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ArcelorMittal, symbole de la soumission au capitalisme financier ?

Publié le 02 octobre 2012 par Despasperdus

Le couperet est tombé lundi :

« La direction d'ArcelorMittal vient d'annoncer la fermeture définitive des hauts fourneaux ce lundi matin lors d'un comité central d'entreprise. Quelque 600 salariés risquent de se retrouver au chômage. »

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Mittal est un capitaliste, essentiellement un financier, n'en déplaise au ministre de l'économie, Thierry Breton, qui affirmait en 2006 :

« Monsieur Mittal ne connaît pas la grammaire des affaires »

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A la différence des familles et des proches des salariés de Florange et de Gandrange, Monsieur Breton se porte très bien, il est redevenu PDG et il a toujours son rond de serviette au Siècle. Mais revenons à notre sujet.

Mittal a acquis à vil prix Arcelor avec la bénédiction du gouvernement, récupéré le savoir-faire des travailleurs, et pour des raisons purement spéculatives. Aujourd'hui, il ferme les hauts fourneaux de Florange, puis fermera l'ensemble du site assurent les syndicats. A l'instar de Gandrange acquis pour un euro symbolique.

La veille de l'annonce officielle, Montebourg préparait le terrain en affirmant que la nationalisation était exclue au motif que l'État n'a jamais été un bon actionnaire ! Certes, l'exemple du Crédit lyonnais lui donne plutôt raison (Qu'en pense ce bon Monsieur Trichet ?) mais en matière industrielle, les entreprises nationalisées ont été sauvées et sont devenues très compétitives, voire même des leaders dans leur secteur, avant d'être privatisées.

Ce mensonge grossier enterre la promesse du candidat Hollande de plan de reprise de sites industriels, sauf volte-face du pouvoir.

Cette décision étonnera probablement celles et ceux qui gardaient l'image de Montebourg, héraut de la démondialisation et pourfendeur du néo-libéralisme aux primaires du PS et qui espéraient que le ministre du redressement productif trouverait quelques marges de manœuvre pour stopper la désindustrialisation.

Les faits sont têtus relevait Vladimir Illitch.

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Et les réactions montebourgeoises à base de déclarations patriotiques au plan social (quel oxymore !) de PSA, et aux menaces de délocalisations des centre d'appel des opérateurs du secteur de la téléphonie auguraient une retraite politique en basse campagne.

L'annonce d'ArcelorMittal confirme l'impuissance de Montebourg et du gouvernement Ayrault, ainsi que le conformisme, pour ne pas dire le conservatisme du président Hollande.

Ainsi, dans le même article du Parisien, figure cette phrase significative :

« La direction d'ArcelorMittal qui a annoncé lundi en fin de matinée lors d'un comité central d'entreprise (CCE) la fermeture définitive des hauts fourneaux de Florange, à l'arrêt depuis 14 mois, a donné 60 jours au gouvernement pour trouver un repreneur pour la filière liquide, y compris la cokerie (...). »

Vous voyez, c'est le capitaliste qui donne ses ordres au gouvernement en lui laissant 60 jours ! Et que ça saute ! la bonté et la patience de M. Mittal a quelques limites !

Et pourquoi se gênerait-il ?

Le pouvoir politique n'impulse rien d'autre que la résignation et la soumission devant le fait accompli de la toute puissance d'un prédateur du capitalisme financier. Le gouvernement Ayrault, comme son prédécesseur, est celui de l'impuissance qui laisse mourir à petits feux un des fleurons stratégiques de l'industrie...

Le PS et EELV vont-ils laisser le pays perdre sa production d'acier et son savoir-faire ?

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Comme nous l'avons lu ailleurs, le gouvernement Ayrault dispose d'une base constitutionnelle qui pourrait lui permettre de légiférer et de réglementer dans le sens de l'article 9 du préambule de la constitution de 1946 :

«Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.»

Qu'attendent les socialistes et les environnementalistes ? Ils disposent de TOUS les leviers !

Que les libéraux de tous poils ne crient pas au communisme de guerre :

« Dans La Sarre, les politiques, les syndicats et les travailleurs ont voulu créer un modèle »

Ils ont sauvé la Montan Stiftung Saar, une entreprise sidérurgique qui emploie plus de 5500 salariés, ce qui prouve que des solutions alternatives à la résignation ambiante et au laisser faire néo-libéral sont viables :

« Présidée par un directoire de 7 sages, la Montan veille aux destinées du secteur en le préservant d’éventuels OPA hostiles. " Mittal possédait 50 % du capital de Dillinger Hütte ", raconte Roman Selgrath, " mais sa participation est descendue à 30,08% en 2008, (...). Impossible pour un actionnaire de faire cavalier seul. Résultat : chaque année Dillinger Hütte investit 3% de son chiffre d’affaire dans ses installations. " Notre créneau sur le marché c’est de produire des aciers de haute qualité .»

Alors amis socialistes et environnementalistes, vous croyez toujours que l'Etat ne peut rien faire ni intervenir dans l'économie ?


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