minima discuter, voire négocier un fondamental changement de contexte…
  • répliquer dans le même sens par un contre-feu à rendre clair ou sous-entendu (?) : par exemple, rupture des accords de reconnaissance (mariage civil/religieux), reprise de l’autonomie de l’Eglise et restitution des biens spoliés de 1905.
  • analyser l’obligation du mariage civil avant le mariage religieux. Dans la mesure où ils deviennent de nature différente, le “divorce” entre les deux doit pouvoir être consommé, en tous cas être envisagé avant toute suite donnée par le gouvernement.
  • n’hypothéquer en rien et de façon préalable le champ des possibles en cas de modification profonde de la nature du mariage par les autorités civiles, notamment en ce qui concerne la désobéissance civile.
  • refuser un débat dans un cadre parlementaire, dont on connaît les aspects partisans et l’issue fatale. Ce type de discussion, cadrée dans le temps et les interlocuteurs, est la meilleure méthode pour des discours irrationnels.
  • ne pas parler du “mariage homosexuel”, dont la reprise médiatique revient à accepter la notion. Parler systématiquement de “changement de nature du mariage”, “mariage dénaturé”, etc…

Et open-bar à la critique et aux suggestions…

Qu’est-ce que le mariage humain (réflexion perso) ?

  • “L’alliance matrimoniale … par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants” Catéchisme de l’Église Catholique no 1601 et suivants 
  • Le mariage part des pulsions naturelles animales, celle des instincts de stabilité sociale et de reproduction, latents, plus ou moins immédiats. Humanisant en profondeur ces tendances naturelles, le mariage humain les “conscientise” en les pensant et les accueillant, dans un dialogue posé, réfléchi et ordonné, personnel et social, égalitaire et libre, spirituel pour les chrétiens. Le don mutuel de soi-même en totalité, en pleine liberté et égalité s’intègre dans la vie sociale et humaine, dans une durée et une stabilité, ce sens de l’éternité inscrite au plus profond de l’homme.
  • Le mariage est donc cette rencontre et cet engagement naturels, profondément humains, entre l’homme et la femme, dans un don et un accueil mutuels d’où naît l’engendrement. L’accueil de l’enfant, son éducation et l’accompagnement dans la vie induisent la pérennité de ce don mutuel initial, dans une stabilité forte.
  • Dans un sens réaliste, le mariage bénéficie de garde-fous sociaux et réglementaires, permettant d’assurer à cet engagement des garanties que les erreurs de jugement et les tentations humaines pourraient laisser.
  • En ce sens, pour les chrétiens, comme l’homme est image de Dieu, le mariage est une image la Trinité. Et le mariage récapitule la Création (cf Tree Of Life : la création comme préambule à la rencontre et au mariage).
  • C’est bien cette question de fond qui se pose : quel est le sens de notre organisation sociale, quelle est l’attente fondamentale, “idéale” de nos contemporains, et comment la structure intime du mariage répond à ces attentes réelle et profondes, non nécessairement conscientes.

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