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AC Milan, une dégringolade sans fin?

Publié le 25 septembre 2012 par Passionacmilan

BerlusconiLe début de saison de l’AC Milan est un cauchemar éveillé. L’équipe d’Allegri s’enfonce dans une crise toujours plus profonde. Une chute que rien ne semble arrêter. Verra-t-on une dégringolade sans fin? Non, c’est impensable, inimaginable. Pourtant le risque existe. La situation actuelle est déjà dramatique. Le bilan fait froid dans le dos : trois défaites en quatre matches, aucun but inscrit à San Siro. Les Rossoneri ne parviennent pas à voir la lueur au bout du tunnel. Mais la seule solution est de continuer à se battre!

Milan traverse le moment le plus difficile et le plus triste de l’ère Berlusconi. Mauvais résultats, pas de but, un stade pratiquement vide, peu d’espoir et de perspectives. Jamais le Milan de Berlusconi avait connu un moment si délicat. Même lors de la période la plus sombre 1996-1998 avec une 11° et 10° place, la situation était moins difficile car les perspectives étaient meilleures. Aujourd’hui, le club semble totalement à la dérive, abandonné par son commandant. Jusqu’où va sombrer ce Milan?

Pour le moment, tout va de travers : la moindre erreur se paie cash, la malchance s’emmêle, les esprits s’échauffent… la situation échappe totalement à Allegri car malgré ses efforts, que ce soit au niveau de ses choix des joueurs alignés, au niveau tactique ou du coaching, Milan continue à sombrer. Les changements tant réclamés n’ont pas eu les effets escomptés. En quoi Allegri est-il responsable de la défaite à Udine? Pas grand chose et pourtant il reste bien souvent la cible. L’entraineur ne peut pas faire des miracles tout comme un pianiste ne pourra pas jouer de jolies mélodies sur un piano désaccordé. Et même le meilleur jockey du monde ne pourra jamais transformer un âne en cheval de course. Le fait que l’équipe soit médiocre ne peut pas être à cause de l’entraineur. Demandez à Capello, qui, après une grande saison au Real Madrid, a fait son retour à Milan en 1998. Le club avait vécu un été difficile avec notamment les départs douloureux de Baresi, Tassotti, Baggio et Simone ainsi que la construction d’une toute nouvelle (et mauvaise) équipe. Cette saison là aussi avait très mal commencé (2 points en 4 matches) et a été caractérisée par un rendement médiocre du début jusqu’à la 10° place finale. Hasard ou coïncidence? Capello était-il ou en est-il devenu un mauvais entraineur?

Les erreurs individuelles ne sont pas prévisibles et la chance ne sourit pas aux Rossoneri. La catastrophe, pourtant annoncée, est maintenant bien réelle. Beaucoup se font une joie de lyncher Allegri, le bouc émissaire désigné d’office avant même le début de la saison par les vrais responsables de ce désastre. Milan s’est affaibli, a été détruit et c’est Allegri qui devrait payer? Ce Milan a été condamné à vivre ce cauchemar et le responsable ne parle pas, ne s’explique pas et ne se montre pas. Il rejette ses responsabilités sur un entraineur qui tente de guider une équipe à l’abandon. Allegri subit la pression de toute part mais l’équipe s’est montrée solidaire (et les différents joueurs le répètent). Les mauvaises prestations et les défaites s’enchainent et il devient difficile d’espérer une amélioration nette et définitive. Milan est malade, confus et nerveux (à l’image de Boateng).

Ce Milan est destiné à vivre une saison de souffrance à cause des dirigeants complètement hors de la réalité : un président qui réclame du beau jeu avec une équipe sans qualité technique et un administrateur délégué qui présente l’effectif comme ultra compétitif et capable de remporter le Scudetto après avoir vécu un démantèlement aussi rapide que dévastateur. Qu’ils ouvrent les yeux et aient le courage d’avouer leurs erreurs au lieu de faire passer l’entraineur comme coupable (même si lui aussi a sa part de responsabilité). En deux mois, ils ont tout détruit de Milan : son histoire, son présent et son futur. Ils ont vendus et / ou laissés partir 15 joueurs dont les plus importants sans avoir la moindre idée de comment les remplacer ni le moindre projet à long terme à présenter aux tifosi. Vendre Thiago Silva et Ibrahimovic pour 70M pouvait être compréhensible si seulement une toute nouvelle équipe avait été construite selon un projet à long terme : équipe jeune? Projet de stade? Rien, que le silence de la culpabilité ou pire, de l’indifférence. Les dirigeants n’ont fait que détruire sans penser à reconstruire. Les tifosi ne peuvent que souffrir en silence (mais on leur reproche de ne pas aller au stade) en voyant une équipe à l’abandon, construite au hasard, sans réfléchir, en engageant des joueurs (gratuits) inadaptés au projet et / ou à la tactique, des joueurs qui n’ont pas été choisis sur des critères technico-tactiques mais uniquement sur leur prix et / ou leur situation contractuelle. Nos tireurs de coup francs ne sont plus Pirlo, Seedorf ou Rui Costa mais Constant et Acerbi. La question est : rire ou pleurer?

Dans ce contexte hallucinant, il est « normal » que l’entraineur soit le premier à payer car dans le fotball quand les choses vont mal, l’entraineur paie pour tout le monde. Le mercato est clos, l’équipe est ce qu’elle est. La seule décision que les dirigeants peuvent prendre est de changer d’entraineur même si pour l’instant la société préfère garder Allegri pour au moins trois raisons. Tout d’abord, le manque d’alternative : Inzaghi n’est pas crédible, Tassotti ne changerait rien. Ensuite, parce que c’est très délicat de changer d’entraineur alors que Milan doit affronter 4 matches en 11 jours. Enfin, maintenir Allegri permet de garder la cible préférée des tifosi, détourner les responsabilités de la société et cacher la fragilité d’une équipe faible : comment pourront-ils se justifier si un autre entraineur arrive mais ne parvient pas à redresser la barre? Allegri a clairement des torts mais si aujourd’hui Milan vit cette situation dramatique, ce sont les vrais responsables qui doivent se remettre en question et prendre leurs responsabilités. Qu’ils soient honnêtes et qu’ils aillent l’humilité voir la réalité en face et de revoir les objectifs nettement à la baisse.

Et puis en fait non. Aujourd’hui, on ne veut même plus entendre parler d’objectifs. La situation est tellement critique qu’il faut uniquement penser au moment présent : le seul objectif de cette équipe doit être de se retrouver elle-même. Et puis penser aux 40 points pour se sauver (il est désormais possible de parier sur une relégation de Milan avec la même cote qu’un Milan champion…). Puis on verra si on peut mieux faire. Mais d’abord il faut sortir du tunnel. Pour cela il faut rester calme et unis et régler les problèmes de l’équipe : tous les Rossoneri doivent apporter un peu plus. C’est à travers les résultats que la confiance et le jeu reviendront. Il faut avant tout retrouver la solidité, éviter tous types d’erreurs (mais là aussi, si un un joueur est médiocre et commet des erreurs, que peut-on y faire??? Faute à Allegri!) et cibler les problèmes les plus graves comme par exemple les phases arrêtées, à l’origine de 4 des 5 buts encaissés jusqu’à présent.

Il n’y a cependant pas le temps de travailler et se remettre en question car les matches s’enchainent à un rythme effréné. Du 26 septembre au 7 octobre, 11 jours, Milan disputera 4 rencontres face à Cagliari, Parma, Zenit et Inter. Les Rossoneri n’ont pas le choix : il doivent relever la tête, faire face et aller chercher une victoire pour se débloquer psychologiquement et relancer une saison qui a très mal commencé mais qui peut encore être relativement sauvée (viser la 5° place). L’effectif est médiocre mais pas au point de perdre contre des adversaires qui ont comme objectif d’éviter la relégation. C’est à Allegri de trouver des solutions et prendre des risques comme par exemple : accorder une confiance totale au jeune De Sciglio; miser sur un milieu de terrain qui allie puissance, technique et percussion avec De Jong, Montolivo et Boateng; oser le trio d’attaque El Shaarawy – Pazzini – Bojan. S’il faut couler, on coulera mais non sans s’être battus et avoir tout essayé pour se sauver, en cherchant (désespérément?) une bouée de sauvetage contrairement à Berlusconi et Galliani, toujours plus comparables à l’orchestre du Titanic qui a continué à jouer de la musique pour rassurer les passagers alors que le bateau coulait au fin fond des abysses.

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