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Les sachants

Publié le 26 septembre 2012 par Malesherbes

La semaine dernière, la couverture de l’Express nous assénait une Crise majuscule, surmontant la révélation : «   M. le Président, voici ce qu’il faut faire  ». Et, en dessous, à droite, figurait la liste des experts livrant leurs secrets dans ce numéro de l’hebdomadaire : par Daniel Cohen, Jacques Attali, Alain Minc, Denis Kessler, Philippe Aghion et … Bernard Tapie.

Une telle suffisance m’a laissé sans voix. Depuis des années que notre pays connaît des difficultés, il recélait en son sein des génies détenteurs de la vérité, capables, en quelques recommandations d’évidence, d’enseigner à nos politiques la voie du salut. Étions-nous sots de ne pas avoir songé plus tôt à confier ces grands sachants le gouvernement de la France au lieu de l’avoir stupidement laissé à de lamentables politiciens.

En dépit du lavage de cerveau auquel nous soumettent continuellement certains de nos médias, j’ai conservé quelque bon sens, ce qui m’a évité de faire l’acquisition de cet hebdomadaire dirigé par l’homme à l’écharpe rouge. Ceci m’interdit de critiquer les recettes de ces experts mais je suppose qu’elles ont peu de chances d’être identiques. Il est donc fort improbable que l’une d’entre elles contienne la formule magique, « ce qu’il faut faire ».

Une des caractéristiques de l’humain et du social est que l’on ne peut les soumettre à des essais répétitifs, unique moyen de valider une théorie. On est capable de déterminer les propriétés d’un matériau parce que l’on peut le soumettre à des essais destructifs. Ce n’est évidemment pas possible dans le cas de l’homme, à l’exception peut-être des expériences menées par le héros de la série Dr House, qui n’hésite pas à faire frôler la mort à ses patients pour mieux les soigner.

J’ai quelques doutes sur la compétence des oracles interrogés par l’Express. Je me souviens qu’à l’automne 2011, Alain Minc, le conseilleur qui n’est jamais le payeur, prophétisait que l’euro ne passerait pas l’année. De son côté, Jacques Attali préconisait à Nicolas Sarkozy des mesures qui n’ont pas été mises en application, ce qui ne l’empêche pas de prodiguer maintenant ses conseils éclairés à François Hollande. Quant à Bernard Tapie, il me semble surtout habile à soutirer de l’argent à l’État et à échapper à l’impôt.

Comment des journalistes peuvent-ils se livrer à de telles impostures ? Je terminerai par une devinette : « Pourquoi a-t-on créé les météorologistes ? » Réponse : « Pour que les économistes aient l’air moins bêtes »,


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