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Ave Marché, morituri te salutant !

Publié le 27 septembre 2012 par Alteroueb

Je suis un peu assoupi volontaire en ce moment, mais je ne dors que d’un œil, d’une narine, d’une oreille… Alors forcement, quand on annonce un nombre record de chômeurs, je ne peux que me réveiller. Et la deuxième lame vient de passer avec le confirmation de ce qu’on présentait depuis longtemps : Mittal ferme les derniers hauts-fourneaux de Florange.

Les hauts fourneaux, vu du cimetière voisin
Ce site est assez emblématique du système mondialisé actuel : voilà un outil rentable qui fait les frais d’une recherche exacerbée du profil quel qu’en soit le coût humain. Depuis 2008, les salariés d’Arcélor-Mittal en ont entendu des promesses et vu défiler des personnalités, avec cet arrière goût de déjà vu : une fin inéluctable. «Ave Cesar, morituri te salutant !».

Arcelor-Mittal maîtrise la totalité de la chaîne depuis l’extraction jusqu’à la transformation du minerai. En réduisant sa capacité de production d’acier face à une demande mondiale en constante augmentation, le magnat indien fait monter les prix et les bénéfices… Un peu comme le cas Sanofi, largement subventionné en France par la Sécurité Sociale, 3ème plus forte rentabilité du CAC40, plusieurs milliards d’euros de dividendes dont la moitié n’est pas réinvestie puisque distribuée aux parasites actionnaires, qui n’hésite pas à annoncer malgré tout la suppression de 2500 emplois.

Je n’ai pas l’impression qu’en France, on se rende bien compte de l’ampleur et de la portée du crime : 3 millions de chômeurs officiels, et certainement beaucoup plus, des annonces et des plans sociaux qui se suivent, des nouvelles peu sujettes à optimisme, pendant que les bailleurs de fonds continuent et amplifient leur razzia. C’est pas la crise pour tout le monde.

On marche tout droit dans les pas de la Grèce et de l’Espagne, ces merveilleux pays pris comme laboratoire d’expérimentation et de mesure de la capacité de résistance des populations face aux remèdes libéraux. Il n’y même plus besoin d’en débattre tant la situation est limpide. Contrairement à Pierre Chappaz, qui croit dur comme fer que le «libéralisme est LA réponse à la crise», chaque jour nouveau montre à l’évidence que le libéralisme est la CAUSE de la crise.

Reste à savoir combien de morts il faudra avant qu’on se réveille.

Crédit photo : Vincent Kessler (Reuters)


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