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(Pilote ISRL) Srugim : une série relationnelle attachante au sein de la communauté juive orthodoxe de Jerusalem

Publié le 21 septembre 2012 par Myteleisrich @myteleisrich


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En cette fin d'été, il semble que le petit écran israélien occupe une place particulière dans mes programmes. Tout d'abord parce qu'après avoir été enthousiasmée par la saison 1 de Hatufim, j'attends la seconde dont la diffusion débutera prochainement en Israël avec beaucoup d'impatience (l'avant-première a eu lieu réunissant les équipes de Hatufim et de Homeland : une vidéo sous-titrée par là - attention, il faut avoir vu la saison 1 de Hatufim en entier, risque de spoiler). Aussi parce que l'on parle d'autres remakes US, avec Gordin Cell qui aiguise la curiosité. Et puis également parce que je découvre d'autres genres, et notamment, avec Srugim, le drama relationnel (il faut remercier chaudement LadyTeruki pour cette dernière découverte).

Srugim est une série diffusée sur la chaîne israélienne Reshet depuis le 23 juin 2008. Elle compte 3 saisons, composées d'épisodes qui durent environ une demi-heure. Ces dernières sont toutes sorties en DVD avec une piste de sous-titres anglais, et je dois vous avouer qu'après avoir visionné ce pilote, je suis en train de budgétiser l'investissement complet. Car c'est une introduction efficace qu'il propose, partant sur des bases très intéressantes, notamment par ses rapports au spirituel, qui ont du potentiel. En résumé, j'ai vraiment envie de poursuivre l'exploration.

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Srugim raconte le quotidien d'un groupe de cinq jeunes trentenaires Israéliens, juifs orthodoxes, vivant dans le quartier de Katamon, à Jerusalem. S'ils sont pratiquants et respectent les préceptes de leur religion, il leur manque un élément essentiel, légitimement attendu par leur famille, et leur communauté en général : ils ne sont pas mariés. Ils vivent en colocation, ou bien seuls s'ils en ont les moyens, se réunissant les vendredi soirs pour la prière du shabbat. En semaine, tout en menant leur vie professionnelle, ils cherchent l'âme soeur ou du moins celui ou celle avec qui ils auront envie de passer leur vie, s'inquiétant de rester célibataire.

Le téléspectateur se familiarise dès ce pilote avec ces jeunes gens très différents. L'accent est pour le moment surtout mis sur les personnages féminins : ce sont des personnalités fortes, attachantes, avec leurs doutes mais aussi leurs espérances chevillées au corps. Yifat est graphiste, elle habite avec Hodaya, une fille de rabbin cherchant sa voie. Reut, comptable gagnant très bien sa vie, a une maison pour elle seule : féministe revendicatrice tout autant que croyante sincère, elle vient tout juste de décliner la demande en mariage de son ami. A l'occasion d'une rencontre pour célibataires, Yifat recroise une ancienne connaissance d'enfance, Nati, devenu médecin. Invité à la prière du vendredi soir chez elle et Hodaya, Nati emmène avec lui son nouveau colocataire, Amir, un professeur récemment divorcé.

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Srugim s'ouvre à la manière de toute série relationnelle, faisant en sorte que l'on apprenne vite à connaître et à apprécier pour ce qu'ils sont chacun de ses protagonistes. Se perçoit d'ores et déjà un potentiel certain dans ces portraits ainsi esquissés, complexes, riches en sentiments, mais aussi en paradoxes. Il restera par la suite à équilibrer le soin apporté aux figures masculines, plus en retrait par rapport aux féminines. Cependant, ce qui permet à Srugim de ne pas être une énième fiction sur des célibataires en quête d'amour, c'est son cadre religieux, omniprésent, dans lequel elle immerge le téléspectateur. La mise en scène et l'exploration des rapports des personnages à leur foi font partie intégrante du récit. La série ne se veut pas moralisatrice, ni ne fait acte de prosélytisme : elle se contente de nous glisser aux côtés des représentants de cette communauté juive orthodoxe, et d'essayer d'en dessiner une image qui résonne authentique. Si le téléspectateur non juif peut parfois ne pas saisir tous les tenants et aboutissants des termes et rituels religieux (les interdits durant le shabbat par exemple), il n'en est pas moins vite frappé par le caractère universel des questionnements sur la spiritualité qui parcourent la série, tiraillés entre héritage et choix personnel.

Dans son approche de la religion comme composante essentielle du quotidien de ses personnages, Srugim montre avec justesse que croire n'implique pas de cesser de s'interroger, au contraire. La série met l'accent sur les dilemmes et les difficultés auxquels sont confrontés ses personnages en leur for interne. Au cours de ce pilote, opportunément, ce sont les rapports hommes/femmes qui servent en quelque sorte de fil rouge. On assiste par exemple aux revendications féministes de Reut. Elle refuse tout d'abord avec force cette demande en mariage formulée pour coïncider avec le moment où son ami retrouve l'ascendant financier sur elle, gagnant enfin plus. Puis elle prend l'initiative de lire le kiddouch le vendredi soir, alors que deux hommes étaient invités à leur table. Face à cette dernière action, la surprise mêlée de curiosité d'Amir capture parfaitement les paradoxes de l'instant : sans chercher la confrontation, cela illustre à la fois les décalages et les tensions qui transparaissent entre tradition et modernité. Un autre clash au cours de ce pilote, où un ami de Hodaya refuse le téfiline d'une femme, conduit à une discussion tout aussi honnête entre Hodaya et Nati sur la place respective des hommes et des femmes par rapport à la prière. La force de Srugim est ici de chercher à éclairer avec sobriété la manière dont chacun vit sa foi, vis-à-vis de sa communauté, de son éducation, de ses doutes sur certains préceptes enseignés. Cette approche finalement très brute confère au récit une authenticité appréciable et un intérêt culturel certain. 

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Sur la forme, Srugim a tout de la série intimiste. Appréciant les plans serrés, capturant les expressions de chaque visage, la réalisation appuie sur une dimension relationnelle voulue. Il s'agit peut-être aussi d'un trait commun aux séries israéliennes, Hatufim partageant également cette même approche visuelle qui permet de mettre en avant l'individu. Dans le même temps, la série bénéficie d'une bande-son agréable, dont les ballades (à l'image de celle entendue lors du générique - cf. les vidéos ci-dessous) correspondent bien à la tonalité du récit.

Enfin, Srugim rassemble un casting globalement homogène où, pour le moment, les actrices s'imposent avec le plus de force à l'écran, comme si dans ce déséquilibre hommes/femmes que semble inhérent à la communauté mise en scène, la série avait eu envie de mettre d'abord l'accent sur elles. Yael Sharoni, Tali Sharon et Sharon Fauster font toutes trois preuve de beaucoup d'énergie. Elles donnent envie de s'attacher à chacune d'elles et à apprécier leur relative complicité. Les deux hommes, Ohad Knoller et Amos Tamam, sont un peu en retrait au cours de ce pilote ; mais ils semblent trouver le ton de leurs rôles respectifs.

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Bilan : Série relationnelle démarrant sur des bases typiques dans sa mise en scène de trentenaires célibataires, Srugim est particulièrement intéressante en raison de son exploitation d'une dimension spirituelle omniprésente, qui vient s'ajouter aux enjeux amoureux. Fiction qui relate le quotidien de personnages croyants et pratiquants, mais qui ne fait pas pourtant oeuvre moralisatrice ou prosélyte dans ce pilote, elle éclaire les tensions, les difficultés, voire les doutes, inhérents au fait de croire pour ces cinq jeunes Israéliens de leur temps, modernes perpétuant les traditions.

Ce pilote propose donc une introduction efficace qui laisse entrevoir du potentiel. Comme c'est aussi le genre de série pour lequel l'attachement grandit au fil des épisodes : à suivre !


NOTE : 7/10


Le générique de la série :


Une bande-annonce de la série (VOSTA) :

BONUS - La chanson complète que l'on entend lors du générique :


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